Terrorisme : quand Daesh lorgne l’Afrique

S’ils parviennent à se rapprocher et à intensifier leur coopération, les deux groupes affiliés à l’organisation Etat islamique (EI) en Afrique, l’un en Libye et l’autre au Nigeria, pourraient représenter un danger majeur pour le continent, estiment des experts américains.

Pour l’instant les rebelles islamistes syriens ayant prêté allégeance à l’EI et le groupe nigérian Boko Haram, qui s’est rebaptisé en mars « l’Etat islamique dans la province d’Afrique de l’Ouest », n’échangent que des louanges sur internet, et certainement quelques combattants et des armes. Mais s’ils passaient à la vitesse supérieure, leur capacité de nuisance dans toute la région serait considérable, selon plusieurs experts.

Opération marketing ou transition vers un jihad global ?

« Ils pourraient par exemple décider qu’au lieu de se focaliser chacun sur leurs objectifs locaux, ils allaient commencer à viser des intérêts occidentaux dans la région », explique à l’AFP Michael Shurkin, ancien analyste à la CIA, spécialiste de l’Afrique au centre de réflexion Rand Corporation. « Boko Haram pourrait tenter de s’en prendre aux soldats français de l’opération Barkhane, ou aux Américains présents au Cameroun ». « Je ne pense pas que nous y soyons encore, mais on peut aisément imaginer de terribles scénarios », ajoute-t-il. « La transformation de Boko Haram en Etat islamique en Afrique de l’Ouest ressemble pour l’instant à une opération de marketing, un changement de nom commercial, mais ça pourrait aussi marquer la transition vers des objectifs de jihad global ».

Certaines nouvelles recrues, comme deux jeunes Français arrêtés à la mi-novembre en Tunisie alors qu’ils tentaient de rejoindre les zones tenues par l’EI en Libye, se sont déjà mises en route Le fait d’adopter le sigle, la rhétorique et les symboles du mouvement jihadiste le plus craint au monde, capable à la fois de tenir un territoire aux confins de l’Irak et de la Syrie, d’entretenir une armée, de faire exploser un avion russe en plein vol et d’inspirer des attaques contre des civils à Paris, à Londres ou en Californie, présente de gros avantages pour des mouvements isolés géographiquement.

Cela permet notamment d’attirer des combattants étrangers, séduits par la réputation de l’EI, estime Peter Pham, spécialiste de l’Afrique au groupe de réflexion Atlantic Council. Si leur nombre semblent pour l’instant restreints, certains, comme deux jeunes Français arrêtés à la mi-novembre en Tunisie alors qu’ils tentaient de rejoindre les zones tenues par l’EI en Libye, se sont déjà mis en route.

« Dans son numéro d’avril la revue [de propagande] Dabiq [publiée en anglais sur internet par l’EI] conseille aux volontaires d’aller grossir les rangs de Boko Haram s’il devient trop difficile de rejoindre le califat », dit Peter Pham. « L’allégeance à l’EI a également permis au groupe nigérian de recevoir des conseils en matière de tactique militaire : ses attaques sont plus sophistiquées, mieux organisées ». Les dernières vidéos de Boko Haram, de qualité professionnelle, portent également la marque de l’EI, qui compte dans ses rangs de nombreux spécialistes de la communication sur internet, capables de mettre en ligne des films de propagande dignes d’Hollywood.

En Libye, les groupes rebelles qui ont prêté allégeance à l’EI ont connu une croissance rapide, multipliant leur nombre par dix (de 200 à 2 000) au cours de l’année écoulée, souligne M. Pham. Leur montée en puissance, favorisée par le chaos politique et sécuritaire qui règne dans le pays, inquiète au plus haut point les autorités européennes, qui ont commencé à faire voler des avions de reconnaissance au-dessus de leurs bases.

Boko Haram pourrait fort bien monter des attaques d’un genre nouveau en Afrique de l’Ouest grâce à l’entraînement et à la coordination de l’EI en Libye
Pour Jacob Zenn, spécialiste des groupes jihadistes africains au sein de la Jamestown Foundation, « la relation entre Boko Haram et les militants de l’EI en Libye pourrait bientôt dépasser la sphère des médias pour parvenir à l’entraînement de membres de Boko Haram en Libye. » Et d’ajouter : Si la Libye devient pour l’Afrique subsaharienne ce que Raqqa (Syrie) est pour d’autres parties du monde, alors Boko Haram pourrait fort bien monter des attaques d’un genre nouveau au Nigeria ou en Afrique de l’Ouest grâce à l’entraînement et à la coordination de l’EI en Libye.

Comme d’autres experts, il estime également qu’un contrôle plus étroit par la Turquie de sa frontière avec la Syrie ou des reculs militaires de l’EI en Syrie et en Irak pourraient encourager les apprentis-jihadistes internationaux, qui se comptent par milliers, à tourner leurs regards vers l’Afrique. JEUNE AFRIQUE




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