OPINION : PAPE BABACAR MBAYE, POUR QUE LA BONNE GRAINE NE MEURE

Tous ceux qui ont vu ou connu ce beau visage toujours souriant se sont posés la même question : pourquoi ? C’est que les Sénégalais, hommes, femmes, enfants, vieux des villes et des hameaux les plus reculés du pays, dans leur vécu quotidien ,t’avaient toujours intégré en leur sein comme un fils, frère, mari, père gendre, ami modèle.
La nouvelle était tombée à quelques heures de la rencontre à Tunis entre nos valeureux lions dont tu fus le constant et inconditionnel soutien et le Kenyan.
La logique aurait commandé que le peuple sénégalais resté sur sa fin au sortir de notre première rencontre, manifestât sa joie dans une chaude ambiance après notre éclatante victoire.
Comble de paradoxe ! En lieu et place d’une liesse populaire, notre victoire fut fêtée ce jour-là dans une morne ambiance.
L’unanimité n’existe que chez les peuples de dieux et d’esclaves, nous dit-on.
Babacar, au risque d’apporter un démenti au poète ou philosophe J. J Rousseau, il est permis de se demander si tu as vraiment eu des ennemis dans ta courte vie.
Nous, de l’opposition en son temps, n’avions un seul instant douté de ta sincérité, de ton honnêteté intellectuelle, ton patriotisme, ton esprit rassembleur et pacifiste.
La vie des bonnes gens ne nécessite point qu’on en parle. Elle parle d’elle-même. S’il était permis de le faire, sans risque de nous tromper, nous dirions ceci :
Populaire, tu es resté peuple. Tu n’a jamais chanté, bonne naissance oblige, cet air du temps qui s’appelle l’arrogance, snober ses anciennes connaissances.
Homme de foi et de conviction, tu as toujours été constant dans tes engagements, quel que soit la situation. L’on nous dit souvent que l’on tient toujours de son « toureundo » au moins sept caractères. De ton illustre et vénéré homonyme « Seydi » Ababacar SY, le sage de Tivaouane, nous retiendrons ces qualités : la piété, la bonté, la générosité, la politesse, la courtoisie, l’érudition, l’honnêteté, la loyauté, la sincérité.
Que ton nom te fût prédestiné ou non, peu importe ! Tu as toujours fait tienne cette noble pensée de l’Abbé de Tour, Rabelais pour le citer : « fais ce que tu voudras, parce que gens libres bien nés, instruits, honnêtes, ayant par nature un instinct aiguillon qui toujours te pousse à faits vertueux, parce que retirés du vice, le quel on nomme honneur ». Ils étaient tous là, personnalités religieuses, politiques, toutes confessions, confréries, appartenances politiques confondues : le Président de la République, les ministres, maires, députés, arborant la bannière nationale, unis dans la douleur et le recueillement. Cette union des cœurs et des esprits si chère au Président de la République pour un Sénégal uni dans les moments de joie comme dans les moments d’affliction nationale, devrait être une constante en chacun d’entre nous. Ce serait profaner ta sépulture, si sorti du cimetière on se mettait à nouveau à insulter, à dénigrer, à mentir. La pensée qui devrait animer chacun d’entre nous devant ta tombe fraîchement comblée est la suivante : Hier, c’était Ismaïla M’BAYE, Iba NDIAYE DJADJI, Oumar Joe MBAYE. Aujourd’hui c’est Babacar MBAYE. Et Demain ? Pape Babacar, tu es parti à trente-sept ans, à la fleur de l’âge, laissant dans la douleur une mère, une veuve des enfants. Etions-nous meilleurs que toi ? Non !
« Mors ultima ratio » : « La mort est la raison finale de tout ». La haine, l’envie, tout s’efface au trépas. Nous mourrons tous un jour !
Ne nous trompons point ! La valeur et les qualités d’un homme politique ne se mesurent guère au nombre de personnes présentes à ses obsèques. Au contraire, elles s’apprécient par rapport à ses faits et actes de son vivant. Pour cela, Babacar, tu as administré une magistrale leçon à la classe politique, la société civile, journalistes et autres coteries, que l’on peut avoir la gloire, le prestige, le respect de ses pairs, en défendant et en exprimant ses opinions dans la courtoisie, la politesse, loin des vociférations, insultes écrites et verbales. Comme disait Montaigne à propos de la relativité des choses humaines : « l’art de vivre doit se fonder sur une sagesse prudente, inspirée par le bon sens et la tolérance ». Tu avais toujours fait tiennes les vertus cardinales d’un homme politique digne de ce nom et qui hélas ne courent plus les rues : Tu ne mentiras point ! Tu n’offenseras point ! Ceux de tes proches qui t’ont connu depuis ton jeune âge l’ont confirmé. Ton ascension fulgurante dans le mouvement pionnier, louveteau à l’âge de sept ans, chef de district, chef de département, commissaire général avaient renforcé ton abnégation, ta patience, ton calme, ta sérénité, ta persévérance, ton humilité, le respect d’autrui. Ton élection et ta nomination au poste de député, puis du plus jeune Ministre chargé des Relations avec les Assemblées que le Sénégal ait eu, Vice-Président du groupe parlementaire de ton parti n’étaient pas un hasard. C’était la consécration normale des valeurs intrinsèques que ton généreux cœur et ton esprit rayonnant ont toujours conservées.
Tout devoir aux autres, et ne rien devoir à toi même, telle fut ta pénible et noble charge dans ta courte existence. Trente-sept ans, tout de même, ce n’est pas beaucoup dans la vie d’un homme débordant d’énergie comme toi. Mais tu les as vécus pleinement en homme accompli, emportant avec toi la reconnaissance de la nation entière. Pionnier de tous les temps, c’est la Nation entière qui te pleure aujourd’hui, toi qui as tout donné à ton peuple. Tu es parti rejoindre au Panthéon les illustres hommes qui ont marqué l’histoire politique du Sénégal : Blaise DIAGNE, Ngalandou DIOUF, Valdiodio NDIAYE, Lamine GUEYE, Cissé DIA. Devant DIEU, le Tout Puissant et ton père, tu diras : j’ai fait ce que j’ai pu. Tes enfants diront à leur tour : Gloire à mon père !
Babacar il ne fait aucun doute que les manuels scolaires d’histoire et d’instructions civiques vous consacreront de grandes pages pour que la bonne graine ne meure. Et quoi d’autre ?
« Dulce et decorum est pro patria mori » : « Il est doux et beau de mourir pour la patrie ». Ainsi chantait le poète.
Babacar, repose en paix et que la terre de Yoff te soit légère.

AMEN
Maître Djibril WAR/C I S
Le 30 janvier 2004 Pape Babacar Mbaye était arraché à la fleur de l’âge à notre affection. Comme on le dit si bien : Les paroles s’envolent ; mais les écrits restent.
Treize ans après, nous voudrions bien rappeler à ses proches mais surtout à cette nouvelle génération dont beaucoup n’ont pas connu cet homme exemplaire, l’hommage que lui avait rendu Maître Djibril WAR militant du PDS à l’époque dans le journal le Témoin en février 2004.




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