OPINION : Pourquoi Maître François Meyer et Non un Maître Sénégalais… ?

Depuis l’avènement de l’alternance en 2012, nombreux sont les concitoyens y compris moi qui se posent des questions sur l’Avocat français François Meyer ainsi que sur le rôle qu’il joue dans certaines affaires de notre cité avec sa constante implication dans tous les dossiers à incidence financière. Cette omniprésence se justifierait par le fait qu’il serait l’avocat personnel de notre Président Macky Sall.
De nos investigations, il ressort que cet avocat a fait les beaux jours de la France-Afrique pour avoir été l’avocat personnel du Président feu Omar Bongo Ondimba et de sa famille jusqu’à sa mort en 2009. A ce titre, il a été au cœur des différentes procédures contre la famille BONGO dont il était l’un des ardents défenseurs dans le cadre de la procédure dite des Biens Mal Acquis (BMA) ; en France (découverte des 70 comptes bancaires du clan Bongo), en République Maltaise (découverte du compte de 7 millions de dollars dans la Fimbank en mai 2010) et aux USA suite au tollé soulevé par le rapport du congrès de mai 2010 sur le blanchiment d’argent qui avait épinglé Bongo et sa famille.
Cet avocat donne l’impression d’un avocat sans forte conviction ou ligne de conduite morale, puisque de Bongo à Karim Wade, il s’est complètement renié à l’image d’un caméléon. De farouche combattant et ardent défenseur des BMA pour le compte des « Bongos », il se signale à Dakar dans le cadre de la traque des biens mal acquis en se constituant partie civile pour le compte de l’état du Sénégal dans sa croisade contre les avoirs fictifs, imaginaires et supposés de Karim Wade. Paradoxe, il partagera le même collectif d’avocats avec son confrère et ex bourreau Me William Bourdon de Sherpa ; l’homme par qui, Bongo et sa famille ont connus leurs déboires suite aux plaintes qu’il a déposé contre eux pour Biens mal acquis.
Ainsi, Me Meyer s’est complètement métamorphosé à Dakar en devenant l’un des plus farouches adversaires de Karim WADE dans le cadre de la procédure unique et singulière déclenchée par les nouveaux gouvernants issus de l’alternance politique de 2012.
Les nombreux observateurs qui ont assisté à ce procès historique de huit mois se rappellent encore que cet avocat a été constitué et payé à ne rien faire ; puisque durant tous les huit mois de procès, personne ne l’a vu pas une seule fois plaider ou poser un seul acte de procédure durant les centaines d’audiences. On se rappelle encore qu’il était le seul avocat à oser raccompagner la Cour à chaque suspension ou levée de séance, en passant sans gêne par la porte qui leur était exclusivement réservée ; ce qui prouvait à suffisance pour nous que cet avocat n’était pas n’importe qui dans cette procédure et traque contre Karim Wade.
En effet, pour des raisons d’éthiques, de morales et de transparences, rien ne devait justifier la présence de cet ancien avocat de Vincent Bolloré, dans cette procédure contre Karim WADE et compagnie puisque l’une des sociétés incriminées par l’accusation ; à savoir DPW, a été le concurrent de Bolloré dans la course pour la concession du TAC du Port de Dakar. Ainsi, on aura constaté avec la présence de cet avocat de Bolloré, que DPW a été mis sous administration provisoire pendant plusieurs mois par la Commission d’instruction de la CREI.
Et pourtant, Me Meyer n’est pas une référence en France puisqu’il a été auditionné dans son propre pays par le juge Tournaire en 2014, dans le cadre de l’affaire Michel Tomi, présenté comme l’un des derniers parrains et Capos de la Mafia Corse. Pour rappel, cette affaire Tomi, implique l’actuel Président de la République du Mali, IBK ; dont Me Meyer serait aussi un des avocats et proches.
A signaler aussi que cet avocat était au cœur des pratiques obscures et de l’héritage du clan des Bongo, pour avoir été l’avocat personnel du défunt président, avant de devenir le principal conseiller de Pascaline Bongo et plus tard de son frère Aly. Nous avons toujours en souvenir les niches d’informations et de documents que la redoutable OCRGDF avait découvert dans son cabinet concernant les micmacs des Bongos et qui lui avait valu une mise en garde en vue et des dépositions sur PV devant cette redoutable police anti corruption.
Faisant tabula rasa de tout son passé d’avocat de clans et de la France Afrique, Me Meyer est entrain de se recycler à Dakar depuis l’avènement au pouvoir du Président SALL dont il est devenu, on ne sait trop comment, l’un des proches collaborateurs ; ce qui explique surement sa présence dans tous les dossiers sensibles.
