OPINION : Macky Sall, le promoteur des vieillards de la République

« Dis moi quelle jeunesse tu as je te dirai quel pays tu seras. » Car l’avenir d’un peuple se perçoit toujours à travers les compétences et les facultés novatrices de sa jeunesse. Le Président DIOUF n’était pas objectif quand il la traitait de « jeunesse mal saine », puisse qu’étant emporté par un excès de colère. Cependant pour quelle raison le Président SALL la qualifierait-il de « jeunesse incapable » ? D’une certaine façon il en a pris acte par des attitudes politiquement suicidaires de n’élire à la tête de nos institutions que de vieillards. L’acte ne vaut-il pas la parole ? Nous vous défions de nous prouver le contraire.
Combien y a-t-il de jeunes à la tête de nos institutions ? A ce que nous sachions, il y en a aucun. On dirait que notre jeunesse est incapable. Elle ne serait même pas préparée pour prendre la relève. Par conséquent Macky ne se fait entourer que par les vétérans de la politique sénégalaise.
Ainsi le vieux communiste trouve sa place de Ministre d’Etat. Il s’agit d’Amath DANSOKHO, le premier servi de la deuxième alternance. Il est né le 13 janvier 1937. Le mardi 4 avril 2017, il aura exactement quatre vingt ans, deux mois et vingt et un jours, c’est un vieux du quatrième âge. Il est dans le terrain politique depuis les années 50. Député depuis 1983, il est nommé Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat entre 1993 et 1995 dans le Gouvernement d’Habib THIAM. Réélu député en 1998, il quitte ce poste en 2000 pour redevenir Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat sous WADE pour une durée de huit mois. Depuis 2012, il est nommé Ministre d’Etat auprès du Président de la République, malgré sa vieillesse et sa maladie.
A la deuxième institution de la République, les délégués du peuple se comportent comme des enfants devant le grand-père Moustapha. Marqué par le poids de l’âge, il a du mal à imposer sa loi. Né le 4 novembre 1939, le mardi 4 avril 2017, il aura exactement soixante dix sept ans et cinq mois. C’est aussi un vieux du quatrième âge. Sous SENGHOR, Il est désigné Directeur de Cabinet pendant presque dix ans avant d’être nommé Ministre de l`Urbanisme, le 15 mars 1979 dans le Gouvernement d’Abdou DIOUF. Le 19 septembre de la même année, il devient Ministre des Affaires étrangères. Le 5 avril 1983, le Président DIOUF le nomme Premier Ministre, mais il ne demeure là-bas que vingt quatre jours : il démissionne le 29 du même mois. Entre 1993 et 1998, il réoccupe encore le poste de Ministre des Affaires étrangères dans le Gouvernement d’Habib THIAM. De 2000 à 2001, le Président WADE le ramène à la primature. Actuellement, il est le Président de l’Assemblée Nationale, une charge qu’aucun jeune sénégalais n’est capable de supporter aux yeux de macky SALL.
Pour la troisième institution de la République, le gérontocrate a promu cette fois-ci une vieille du troisième âge. Elle est née vers l’an 1949. Vous la connaissez bien : elle s’appelle Aminata TALL. Entre 1991 et 2013, elle a occupé différents postes ministériels. Le mardi 4 avril 2017, elle aura à peu près soixante huit ans. Entre 2003 et 2004, elle est nommée Ministre d’Etat auprès du Président de la République, entre 2004 et 2006, Ministre d’Etat, Ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation, entre 2006 et 2007, Ministre d’Etat auprès du Président WADE et entre 2009 et 2012, Secrétaire Générale de la Présidence. Elle garde ce poste après la deuxième alternance. Le 17 janvier 2013, face à une jeunesse non éligible à la tête des institutions de notre pays, elle est nommée Présidente du Conseil Economique Social et Environnemental.
La création d’une quatrième institution, le Haut Conseil des Collectivités territoriales pointe le doigt à un autre vieillard : Ousmane Tanor DIENG. Il est né le 2 janvier 1947, le mardi 4 avril 2017, il aura exactement soixante dix ans, trois mois et deux jours. Il est un vieux du troisième âge. Entre 1976 et 1978, il est nommé Conseiller chargé des Affaires Internationales au Ministère des Affaires Etrangères. Entre 1978 et 1981, il devient Conseiller Diplomatique auprès du Président Léopold Sédar SENGHOR, puis auprès du Président Abdou DIOUF entre 1981 et 1988. De 1988 à 1993, il est désigné Directeur de Cabinet, puis Ministre Directeur de Cabinet du Président Diouf. En 1993, il est nommé Ministre d’État, Ministre des services et des affaires présidentiels. De 2012 à 2016, il occupe le poste de Ministre d’Etat auprès du Président Macky SALL. Le 20 octobre 2016, il est nommé Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, une charge qui serait très lourde pour la jeunesse sénégalaise.
