PAUL KANARURA PRESIDENT INSTITUT MANDELA : "Pour lutter contre Boko Haram, il faut renforcer le renseignement"

"La Libye, un vide stratégique et sécuritaire aux conséquences africaines et européennes" et "Boko Haram : De la défaite militaire à la stratégie de la terreur, les changements tactiques avec la multiplication des opérations Kamikazes et l’ouverture de plusieurs petits fronts (Menaces et actions terroristes de Boko Haram dans la sous-région charnière d’Afrique Occidentale et Centrale)", tels sont les deux thèmes que l’Institut Mandela compte organiser. Pour en savoir plus, nous avons interrogé le président de la structure Paul Kanarura.

Parlez-nous de l’objet de votre conférence

L’Institut Mandela, c’est la pensée stratégique au service de l’intelligence collective. Son objectif est de participer à la transformation profonde de l’Afrique en restructurant intellectuellement et institutionnellement les pays africains. La conférence sur la Libye et Boko Haram s’inscrit dans cette philosophie globale et le cadre du programme quinquennal « SPDA » (Sécurité, Paix et Développement en Afrique), où nos réflexions stratégiques s’orientaient sur les questions de Sécurité et de Stabilité, de Jihadisme et de Terrorisme ainsi que le Développement en Afrique avec un objectif de peaufiner l’Indice de Risque Sécuritaire (IRS) mesurant la capacité de résistance des pays face aux défis sécuritaires et du terrorisme.

Pourquoi était elle divisée en deux parties ?

Nous n’avons pas divisé la conférence en deux parties ; nous avons traités deux thèmes successivement, même si la jonction entre l’Etat Islamique en Libye et Boko Haram au Nigeria ne fait plus aucun doute. Nous pouvons ajouter d’ailleurs que la collaboration et la communication entre l’Aqim du Sahel et les Shebab de la Somalie sont légion. Ces deux organisations terroristes sont en communication avec Boko Haram.

Quels types d’experts étaient conviés ?

Avec la modération de Mr Oussouf Diagola, Représentant Africable Network SA en France, Coordinateur des bureaux Africable Télévision, nous avons fait appel aux experts de haut niveau et/ou ayant occupés des hautes fonctions.

Pour traiter la Libye comme un vide stratégique et sécuritaire aux conséquences africaines et européennes, nous avons invité :
- SE Colonel Ely Ould Mohamed Vall Ould Eleya, Ancien Président de la République Islamique de Mauritanie
- Pr Jean-Jacques Patry, Chargé de mission « mondes africains et sécurité » à la Fondation pour la recherche stratégique et Directeur du master 2 géopolitique et sécurité internationale ICP-Fasse
- Mr Mohamed Abba Ould Sidi Ould Jeïlani, Président de l’Institut Sahel Expertise Conseil, Ancien Inspecteur Général de l’Etat en Mauritanie
- SE Mezri Haddad, Ancien Ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO

Pour se pencher sur la situation de la défaite militaire à la stratégie de la terreur de Boko Haram, nous avons convié :
- Dr. Hassatou Balde, Experte en Sécurité et Gouvernance
- Hugues Zinsou, Chargé de l’accompagnement des roadmaps des projets opérationnels de la DSI, Orange
- Laoualy Ada, Secrétaire Exécutif de la Stratégie pour le Développement et la Sécurité des Zones Sahélo-Sahariennes du Niger, Conseiller Principal du Premier Ministre du Niger
- Général (2s) Jean Louis Esquivié, Membre du Cabinet d’Expertise Stratégique (CES)
- Général Séraphin Noukpo, Ancien Chef d’Etat major Général des Armées du Bénin
La diversité des profils d’experts a édifié l’auditoire en apportant de nouvelles informations en fonction des nouveaux développements en cours sur la Libye et Boko Haram. Nous avons des retours sont très positifs.

Quels profils de l’auditoire ?

L’essentiel de 160 participants est composé des diplomates, institutionnels, journalistes, experts, consultants, politiques, entrepreneurs et observateurs avisés. Il s’agit d’un auditoire de haut niveau et des services spécialisés sur les questions traitées.

Quels sont les Ambassades, Institutions et médias participants ?

