TCHAD : Idriss Déby, bientôt le clape de la fin

Depuis bientôt 4 ans, Idriss DEBY souffre d’un cancer de la prostate, diagnostiqué pendant le traitement d’une hépatite C, elle-même, conséquence d’une cirrhose du foie qu’il a commencé à traiter sous le régime Habré. Ces deux derniers mois, ses ennuis de santé sont allés crescendo et désormais, les commentaires vont bon train et les péripéties de cette fin de règne font déjà débat dans les salons, sous les nîmiers au Tchad et à l’Etranger. L’année 2016 verra très certainement la fin de ce régime installé depuis 25 ans à la tête du pays.

Il faut dire qu’Idriss DEBY a eu, très vite, très peur du regard des gens et des conséquences d’une défaillance physique, synonyme de risques importants pour la survie de son régime. Aussi, la transformation d’Amdjaress, petit hameau d’une cinquantaine de personnes, en Palais présidentiel a été présentée comme un caprice du roi, imitation du village Gbadolité de Mobutu. Les revenus pétroliers permettaient toutes les folies.

Or, des petits séjours à Amdjaress pour des réunions discrètes afin de régler les questions de sécurité militaire, de partages des postes juteux aux différents membres du clan, on est arrivé, depuis bientôt deux ans, à un déménagement d’Idriss DEBY à Amdjaress où il vit désormais à plein temps avec deux nouvelles épouses.
Le Tchad était devenu donc le seul pays au monde où le Président de la République s’est isolé à 900 km de la Capitale, loin de son gouvernement, loin des Institutions, loin aussi de son épouse Hinda Deby qui ne s’est pas installée à Amdjaress, loin surtout, plus grave, du travail quotidien d’un Chef d’Etat devant assumer pleinement son rôle dans la conduite des affaires nationales. Loin aussi des réunions, des rencontres et discussions avec ses principaux collaborateurs.

La retraite et la planque d’Idriss DEBY à Amdjaress dévoilaient les premiers signes, conséquences d’un traitement médical qui commençait à produire des pertes de connaissance, des vomissements prolongés et une fatigue importante qui nécessitait des repos fréquents. Depuis deux années, Idriss DEBY n’avait plus les capacités de diriger un État avec toutes les charges et obligations importantes auxquelles il devait faire face quotidiennement.
Aussi, pour donner l’illusion d’un Chef aux commandes, des moyens importants sont déployés pour donner le change. Ainsi, plus d’une dizaine de rotations aériennes par semaine sont organisées pour transporter les dossiers et actes devant être revêtus de sa signature, mais aussi les personnes qui souhaitaient le voir ou qu’il voulait voir. Les envoyés spéciaux étrangers sont, eux aussi, transportés à 900 km pour le rencontrer. Les magistrats des CAE dont il est le bailleur principal, ont, eux aussi, fait le déplacement pour rencontrer Idriss DEBY à Amdjaress.

