Transfèrement des détenus Libyens au Sénégal : Une mesure politique à la limite de l’absurdité !

Au moment où le Sénégal fêtait le 56 ème anniversaire de son « indépendance », sous le thème évocateur de : « Forces de défense et de sécurité face aux défis sécuritaires », il est incongru de recevoir aux mêmes instants deux ex-détenus du camp, tristement célèbre de Guantanamo, fût-il pour des raisons-pompeusement- qualifiées d’humanitaires !
Accorder un asile « humanitaire » à des présumés anciens combattants d’Afghanistan, sur la simple demande du Président américain Barak Obama, qui s’est permis de détenir, pendant 14 ans- sans jugement- des citoyens d’un autre pays, ne me paraît ni sage, ni juste. L’Etat du Sénégal qui vient de juger-tant bien que mal- un ancien exilé politique Hissène Habré, qui garde encore dans ses murs, un autre détenu politique, ancien Président d’une république voisine, le Général Amadou Toumani Touré et qui a embastillé, voilà bientôt un an, des imams sénégalais dont leurs familles et les hommes épris de justice, attendent encore leur jugement, à défaut de les libérer, n’aurait pas dû se permettre d’accueillir sur son sol d’anciens détenus de Guantanamo, lâchés, comme une patate chaude, par le régime finissant de Barak Obama !
Le Sénégal est, certes, un pays de la Téranga(hospitalité en langue Wolof), mais de là à abriter d’anciens combattants de la guerre d’Afghanistan et de présumés spécialistes de la fabrication de « bombes et d’explosifs », il y a vraiment un pas qu’il ne fallait jamais franchir.
Après avoir mené tambour battant une politique ultra sécuritaire, qui aurait failli aboutir à l’interdiction du port de la burqa, le gouvernement du Sénégal ne devrait pas se donner le droit de prendre une décision aussi capitale, sans s’en référer à la souveraineté populaire, ne serait-ce que par une communication anticipée. Il est vrai que nous sortons d’un référendum controversé où le « Oui » l’a emporté sur le « Non », mais l’octroi d’un asile humanitaire à Salem Abdul Salem Ghereby et à Omar Khalifa Mohammed Abu Bakr, tous deux de nationalité libyenne et anciens pensionnaires de la triste prison américaine de Guantanamo, suscite de nombreuses interrogations de la part de mes concitoyens : Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle aventure ? Pourquoi a-t-on mis le peule sénégalais devant le fait accompli ? Pourquoi ces anciens détenus de Guantanamo, qui sont des Libyens, n’ont-ils pas été transférés vers un pays arabe ou vers les Etats-Unis qui les avaient emprisonnés ?
Bref, autant de questionnements et d’interrogations qui restent réponses, en dépit des tentatives laborieuses d’explication voire de justification, improvisées par le Ministre de la Justice, M. Sidiki Kaba et son homologue de l’Intérieur, M. Abdoulaye Daouda Diallo. Si les Américains lâchent ces anciens détenus dans la nature, après 14 ans d’emprisonnement, détention qui ne s’appuierait pas sur des preuves tangibles, pourquoi diable, nous les refile-t-on, sous le prétexte fallacieux « d’asile humanitaire » ?
Nous savons bien que c’est après avoir réduit l’Afghanistan en un Nomand’s Land et la Libye en un désert ingouvernable, que les tenants de la théorie « d’ingérence humanitaire » et « d’asile humanitaire » ont transféré -volontairement ou non- des terroristes au Nord Mali et dans le désert d’Agadès, au Niger.
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, jadis éloignés des foyers de tension terroriste, viennent d’être frappés de plein fouet, par des attaques inhumaines et atroces que rien ne justifie ! Leurs auteurs : des terroristes venant des ruines de la Libye du défunt colonel Mouammar El Ghadafi ou d’anciens combattants d’Afghanistan !
A la lumière de ces actes criminels et programmés, leur voisin immédiat, le Sénégal, qui vient de célébrer son indépendance, avec faste, sous le sceau « … des défis sécuritaires », se doit de rester vigilant, tout en menant une politique sécuritaire, faite de la prévention, de l’anticipation et de la prospective. La realpolitik nous impose une neutralité positive à l’égard des politiques bellicistes, souvent initiées par les grandes puissances étrangères.
La logique d’un Barak Obama, visiblement en fin de mandat, n’est point celle d’in Macky Sall, qui n’en est qu’à la moitié de son premier mandat… Il en est ainsi de la logique d’un François Hollande, qui risquerait de ne pas être le candidat des Socialistes, lors de la prochaine élection présidentielle en France.
Ceci dit, je souhaite, malgré tout, un bon séjour à nos désormais hôtes, Salem et Omar et leur dis sénégalaisement : « Dàl leen ak jamm » !

Mamadou Bamba Ndiaye
Ancien Ministre des Affaires Religieuses




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