Nous pouvons citer une vingtaine d’ambassades (Allemagne, Espagne, Estonie, Iran, Oman, Palestine, Pologne, Slovénie, Turquie, USA, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Tunisie, Délégation du Maroc à l’UNESCO, Délégation d’Egypte à l’UNESCO), le Premier Ministère du Niger, les Ministres des Affaires étrangères et du Développement international et de l’Éducation nationale (France), le Conseil Régional de Diffa (Niger), l’Association des Municipalités du Niger, l’OIPC-INTERPOL, la Haute Autorité de la Santé, le Business France, l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, l’Académie de l’Eau, le Conseil supérieur du Notariat, les HEC Paris, l’Université Paris 1, l’Université Jules Verne AMIENS, l’Institut Catholique de Paris, l’IFRI, l’Institut de la Méditerranée, le SUEZ environnement, l’Orange, la Fondation Frantz Fanon et une quinzaine de médias (France TV, Africable Télévision, Africa 24, Al Jazeera, Afrik.com, Amina, Kadidia.com, Newmediaproduction, Journal Australian, Médias Express, afriquedomtomnews.com, LES AFRIQUES, Agence « Press TV », Europe Orient, Le défi Centrafrique).

Pourquoi dans une première conférence vous vous êtes intéressés au cas de la Libye d’un point de vue stratégique et sécuritaire ?

L’effondrement de la Libye rejaillit sur d’autres pays et pose des préoccupations sécuritaires et stratégiques. Cela entraîne la fragilité des Etats d’Afrique du nord et du Sahel.

Depuis la fausse révolution libyenne, ce pays est devenu le quartier général des mouvements terroristes d’inspiration salafiste et de l’Etat Islamique. L’élimination de Kadhafi pour étouffer sa vision de la puissance panafricaine était le seul objectif de la guerre néocoloniale et le reste n’est que littérature et propagande. En abattant le régime de Kadhafi, l’intervention internationale a ouvert un sinistre chaos d’où se sont regroupés les fondamentalistes de génies dangereux. Et on paye le prix élevé de cette salle guerre en Afrique comme en Europe : l’attentant de Nice le 14 juillet en est la conséquence la plus visible.

La Libye, jadis puissance montante en Afrique, est devenue la capitale mondiale des groupes terroristes et jihadistes. Elle est le terrain idéal pour l’implantation ou la reconstitution de la dissidence jihadiste, du point de vue tant logistique que militaire et idéologique. C’est un nouveau sanctuaire pour le fondamentalisme religieux incarné par l’Etat Islamique qui a profité le chaos politique et sécuritaire (absence de gouvernement et d’institutions sécuritaires) pour implanter sa base en Afrique du Nord.

La situation sécuritaire se dégrade en Libye et le terrorisme s’aggrave dans toute la région tout en mettant en évidence la fragilité des pays voisins. En établissant des liens avec la franchise libyenne de l’Etat Islamique (EI), les islamistes font des incursions dans les pays de deux rives du Sahel avec un objectif d’étendre les frontières d’un nouveau califat. Faut-il laisser sombrer la Libye ?

La présence de l’Etat Islamique en Libye est une menace directe pour l’Europe et l’Afrique. Ses combattants traverseront la mer pour faire des dégâts en Europe en utilisant la technique du loup (semer la terreur partout) très difficilement maîtrisable. Pour le moment, il est dans une stratégie de diversion en attaquant la Tunisie. Il ne peut pas affronter militairement les puissances de feu qui sont l’Algérie et le Maroc. Il dirige ses attaques vers la Tunisie pour tester la réaction maghrébine. Nous avons des informations qui font étant de mouvements des éléments de l’Etat Islamique libyen vers le nord du Niger.

Que pouvez-vous nous dire sur la situation sécuritaire, politique et économique du pays ?

La situation libyenne est explosive. C’est un Etat failli et incapable d’assumer ses missions régaliennes et économiques. C’est l’intervention étrangère qui a détruit complètement les institutions politiques et sociales libyennes.

Pour le moment certains groupes islamistes contrôlent les villes :
- Ansar Asharia à Benghazi et Darna,
- Le groupe Tawhid et le Djihad à Darna,
- Le groupe Combattant à Darna et Tripoli,
- L’Etat Islamique à Darna et à Syrte où il a le contrôle total,
- Autres petits groupes sont disséminés dans les différentes villes.
Le plus dangereux, c’est le front de Darna. Cette ville héberge les islamistes extrémistes, notamment Ansar Asharia, les adhérents de l’Etat Islamique et le Conseil de Choura des jeunes de l’islam.