Toutes ces dépenses sont bien entendues supportées par l’Etat soumis à un gaspillage sans fin.. Dans ce schéma d’un Président caché dans la brousse, Idriss DEBY se contente de faire des apparitions à des moments médiatiques comme des conférences internationales pour rassurer ses partisans de sa bonne forme et leur remonter le moral face aux attaques de la diaspora tchadienne trés dynamique sur le net et les réseaux sociaux.
Mais cela est-il suffisant quand on sait que, sous le régime du Président Habré, il y avait un Conseil de ministres hebdomadaire comme dans tous les États qui fonctionnent normalement.
Le Conseil de ministres sous DEBY se tient lui ..."brusquement", selon l’humour grinçant des Tchadiens. La réalité est incroyable, il pouvait se passer plusieurs mois sans la tenue d’un Conseil de ministres. Idriss DEBY ne pouvait et ne peut plus faire face à un exercice réel du pouvoir, n’ayant plus les capacités physiques et intellectuelles pour le faire.
La décision de confier tous les postes générant des ressources financières importantes et les commandements militaires à des membres de sa famille directe, fils, filles, neveux, nièces, beaux frères, belles sœurs était la solution pour assurer la continuité de son pouvoir.
Assurer la sécurité et avoir la haute main sur les ressources financières étaient pour lui suffisantes, le reste n’avait pas d’importance.
On comprend alors, que le Tchad ne pouvait qu’aller mal, demeurer à la traîne et les populations de plus en plus paupérisées. Le régime d’Idriss DEBY plus prédateur que jamais, après avoir ruiné les chances de développement du pays avec l’exploitation pétrolière, allait plonger le pays dans une faillite totale, avec un pillage organisé par les élites au pouvoir ; mais aussi par des groupes de personnes de tous bords coalisées pour opérer des détournements de fonds publics à une échelle incroyable et touchant tous les secteurs.
Cette attitude nous explique-t-on, serait une réponse au pillage orchestré par la famille, le clan ITNO et affiliés. C’est ainsi que des fortunes colossales ont émergé au sein de ces deux groupes : d’une part, les ITNO et affilés et d’autre part, d’autres groupes constitués par des personnes dans l’administration, dans les milieux de la bourgeoisie compradore, dans l’armée, dans les milieux politiques du parti au pouvoir. Toutes ces personnes se sont organisées pour, elles aussi, imiter les ITNO et Hinda DEBY qui a positionné ses frères, sœurs, beaux frères et belles sœurs dans les postes clés du Trésor public, des sociétés pétrolières pour détourner, confisquer et exporter vers Dubai les fonds pétroliers. Si Hinda et sa famille ont acquis des biens importants à Dubai et y ont placé l’argent volé, les autres ont choisi la Malaisie, l’Egypte, la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Angola et Dakar où Daoussa DEBY aurait investi beaucoup d’argent en utilisant l’architecte Goudiaby Atepa comme prête-nom, ainsi le laissent entendre ses proches.

Des lors, le malade qu’est d’Idriss DEBY à la tête du Tchad, son incapacité à gérer le pays, loin d’être des sources d’inquiétude, a été au contraire une formidable aubaine pour tous ces groupes qui se sont organisés pour profiter d’une situation de carence totale dans la gestion quotidienne des affaires de l’Etat avec un Président moribond, et installé définitivement à 900 km de la Capitale. La machine administrative est désormais entre les mains et sous le contrôle de groupes de personnes qui se sont positionnées pour monter des dossiers fictifs, et grâce à une chaîne de complicités où chacun avait sa part de gâteau, de piller les ressources financières, un pillage qui s’amplifiait et continuait allègrement ...C’est ainsi que des milliardaires ont surgi de partout, dans presque tous les milieux.

Dans cette situation où le Tchad était en mode pillage, comment s’étonner que le pays présentât une situation économique avec des résultats catastrophiques, dernier en tout. Si cette situation faisait réagir la diaspora tchadienne dénonçant la faillite d’un régime, elle était bien la seule. Les revenus pétroliers permettaient au régime de s’acheter une image carte postale et de continuer à se déclarer pays émergent et vitrine de l’Afrique centrale.
A N’Djamena, faute de pouvoir contredire avec arguments à l’appui les résultats des institutions spécialisées, le Ministère de la communication avait trouvé une meilleure solution : en prenant désormais l’initiative de parler de ces contreperformances du régime et en remettant en cause l’analyse et l’objectivité des différents indicateurs utilisés par les organisations internationales. Le tour est joué, le Ministre de la communication avait aussi compris que, le Chef isolé dans son refuge à 900 km de la Capitale sera content de voir à la télévision un commentateur s’attaquer au classement défavorable et honteux du pays. Au pays de Toumaï, cette gesticulation était suffisante pour gérer le Chef. On se console comme on peut.