Déjà en 2013, il avait été parachuté à la dernière minute dans la procédure d’arbitrage devant la Chambre Arbitrale de Paris entre le Sénégal et le Groupe minier Indien Arcelor Mittal à l’insu des avocats constitués depuis le début de cette procédure et de notre Agent Judicaire de l’état de l’époque (Mme Gassama). On se rappelle que dans le cadre de cette procédure, il avait fait perdre à l’Etat du Sénégal l’équivalent de la somme de 2 000 Milliards de nos francs que ces confrères (Bourgy et Bonnard) qui l’ont devancés dans le dossier avaient exigée pour tout règlement du différend. A la place de ces 2000 Milliards, Me Meyer s’était contenté de parapher un accord de règlement d’un montant de 72 ou de 70 Milliards libéré par Arcelor Mittal en deux versements dans son compte bancaire personnel comme si notre pays ne disposait pas d’un trésor public à même de récupérer cet argent.
Toujours en 2013, dans le cadre de l’opération d’émission obligataire du Sénégal sur le marché financier européen dénommée : Euro-bond ; l’entrée en scène à la dernière minute de Me Meyer avait froissé l’essentiel des banques partenaires et spécialistes de la finance travaillant dans ce projet qui a rapporté au trésor public sénégalais la somme de 250 Milliards. Que l’on nous dise à combien se chiffrent les honoraires de son Altesse Me Meyer pour cette immixtion dans l’opération Euro-bond.
En outre, le correspondant du journal Le monde à Pékin Sébastien Le Belzic présente Me Meyer comme étant fortement impliqué au nom de la République du Sénégal dans le dossier pesant plusieurs milliards de dollars concernant la réalisation du projet de construction du chemin de fer Dakar/Bamako sur un linéaire de prés de 1 300 km pour un investissement de prés de 1 500 Milliards de nos francs avec comme partenaires la banque EXIM BANK pour le volet financement et la compagnie chinoise China Rail Way pour la construction. (Voir journal Le monde du 29 Mai 2015)
Tout récemment encore, Me Meyer a encore défendu les intérêts du Sénégal devant le CIRDI aux cotés de notre Agent Judiciaire dans le cadre de la procédure d’arbitrage déclenchée par Menzis/Africa-AHS contre l’état du Sénégal. A ce sujet, je signale au passage que contrairement aux fausses informations répandues, cette procédure est loin d’être une victoire puisque le tribunal arbitral dans sa sentence s’est déclaré incompétent pour vider cette affaire. En effet cette procédure devant le CIRDI a été une grande victoire pour Karim WADE et toute la communauté de ses souteneurs, puisque l’état du Sénégal n’était pas en face de Karim qui a été présenté à tord et sans fondement légal comme le propriétaire de AHS, mais en face des vrais propriétaires de AHS. (Nous reviendrons largement avec plus de détails sur le scandale AHS)
Le citoyen que je suis interpelle son Président et ses gouvernants, sur les risques qui peuvent découler de cette implication inquiétante de Me Meyer dans la gestion de certains dossiers sensibles. En effet, j’ai des pressentiments, si l’on sait qu’à plusieurs reprises le nom de cet avocat a été mêlé dans des histoires de rétro commissions au Gabon avec un certain Franck Ping (fils de Jeans Pinck ) ou avec Mme Pascaline Bongo, dans le cadre des contrats de la société chinoise Sinohydro et des versements de fortes sommes d’argents dans la société offshore FIEX que le même Me Meyer gérait pour le compte de Franck PING.
Nos gouvernants seraient aussi bien avisés de se replonger dans l’affaire Travcon AG, dont Me Meyer est présenté comme l’une des pièces maîtresses, pour mieux savoir à qui ils ont affaire. Cette affaire Travcon AG avait value à l’état gabonais la saisine d’un de ses Boeing 777 en territoire française par une simple ordonnance de saisie suite à un engagement écrit de Me Meyer qui s’était substitué aux autorités de ce pays.
A nous sénégalais, nous exigeons des explications sur le bien fondé de la présence systématique de cet Avocat aux dépens des éminents avocats de notre barreau et de notre expertise financière nationale tant chantée à l’étranger.
Ainsi, nous exigeons au nom de la rupture tant chanté, la publication des contrats de prestations de cet Avocat ainsi les sommes d’argent qu’il aurait perçu comme honoraires dans ses différentes prestations. (Prochainement, nous reviendrons sur le brouillard qui survole Diamniadio).

Alinard NDIAYE
Karimiste à vie
boursaloum@gmail.com




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