Le règne de l’Etat Islamique en Libye pèse une grave menace dans la région et crée une psychose aux seins des populations et services de sécurités. Cette situation d’un pays sans Maître ni Institutions à un impact négatif sur la sécurité régionale (attentats d’In Amenas en Algérie et de Bardo en Tunisie) avec des conséquences économiques néfastes (baisse d’investissements étrangers et de fréquentation touristique) au processus de développement.

La Libye, jadis un grand pays avec une grande nation, est aujourd’hui livrée au chaos par des erreurs d’appréciations internationales et/ou régionales et l’incapacité des politiques locaux divisés en trois grands groupes régionaux. La décision de corriger cette erreur est déjà prise. On ne laissera pas la Libye sombrer comme l’Irak et la Syrie car personne ne souhaite une installation permanente de l’EI à la porte de l’Europe.

Nous avons appris avec soulagement que Saïf Al Islam Kadhafi a été libéré d’une prison libyenne de Zintan. Son retour au pouvoir d’une manière ou d’une autre serait bénéfique pour la Libye, l’Afrique et le monde. Nous demandons à la CPI d’accélérer son dossier pour qu’il soit libre de ses mouvements. Depuis la nouvelle de sa libération, des Libyens de différentes villes du pays brandissent des photos de Saïf en criant son nom. Nous observons pour la première fois des manifestations pro-Kadhafi aussi ostensibles dans les différents endroits du pays à la fois depuis 2011.

Dans ce pays, livré au chaos et à la destruction, dont les gouvernements se battent entre eux et où l’Etat islamique progresse, Saïf Kadhafi pourrait devenir une partie de la solution plutôt que du problème. C’est une personnalité qui peut unifier les revendications des différents tributs et des acteurs qui se battent contre les islamistes et leurs alliés opportunistes de Misrata d’Aube de la Libye. Saïf donnera prochainement une conférence de presse, où il précisera sa pensée et sa vision pour sortir de la Libye de son coma profond. A notre sens c’est dans l’inclusion de 150 tributs que se situe le futur de la Libye.

Face au chaos libyen, l’Institut Mandela insiste sur le discernement des acteurs locaux et internationaux pour résoudre d’énigme libyen. Les choses se mettent en place pour que Saïf puisse faire partie d’une sorte de Grand Conseil de la Nation. Comme le Gouvernement d’entente nationale (GNA) est incapable de convaincre aucun des deux autres gouvernements de Libye de se joindre à lui, certains pensent qu’il faudrait faire appel à une médiation plus large, l’Arabie Saoudite et surtout le Sultanat d’Oman s’offrant comme médiateurs. Cela est discuté à Bruxelles ce 18 juillet avec le Secrétaire d’Etat américain John Kerry.

La seconde conférence traitait des changements tactiques de Boko Haram, pouvez-vous nous en parler ?

Boko Haram est un virus mortel pour l’Afrique centrale et occidentale. Après une période d’hésitations et de frottement, les nouvelles autorités nigérianes considèrent cette organisation terroriste comme une menace sérieuse. Le Président du Nigeria, SEM Muhammadu Buhari, a promis de mettre fin à l’insurrection de Boko Haram. Il a présenté une stratégie cohérente pour mettre un terme aux violences dans le nord-est, où les forces armées ont l’entière responsabilité de poursuivre la lutte contre Boko Haram. Il a donné des ordres pour revoir les règles du combat afin d’éviter les violations de droits humains lors des opérations. Il a décidé de déplacer le centre de commandement militaire de la capitale à Maiduguri, au cœur de l’insurrection. Le Cameroun, le Tchad et le Niger sont à la pointe pour combatte ce secte sanglant. Le Bénin s’est joint à cette coalition panafricaine. C’est cette conjugaison d’effort et de forces qui a défait militairement Boko Haram et qui l’a obligé à changer de stratégies et de modes d’action.