Ces dernières années, la chute du prix du baril de pétrole a provoqué une onde de choc sur la situation économique du pays. Les ressources financières ne sont plus les mêmes, l’argent ne coulant plus à flots, l’Etat tchadien a d’énormes difficultés à faire face à ses obligations financières comme, par exemple, payer ses fonctionnaires, sa dette intérieure et extérieure, assurer même les besoins d’équipements des hôpitaux et autres services essentiels de l’Etat. Les folies des interventions militaires au Mali financées entièrement par le Tchad à hauteur de plus de 94 milliards de francs CF, même si une partie a été détournée au profit de DEBY et de son clan, il n’empêche que le Trésor public tchadien a été privé de cette somme.

Puis ce fut, l’intervention de l’armée tchadienne en RCA, elle aussi, prise en charge par le Tchad. Sans compter la décision invraisemblable de faire supporter par le Trésor public tchadien, le paiement des fonctionnaires de la RCA sur demande de la France !! Voilà ce qu’est aussi la Françafrique ! Idriss DEBY, diminué physiquement est encore utile, il exécutera toutes les demandes françaises d’intervention au Cameroun, au Nigeria dans la lutte contre Boko Haram et ce, bien sur, aux frais toujours du Tchad.
Le malade Idriss DEBY est aussi désormais un homme politique fragile et, est plus que jamais entre les mains d’un système qui pouvait le déstabiliser et provoquer sa chute, rien qu’en médiatisant sa maladie et sa fin prochaine. C’est ainsi qu’il faut comprendre le deal autour du silence médiatique sur sa maladie. D’un côté, nous avons la presse panafricaine qui monnaye à prix d’or son silence ou la diversion qu’elle propose sur son état de santé et d’autre part, le système de la françafrique qui l’utilisera jusqu’à sa mort pour ses objectifs dans la sous région qui sont à l’heure actuelle, la sécurisation du Sahara pour éviter la jonction entre AQMI en Libye et Boko Haram au Nigeria, jonction possible en passant par la zone du lac Tchad.

La sécurisation du Sahara permettrait de sécuriser d’une part, les mines d’uranium du Niger (2 ampoules sur 3 en France sont éclairées par l’énergie nucléaire fournie par l’ uranium du Niger ), et d’autre part, le Mali verrait les menaces sur sa souveraineté s’atténuer et les plateformes d’exploitation du gaz algérien indispensables aux ménages français seraient aussi protégées. Le Tchad par sa position géographique est devenu de fait la clé de voûte de ce plan de sécurisation du Sahara. C’est pourquoi, tous les soins sont prodigués en France à Idriss DEBY pour qu’il reste le plus longtemps en vie, non pas parce qu’il est, dans l’absolu, indispensable pour l’exécution de ce plan. Loin de là, c’est parce que tout simplement, son pouvoir est tellement usé et fragile, que parler de sa maladie, précipiterait sa chute, dans un pays à bout de souffle ou le chaos et les règlements de comptes de toutes parts sont craints. Ce chaos pourrait entrainer la déstabilisation du Tchad déjà placé sous un arc de feu sur presque toutes ses frontières Libye, RCA, Cameroun, Nigeria, Niger et Soudan.
Toutes les chancelleries occidentales sont bien conscientes de tout le mal qu’Idriss DEBY et son clan ont causé aux populations tchadiennes. Le baromètre social a atteint des pics importants, à chaque soubresaut subit par le régime, la population tchadienne a exprimé clairement à Idriss DEBY ses sentiments. Ce dernier, dans une situation de désarroi en 2008, est allé à la télévision pour dire au peuple tchadien, son fameux : " Je sais que vous ne m’aimez pas !" Édifiant !

