OPINION : Traque pour traque

« TRAQUE POUR TRAQUE ! »

Au deuxième tour des présidentielles de 2012 à dire vrai, le choc des programmes de gouvernance ne fut pas si déterminant. Wade malgré le contenu de sa panoplie « Weddi guiss Bokussi » et la promesse de la poursuite de ses chantiers émergents ne put guère améliorer son vote affectif … du 1er tour. Par contre, ce fut une consécration pour son challenger qui impulsait une profession de foi qui eut la prouesse de reléguer aux oubliettes le mythique slogan du patriarche : « SOPI » ! Le jeune candidat post indépendance, partout, proclamait avec forte tonalité sa parade : « la traque des biens mal acquis » ou - reddition des comptes – l’unique boussole de sa politique de bonne gouvernance.
Avec un tel leitmotiv-fédérateur, il pouvait engranger et embrayer (sans crainte de ne subir quelque forme de pressions (sociales, politiques et/ou lobbies maraboutiques), la vitesse avec laquelle il entendait matérialiser cette promesse -cet engagement !- « Eux, ils promettent-moi, je m’engage ! », aimait-il proclamer. Il reçut ainsi un chèque en blanc d’autant que, -le peuple avait envie de savoir, envie de voir ces sinistres et cupides prédateurs « rendre gorge »-.
Cette caste que la rumeur publique et la cavalerie médiatique désignaient comme étant les fossoyeurs de notre économie. Les masques devaient tomber « En avant, pas de quartiers ! » semblait être le mot d’ordre. « La traque des biens mal acquis » fut ainsi élevée au titre de « Demande sociale » ce qui justifia bien entendu, le résultat plébiscitaire (65%) des suffrages en sa faveur. Performance inédite dans nos annales électorales (post UPS/PS).
Malgré ce sésame, le nouveau chantre de la – gestion sobre et vertueuse-, opta de ne pas s’écarter de l’orthodoxie républicaine ; en se mettant à l’abri de toute forme d’état d’âme, et de dérives partisanes. Ainsi donc, la vieille -« CREI » - fut dérouillée et conduite par une équipe trillée sur le volet, avec pour seul objectif : Ramener dans ses filets (de gros poissons-requins) ! Ce que semblait bien comprendre son capitaine -« le procureur-spécial » - Alioune Ndaw, (l’incorruptible policier-magistrat).
« Le menu fretin ne nous intéresse pas, notre cible principale est si grosse que nous ne pouvons la rater. Patience ! » déclama-t-il. En un temps records, le ciel bleu libéral fut zébré et noirci par la convocation, l’inculpation du plus emblématique des 25 ciblés : Karim Meissa WADE - embastillé malgré ses milliers de pages justificatifs.
Ainsi, prit date, dans un contexte fort suspicieux, « La traque des biens mal acquis » qui suscitait conjectures, réserves et encouragements dans toutes les strates sociopolitiques. Les résultats attendus de sa mise en œuvre, suscitèrent de légitimes espoirs de recouvrement de nos ressources spoliées (4 000 milliards !!!), disait- on en première annonce.
L’état ne lésina point quant aux moyens sollicités et utilisés, appel fut lancé à la coopération spécialisée multilatérale ; les hérauts de la nouvelle gouvernance mondiale ne furent pas sourds à l’appel et s’investirent afin que « la traque des biens mal acquis », impulsée au Sénégal (miroir de la démocratie africaine), connaisse un succès et devienne une émule… continentale.
Cette unanimité absolue convainquît les plus sceptiques : Les populations majoritairement entretinrent un état de grâce condescendant en faveur de son initiateur. Mêmes les « Traqués », souscrivirent pour l’application stricte de la loi à propos de la reddition des comptes afin de défendre leur honneur. Rarement donc, une conjonction d’opinions …si favorables n’avaient été au rendez-vous, pour mettre en mouvement, les premiers jalons de l’exercice d’un gouvernement d’alternance politique.
Qui plus est, le – plébiscité président – parachevait ainsi ses (4) glorieuses – : « La patrie avant le parti »- ; « La réduction du mandat présidentiel »- ; « Une gouvernance sobre et vertueuse »- ; « La traque des biens mal acquis »- ; pour s’engager dans les sillons de son « Sénégal émergent ».
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis cet effervescent contexte républicain. Que donnerait alors, une évaluation à mi-parcours du déroulé de ce grand chantier éthique, stigmatisé par des revirements dignes d’une trame « Bollywoodienne » ? (Procès hyper médiatisé -, immixtions de juridictions étrangères, limogeage du procureur de la CREI en pleine audience, libération nocturne princière de l’emblématique condamné).