La situation régionale avec Boko Haram, qui s’apparente davantage à une secte plutôt qu’à une organisation terroriste structurée, se complexifie avec le risque terroriste de masse dans la zone du lac Tchad. Les opérations menées par l’armée nigériane soutenue depuis 2015 par une force d’intervention multinationale ont touché militairement la secte qui a changé complètement sa stratégie avec une évolution des modes d’action en multipliant des attentats suicides. Boko Haram privilégie désormais la guerre asymétrique au travers des opérations de harcèlement des forces armées des pays engagées dans la reconquête du Nord-est du Nigeria et des attentats visant des lieux de rassemblement en dehors de sa zone d’influence traditionnelle. Aujourd’hui, forte d’environ 30 000 hommes disséminés sur 4 pays, cette « armée terroriste » constitue une menace réelle et importante que le nouveau pouvoir au Nigeria a prise au sérieux. La défaite de Boko Haram passe par la poursuite des opérations militaires. L’évolution du mode opératoire de cette organisation oblige les pouvoirs publics à se pencher sur d’autres solutions. La réduction de la menace terroriste dans cette région exige une véritable prise en compte des besoins de la population dans les domaines du développement inclusif.

Qu’est-il ressorti de cette conférence à la fin ?
Le terrorisme, c’est le ressentiment de toutes les frustrations. Il se nourrit des discriminations, des inégalités, des violations des droits fondamentaux et d’autres gouvernances contraires aux intérêts des peuples. Le mimétisme de la violence est le moteur du terrorisme. Quant la défiance s’installe dans la société, le pays est ouvert à tous les dangers. L’islamisme radical laisse une impression d’incompréhension : les combattants sont des adolescents dont on sait que leur destin aurait pu être différent si des mécanismes sociaux appropriés avaient fonctionné au bon moment. Il est crucial de rappeler que si les opérations contre le terrorisme s’occupent de la violence jihadiste, leur but n’est pas de traiter la myriade de dynamiques enchevêtrées qui produisent des candidats au djihad. Répondre aux défis sécuritaires pour le développement global suppose d’accroître l’activité économique et les opportunités d’emploi pour les jeunes. C’est évidemment l’ouverture de perspectives politiques et économiques pour les populations durement touchées par la crise terroriste qui devrait offrir les meilleures chances de paix. Le Niger a compris l’enjeu de répondre d’une manière globale à la complexité de la problématique terroriste, car le Cabinet du Premier Ministre a présenté la Stratégie pour le Développement et la Sécurité des Zones Sahélo-Sahariennes du Niger. C’est un plan ambitieux et complet qui mérite le soutien de la communauté internationale.
Quelles solutions proposez-vous ?
Un adage africain nous apprend avec la sagesse que nous reconnaissons à nos Vénérés Anciens « Si le feu est sur le toit de ton voisin et que tu t’en désintéresse, le danger ne t’épargnera pas ». La menace qui est dans nos murs appelle la vigilance permanente et la contribution consciencieuse et active de tout le monde.

Pour la Libye, il faut :
- Cesser toute intervention extérieure qui aide les groupes de milices et jihadistes
- Aider la Libye à constituer un véritable service de sécurité (les interventions militaires vont en contre courant de la stabilité, de la sécurité et de la paix)
- Résoudre le problème de l’Etat Islamique qui est très complexe en Libye : on peut l’éradiquer par l’encerclement et le cloisonnement dans les deux grandes villes. Ces groupes sont faibles et encore en voie de développement stratégique.
- lancer un appel pour que les pays limitrophes cessent d’aider les groupes radicaux et les tributs rivaux
- jeter les bases de la gouvernabilité solide même si la situation est compliquée et dangereuse

Pour lutter contre Boko Haram, il faut renforcer le renseignement et apporter le bien-être à la population. Les forces spéciales sont des outils appropriés contre le terrorisme de Boko Haram. Nous craignons que ce qui s’est passé au nord du Mali, avec l’Algérie qui y a poussé les terroristes, se répète au Bénin. Nous constatons que les combattants de Boko Haram mettent leurs familles en sécurité au nord du Bénin. En cas de déroute au Nigeria, ils se replieront aisément au Bénin.