Ces derniers mois, le cancer d’Idriss DEBY a avancé, son corps s’affaiblit, ses absences se multiplient, ses apparitions sont rares. Récemment lors de la COP 21 en novembre 2015, arrivé 15 jours avant le Sommet, il a été opéré à l’hôpital Américain de Paris.Rentré au pays, il est à nouveau revenu une semaine à peine à cause d’une infection. Côté médiatique, ce fut le black out total, les milieux françafricains serrent les coudes pour éviter les fuites. Tous ces efforts pour organiser une totale omerta, attestent de la gravité du cas.
Ce qu’il faut signaler, c’est que tous ces va et vient se font à partir d’Amdjaress où grâce à l’aéroport international, des médecins français sont convoyés et font des séjours sur place pour le soigner ; lui même, quitte discrètement pour Paris sans que dans la Capitale. les gens soient au courant et parfois c’est la diaspora tchadienne à Paris qui dévoile sa présence en France.

Ces derniers dix jours, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, Idriss DEBY n’a pas pu assister à la fête de l’armée. Et, fait nouveau, ces dernières semaines, régulièrement, des Officiers militaires n’appartenant pas au clan sont invités à séjourner à Amdjaress sans raison réelle. On aura compris que des craintes apparaissent sur des risques de complots, voire de Coup d’Etat, compte tenu de l’aggravation de son état de santé. Une façon pour le régime de se protéger par le regroupement à Amdjaress d’officiers militaires capables de menacer le régime.

Face à la détérioration de la santé de DEBY, les membres du clan se concertent et placent à l’étranger leur fortune si ce ne sont pas, eux mêmes, qui sont déjà partis. Actuellement, se trouvent au Caire, un nombre important de zaghawas proches du pouvoir et appartenant à la famille Itno. Ainsi, Adam Idriss Deby a quitté le Tchad avec femme et enfants, divorçant de deux de ses épouses abandonnées avec leurs enfants au Tchad. Désormais, le fils de DEBY déclare à qui veut l’entendre au Caire qu’il ne veut plus être considéré comme un Zaghawa et "surtout ne plus appartenir à la famille des ITNO, qui a tant fait souffrir les Tchadiens".
Autre cas, celui de Saley DEBY,frère d’Idriss DEBY, destitué récemment, ex directeur des douanes qui refusait de donner les recettes douanières planquées chez lui. Chaque jour, une partie de cet argent était envoyé à la Présidence pour être expédié à Amdjaress pour DEBY. Avec les difficultés financières dues au pillage et à la baisse du prix du baril, les retards des salaires étaient de plus en plus fréquents et la grogne sociale toujours plus forte.
Sollicité par Idriss Deby pour verser désormais les recettes douanières dans les caisses du Trésor public afin de permettre le paiement des militaires, Saley DEBY refuse tout net. Idriss DEBY envoie la garde présidentielle pour arrêter son frère, le mettre en prison et prendre la somme de 188 millions d’euros trouvée chez lui. Excusez du peu !
A Ndjaména, personne n’est dupe. Le tort de Saley DEBY n’était pas d’avoir planqué les recettes douanières chez lui car c’est le système mis en place par Deby lui même, mais plutôt d’avoir dit merde à Idriss DEBY. Très vite, DEBY a compris que sa retraite à Amdjaress a permis à d’autres membres du clan comme Saley de fortifier, grâce à leur immense fortune, leur position au sein du clan, et d’avoir des appuis militaires importants lesquels n’ont pas caché leur volonté d’en découdre avec Deby. Quoi d’étonnant que Saley fut libéré très rapidement et est parti, lui aussi, au Caire où il possède des biens immobiliers importants.
Daoussa DEBY, autre frère d’Idriss est ministre des technologies de communication et est l’une des premières fortunes de l’ère DEBY, affiche lui aussi ses ambitions pour remplacer son frère qui lui préfère son propre fils Zakaria, promu récemment Secrétaire particulier de son père de Président. Le souci est que Zakaria a un point faible : il ne connait rien à la chose militaire, mais prétend qu’il faut tout simplement lui assurer un bon staff militaire à ses côtés pour gouverner.

Tout le monde cogite à 100 à l’heure sur l’après DEBY et des plans de positionnement sont élaborés par des groupes de différents horizons tant à l’intérieur qu’à l’Etranger ... A suivre..
La Rédaction de ZOOMTCHAD



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