Ainsi donc, dans la perception populaire, ce paradigme de bonne gouvernance, qui s’harmonisait au postulat dogmatique de la « Gestion sobre et vertueuse » pour l’instauration d’une réelle politique de rupture et de transparence, se dévoyait vers une évanescence…irréversible.
C’est dans ces périodes de fortes suspicions que surgirent dans l’espace sociopolitique, des débats détonnant relatifs à la gestion de nos ressources financières et minières, atteignant des tonalités indicibles dont les plus saillantes furent relatifs d’une part, à notre fiscalité nationale où il fut question d’un déficit fort élevé (250 milliards CFA) dû à un « défaut de non-paiement et/ou de recouvrement d’impôts » exacerbé, par ceux de nos députés et d’autre part, le (houleux) débat relatif à nos richesses fossiles (pétrole et Gaz) dont les conditions « clair-obscur » de leur cession frisait une dense nébulosité.
Si dans la première révélation, il fallut diverses interventions et justifications gouvernementales (le ministre de l’économie et des finance) pour « remettre » les choses en ordre et dédouaner nos honorables représentants du peuple, il n’en fut pas de même pour la polémique (pétrole et gaz) qui connut des pics dont les plus culminants furent la plainte servie à l’opposition politique nationale par le principale –« investisseur »- ainsi que l’exclusion de la fonction publique d’un des plus virulents protagonistes : Cadre administratif de haut niveau (Inspecteur des impôts et domaines) pour son rôle de lanceur d’alerte déterminé à exhumer tout un stocks de dérives fiscales dormant.
« La traque citoyenne » à l’opposé de l’autre « traque »
Ces torrents d’opinions publiques produisirent un tourbillon soutenu, qui obligèrent les pouvoirs publics à s’ajuster sans cesse pour donner à ces sujets (déversés dans la voie publique), des informations tranquillisantes. Des postures que d’aucuns des observateurs déduisirent comme des « effets induits de cette … « Traque citoyenne », à l’opposé de l’autre « traque » en dilettante. Autrement dit : « La Traque est morte, vive la Traque ! »
« La traque des biens mal acquis », victime de la « Realpolitik », et durement éprouvée par une gestion (unilatérale) semblait s’essouffler ; hypothéquant objectivement le blanc-seing à elle gratifié par le peuple. Exit, la réhabilitation de nos vertus et valeurs de bonne gouvernance qui semblait se rétrécir comme peau de chagrin à l’aune des sempiternelles « ruses et compromissions » politiciennes.
Ainsi donc, « La traque citoyenne », alimentée par des apports de qualité affranchis de toutes contraintes règlementaires ou administratives : « obligations de réserve et/ou délits d’initié », semblait se positionner en termes de curseur sociopolitique citoyen, capable de porter les interpellations sur des lignes de gestion et de conduite des affaires de la république : Prémisses d’une alternative politique ? Une autre façon de faire de la politique ?
Ce nouveaux modèle de plateforme inclusive (à formaliser), se profile comme un cadre de concertation et de participation au service d’un écosystème analytique et participatif, nourris par des citoyens-contributeurs nantis de coefficients et d’expertise qui, en toute légitimité, pourront passer en revue les grandes problématiques sociétales (sans exclusive), et interpeler les mandants de toutes institutions sur des questionnements ponctuels ou structurels de l’heure pour des débats éthiques et productifs pour le bénéfice de la nation.
Cette posture tout naturellement devrait être celle de la dite « Société civile » elle qui, conventionnellement portait ces genre de combats… avec des résultats probants tels ceux qui ont contribué à l’avènement de la deuxième alternance politique de notre pays. Il faut hélas le constater, cette « société civile »…d’en haut, fidèle à des (choix et options souveraines), semble aujourd’hui, batifoler à l’aise dans d’autres sphères moins contraignantes et plus confortables : « Le repos des guerriers » en somme !
Nous gardons tout de même l’espoir de la retrouver sur le terrain de la citoyenneté pour étouffer dans l’œuf, les germes d’une autre « Traque »…abominable qui s’enfle !
Moustapha DIOP
VISION-CITOYENNE



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