PHENOMENOLOGIE D’UNE HYPO-PRESIDENCE : Macky Sall, un Président dont les échecs sont embellis en réussites

« La punition la plus grave, c’est d’être gouverné par un plus méchant que soi, quand on se refuse à gouverner soi-même : c’est par crainte de cette punition, ce me semble, que les honnêtes gens qu’on voit au pouvoir se chargent du gouvernement. » Platon

Platon justifiait la nécessité de l’engagement politique des élites intellectuelles par le risque qu’ils encouraient, par leur refus de participer aux affaires de l’État, d’être gouvernés par des médiocres. La réticence de Platon vis-à-vis de la démocratie se justifie précisément par le fait que ce type de régime politique est le seul où la médiocrité ne peut être écartée de la gestion du pouvoir. On ne peut pas dire que dans notre pays les soupçons de Platon aient été bien compris : les gens qui se disent vertueux fuient la politique comme de la peste et la scène politique est envahie par une bande d’insulteurs et de pyromanes qui n’ont d’autres atouts à faire valoir que l’insolence, le populisme et l’absence de principe. La peur d’être victime de la furie des médiocres est la principale raison qui dissuade les hommes justes à prendre une part active au jeu politique. Dans notre pays on cherche justement à gouverner parce qu’on ne sait pas faire autre chose. Otez de la classe politique les médiocres, il n’en restera que peu d’hommes intègres et exemplaires.

Le cas de l’Afrique en général et du Sénégal en particulier pourrait être une illustration parfaite de cet avertissement que Platon avait formulé à l’endroit des élites des son époque. Gouverner devrait être un sacerdoce, car ce n’est rien d’autre qu’être au service du peuple pour son salut. Être un serviteur du peuple : telle devrait être la vocation d’un homme politique. On comprend dès lors pourquoi Platon dramatisait cela en disant que dans un pays de vertueux les hommes justes fuiraient et s’exileraient pour ne pas avoir à gouverner. Dans notre pays, c’est juste l’inverse qui se produit : on se bouscule devant les portes du parti au pouvoir, on est prêt à vendre son âme au diable pour accéder au pouvoir. Ce n’est dès lors pas étonnant pour nous d’avoir un Président qui ne supporte guère la contradiction au moment où il accumule des échecs dans toutes ses entreprises. Un Président qui, malgré ses échecs dans ses médiations dans les crises africaines, exige de ses concitoyens une obéissance qui frise la soumission.

Nous avons un Président qui a partout échoué : l’acte 3 de la décentralisation (présenté comme un projet phare en matière de nouvelle vision de gouvernance locale) est l’emblème d’une hypo-présidence sans précédant dans l’histoire du pays. Comment un Président de la république qui dispose de tous les leviers politiques et juridiques et de compétences éminentes sous son autorité peut-il faire preuve d’un amateurisme aussi scandaleux ? L’acte 3 de la décentralisation a été un exemple d’empressement indigne d’un gouvernement dans un pays démocratique. Une réforme aussi importante aurait dû faire l’objet d’une délibération nationale non seulement au sein de la classe politique mais aussi au niveau de citoyens. La prise en charge par les citoyens de la question de la décentralisation par une coopération en amont des vrais acteurs de la décentralisation (syndicats et personnes ressources) aurait permis un partage national et une mise à niveau de tous les protagonistes.

Nous avons un Président qui a partout échoué : Macky a interdit et agréé le port de la « burqa » en l’espace de deux semaines. Un Président qui prend le temps de mûrir ses décisions et de les discuter avec qui de droit ne peut pas tomber dans des incohérences aussi saugrenues. La précipitation peut partout et chez tout le monde être tolérée, mais pas chez Président : car il a suffisamment d’hommes et de ressources pour lui indiquer la bonne direction. Un Président qui se précipite est un danger pour son pays car la sécurité et l’efficience ne sont pas compatibles avec la précipitation.

Nous avons un Président qui a partout échoué : Macky Sall a fait supporter l’année dernière la pire campagne agricole aux paysans ; et cette année encore la campagne de commercialisation de l’arachide est définitivement plombée par un double mensonge. On a d’abord menti sur les récoltes en avançant un chiffre de 1.500.000 tonnes alors que les paysans eux-mêmes affirment que le tiers de ce chiffre n’est pas atteint à cause d’une mauvaise qualité de semence. Ceux qui habitent la campagne savent que seuls les paysans dont la clairvoyance a recommandé d’acheter de semences dans les marchés hebdomadaires (LOUMA) ont eu des récoltes acceptables. On a ensuite fixé un prix populiste que les acheteurs ont du mal à respecter : le résultat est que les producteurs n’ont pas trouvé d’acheteurs.

Nous avons un Président qui a partout échoué : le Sénégal a connu plusieurs réformes institutionnelles avec toujours des débats féconds, mais jamais des réformes n’ont suscité autant de tensions pour cause d’absence de dialogue. Le pire est que les citoyens sont appelés à se prononcer sur des réformes tellement générales et creuses qu’ils ne savent pas exactement ce que veulent dire les articles qui constituent le corps desdites réformes. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que des tautologies juridiques sont proposées à l’approbation d’un référendum. Il est temps que quelqu’un explique à ce régime que marquer son époque et écrire son nom dans les pages glorieuses de l’histoire de son pays ne se font pas par viol. « De nouveaux droits » : c’est la première fois qu’une constitution soit muette en proclamant des droits ! Un fourre-tout juridique : voilà ce que sera la nouvelle constitution avec ces réformes.

Nous avons un Président qui a partout échoué : Macky Sall a initié une réforme de l’enseignement supérieur que les principaux acteurs de l’université (étudiants et professeurs) ont rejetée. Au lieu de résoudre la crise universitaire cette réforme a provoqué des crises en série et des scènes de guérilla urbaine au niveau du campus universitaire. Macky Sall a été le premier Président à être physiquement agressé dans l’espace universitaire à cause de sa manie à tout politiser. L’homme qui avait incriminé son prédécesseur de n’avoir pas fait grand-chose pour les enseignants est incapable de respecter les engagements minimalistes que son gouvernement a pris envers les syndicats d’enseignants.

Nous avons un Président qui a partout échoué : la couverture maladie universelle, le financement des femmes (véritable corruption institutionnalisée) les bourses familiales, la BNDE (futur siège de la haute cour de justice, de la CREI et de l’OFNAC), le PUDC (véritable stratégie de striptease pour appâter les espoirs du peuple et tromper le regard inquisiteur des partenaires au développement), sont soit des bricolages, soit des revers qu’on cherche à occulter par une publicité digne de Goebbels.

Nous avons un Président qui a partout échoué

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès



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