Face à ces menaces terroristes comment se défendre ? « La meilleure défense c’est l’attaque » : Comment contenir, cloisonner et réduire la menace islamiste ? Quatre options sont possibles :
1. Contenir : laisser la menace là où elle avec des mesures de défense nationale. Cette stratégie consiste à étouffer les organisations jihadistes ou salafistes en détruisant les réseaux et coupant les sources de financement.
2. Cloisonner pour que l’Etat Islamique, Boko Haram et groupes terroristes ne soient pas en communication avec les cellules nationales dormantes. Il s’agit de cloisonner des différents foyers en détruisant les noyaux actifs pour lutter contre l’expansion. Au Maghreb et au Sahel, il faut les empêcher de prospérer, même si en Libye, il s’agit immédiatement de les détruire militairement.
3. Réduire la menace, ce qui implique des choix stratégiques et des sacrifices. C’est l’option choisit par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger pour détruire Boko Haram.
4. Agir sur le terreau qui permet le développement de l’idéologie. Pour cela il faut agir sur la jeunesse de moins de 25 ans. Il faut donc gérer le chômage, en adaptant l’éducation aux besoins de l’économie. Compte tenu de l’importance du danger et du temps nécessaire aux différentes actions, tout doit être entrepris en même temps : la lutte armée, la résistance citoyenne et l’organisation politique. L’idéologie jihadiste est le produit d’abandons à la désespérance d’une population jeune, formée et sans emploi. Les leaders pervers en profitent pour développer des organisations monstrueuses, rendues possible par l’aveuglement des politiques sans vision ni anticipation de la menace.

Donc pour combattre le terrorisme, il faut s’ouvrir sur une stratégie globale, car la dimension militaire ne peut pas tout résoudre. Il faudra ouvrir des espaces de libertés, offrir aux jeunes des perspectives d’avenir avec une éducation solide et des emplois stables. Cette stratégie doit intégrer la coordination internationale au niveau de la communication, de l’information et des renseignements.

Le dialogue est impossible avec les radicaux. La seule arme contre eux, c’est le renseignement où le citoyen est un allié de l’autorité contre le terrorisme. Il faut sensibiliser les Oulémas sur les dangers du terrorisme et travailler sur un contre –discours (contre-propagande) : non à la radicalisation, non à la barbarie, non au terrorisme, ce ne sont pas des valeurs de l’Islam.

Quels sont les Alliés de l’Afrique contre le terrorisme ?

En plus des Alliés traditionnels qui protégent leurs intérêts, les Experts ont estimé que la Russie et l’Iran seront des Vrais Alliés de l’Afrique contre le terrorisme. La tentation de l’instrumentalisation du terrorisme est forte et se retourne toujours contre celui qui l’utilise. Il est nécessaire de bien choisir ses Alliés.

Quelle conclusion générale de la conférence ?

Le terrorisme jihadiste qui brandit le drapeau de la charia dans nos contrées, n’est pas l’affaire d’un gouvernement aussi puissant et autoritaire soit-il, ni d’une opposition ignorée, bâillonnée ou pourchassée, ni d’une armée seule. C’est l’affaire de tous les peuples. Mais la lutte contre le terrorisme est une fonction régalienne de l’Etat entrant dans le cadre de la défense du peuple et de son territoire. L’organisation de la gouvernance sécuritaire revient à l’Etat. Il nécessite la participation de toutes les couches de la nation. Dans nos pays, il faudrait instituer une plateforme commune où les idées puissent être prises en compte dans la gestion de cette affaire qui nous concerne tous.

L’exacerbation de la concurrence pour accéder aux ressources africaines est la source principale d’insécurité et d’installation des mouvements terroristes. L’Ambassadeur Mezri Haddad a résumé philosophiquement cette équation : « A nous le pétrole, à vous la charia ; chacun a sa religion ». Aux Africains et Arabes de savoir négocier leurs intérêts dans ce jeu de dupe géopolitique. Dans cette dynamique complexe d’intérêt contradictoire, est-ce que l’Afrique a une stratégie pour faire face à cette concurrence ? La réponse est hélas non. L’objectif des autres concurrents est de créer des institutions qui permettent au marché de fonctionner anormalement. Quel est l’objectif de l’Afrique ? Elle a subi les facteurs de fragilisation de l’Etat avec le PAS qui a produit la désorganisation sociale. Elle subit sans réagir les assauts terroristes. Nous assistons impuissamment à un phénomène grave : les Etats bousculés par des contraintes internes de dysfonctionnement social que des contraintes externes de concurrence pour l’accaparement de ressources. Aucune réaction des autorités africaines. Elles sont dans l’optimisme de l’émergence et de croissance à deux chiffres alors que la maison Afrique brûle de partout. Pour nos dirigeants, tout va bien Madame la Marquise. Il est temps de dire non, tout ne va pas bien. Il faut se réveiller et réagir avant que ça ne soit pas trop tard.




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