Présidentielle gabonaise : Les dessous d’une guerre entre deux clans familiaux

Des documents découverts par la police et le témoignage sur procès-verbal d’un avocat parisien prouvent que des proches des deux principaux
candidats à la présidentielle – le chef de l’État Ali Bongo et l’outsider Jean Ping – ont perçu ces dernières
années des millions de dollars de commissions occultes, versées en Chine, sur plusieurs marchés
étatiques gabonais. Au cœur de ces affaires, figure un homme , Me François Meyer qui est aussi l’avocat du Sénégal. Quel rôle l’avocat Français a-t-il joué dans ces dossiers carabinés ? Direct Info qui a parcouru un document du site Mediapart, tente de percer les dessous de la guerre de succession entre Aly Bongo et Jean Ping qui laisse transparaître en filigrane une affaire de millions de dollars perçus en commissions sur des marchés octroyés à l’entreprise chinoise Synohydro.

C’est un tout petit monde qui se déchire, mais il est couvert du même or. L’élection présidentielle gabonaise, dont l’unique tour s’est le 27 août 2016 qui a consacré la victoire de Ali Bongo qui rempile. La campagne qui a précédé le vote, a offert un spectacle
paradoxal. D’un côté, les deux principaux candidats,
le président en exercice Ali Bongo et l’ancien ministre Jean Ping, s’invectivent publiquement à
grand renfort de formules assassines. De l’autre, invisibles, les dessous d’une guerre entre deux clans
familiaux qui ont longtemps dansé autour d’un magot
commun, l’argent des grands contrats de l’État. Avec, au passage, une victime, toujours la même : les
citoyens du Gabon, petit pays de moins de 2 millions d’habitants, riche en pétrole et, de ce fait, bastion
historique de la Françafrique.
Des documents découverts il y a deux ans par la police anticorruption française, que Mediapart a pu
consulter, ainsi que le témoignage sur procès-verbal d’un avocat historique du clan Bongo sont aujourd’hui
de nature à faire tomber les masques. Ils montrent que des membres des deux familles Ping et Bongo,
qui ne font d’ailleurs qu’une à certains égards, ont perçu ces dernières années d’importantes commissions
occultes sur plusieurs marchés étatiques décrochés par
une multinationale chinoise. Les commissions perçues se chiffrent à plusieurs dizaines de millions de dollars, d’après les informations à la disposition de la police.
Pour comprendre les enjeux cachés de la campagne gabonaise, qui sont parfois moins politiques que
claniques, il faut imaginer la rencontre des Borgia et de House of Cards. Ali Bongo, président du Gabon
depuis 2009, est le fils et successeur d’Omar, autocrate
qui a régné à partir de 1967 durant quatre décennies sur le pays, avec le soutien indéfectible de la France
et de ses meilleures barbouzes. Jean Ping, lui, fut le ministre durant vingt ans d’Omar Bongo, de 1990 à
2008, date à laquelle il est parti prendre les rênes de l’Union africaine. Pascaline Bongo, la fille d’Omar,
dont elle a été la toute-puissante directrice de cabinet, fut aussi pendant longtemps la compagne de Jean Ping,
avec qui elle a eu deux enfants (Nesta et Chritopher) , elle a également pris sous son aile protectrice un
premier fils Ping, Franck. Réputée en froid avec son frère président, Pascaline Bongo n’en demeure pas
moins aujourd’hui sa « haute représentante » à titre
officiel. Au centre des nouvelles découvertes policières
françaises, réalisées par l’Office central de lutte contre la corruption en marge d’une enquête sur le « parrain des parrains » Michel Tomi, se trouve le
géant Sinohydro, l’une des plus grandes entreprises chinoises, spécialisée dans la construction de barrages
(mais pas seulement). En une dizaine d’années, Sinohydro a décroché de nombreux contrats d’ampleur
au Gabon et au Cameroun. Et chaque fois, un Bongo ou un Ping a touché sa part par l’intermédiaire d’une
société offshore hongkongaise.
Confrontés à ces documents, découverts pour la plupart lors d’une perquisition à son cabinet parisien, Me François Meyer, avocat historique du clan Bongo, a offert pendant sa garde à vue, en juillet 2014,
une inestimable leçon de choses aux enquêteurs sur l’affairisme politique gabonais. D’après les informations livrées sur PV par Me Meyer,
Pascaline Bongo, du temps où elle travaillait au service de son père Omar mais aussi après, sous le règne de son frère Ali, a ainsi touché plus de 10 millions de dollars de commissions sur deux marchés d’État
gabonais “remportés” par Sinohydro. Le premier porte sur la construction d’une route dans l’est du pays entre
les villes d’Akieni et Okondja (environ 2,5 millions de dollars de commissions). Le second concerne la construction du barrage dit de Grand Poubara, grand projet de 200 millions de dollars porté par Sinohydro près de Franceville (environ 8 millions de dollars de
commissions).
Les virements transitaient pour chaque opération par
la société Sift Hong Kong Limited et son compte ouvert à la banque HSBC, dont l’ayant droit. SOURCE DIRECT INFO



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