Pour clore avec les enfants de SENGHOR qui n’ont rien appris de cet homme d’Etat, apôtre de l’organisation et de la méthode, le gérontocrate crée la Commission Nationale pour le Dialogue Territorial pour y caser Djibo Leyti KA. Voici un vieillard qui a toutes les facultés de l’eau pure c’est-à-dire incolore et inodore, pouvant être contenue par tout contenant. L’homme qui a pris part à tous les régimes de ce pays, de l’indépendance à maintenant. Il est né le 21 février 1948, le mardi 4 avril 2017, il aura exactement soixante neuf ans, un mois et treize jours, encore un vieux du troisième âge. En 1977, Il n’avait que vingt neuf ans quand SENGHOR le nommait Directeur de Cabinet. De 1981 à 1988, il devient Ministre de l’Information dans le Gouvernement d’Habib THIAM. Il maintient le même poste en 1983. Entre 1988 et 1990, il est désigné Ministre du Plan et de la Coopération, Ministre de l’Éducation Nationale entre 1990 et 1991, Ministre des Affaires Etrangères entre 1991 et 1993 et Ministre de l’Intérieur entre 1993 et 1995. En 2004, il est nommé Ministre de l’Economie Maritime dans le Gouvernement de Macky SALL. Il occupe le titre de Ministre d’État, Ministre de l’Environnement, le 5 juillet 2007 avec Cheikh Hadjibou SOUMARE, poste qu’il conserve jusqu’à la fin de la première alternance. Le 21 décembre 2015, il est promu par le gérontocrate à la tête de la Commission Nationale pour le Dialogue Territorial au détriment de la jeunesse sénégalaise.
Au niveau du troisième pouvoir de la République, le Président SALL hanté par les élections de 2019, malmène la loi portant statut des magistrats pour avoir son propre Président de la Cour Suprême jusqu’en 2020. Ainsi il réoriente la retraite de quelques magistrats dont celle de Mamadou Badio Camara, né le 9 avril 1952. Il est admis au troisième âge depuis quatre ans neuf mois. Le 4 avril 2017, il aura exactement soixante quatre ans, onze mois et vingt cinq jours : il sera à cinq jours de la retraite conformément à l’ancienne loi portant statut des magistrats de l’ordre judiciaire. En juin 1975, il obtient sa licence en droit privé. Admis à l’ex-Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature, il y sort en 1977 avec un brevet qui le fait intégrer le corps des magistrats. Aujourd’hui, il est le Président de la Cour Suprême après presque quarante ans de service. S’il y avait parmi tous les magistrats du Sénégal un seul, à la fois, plus jeune et capable de faire un travail de vieillard, le 9 avril 2017, il serait admis à faire valoir ses droits à pension de retraite. Mais la nécessité de service et le fait d’être irremplaçable l’obligeraient au maintien jusqu’au 9 avril 2020 pour une mission que vous auriez devinée.
En fin de compte, la jeunesse sénégalaise doit savoir ce qu’elle a fait pour mériter un tel traitement. Car on ne gagne que ce qu’on a œuvré. « … et qu’en vérité, l’homme n’obtient que (le fruit) de ses efforts…) (Sourate 53, verset 39) Et le changement, si elle le désire, est entre ses mains. Notre Seigneur, exalté soit-Il, ne dit-Il pas : « En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les (individus qui le composent) ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » (Sourate 13, verset 11)
Aujourd’hui nous savons pertinemment que le Sénégal n’est pas sur la voie de l’émergence. Car notre Président n’est préoccupé que par sa réélection en 2019. Que Dieu le fasse détrôner, cette fois-ci, par un vrai patriote. Malheur à quiconque croit que c’est Dieu qui donne la vie et pense qu’il n’est pas à mesure de la lui prendre. Malheur à quiconque admet que c’est Lui qui attribue la royauté, mais ne peut pas le lui arracher. « Dis : « Ô Allah, Maître de l’autorité absolue. Tu donnes l’autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l’autorité à qui Tu veux ; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. (Sourate 3, verset 26)

Assane Bocar NIANE
Parcelles Assainies, Dakar
assanebocarbaydi@yahoo.fr




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