OPINION : Le Sénégal en ruines : la république des courtiers et des courtisans

Les acteurs politiques sénégalais manquent cruellement de hauteur : ils se complaisent à grogner dans la marre aux cochons pour le seul salut de leur destin personnel. Comment peut-on accepter que notre république soit souillée à ce point ? Comment pouvons-nous confier notre destin à des saltimbanques qui n’ont rien d’autre à nous proposer que le dénigrement, l’injure et l’invective ?
Le discours politique sénégalais ne changera donc jamais : au lieu de débattre d’idées et de programmes, nous sommes tout le temps occupés à parler de deals et de protocoles. Et le pire dans tout cela est que ce sont des courtiers de la république qui paradent dans les stations de radiotélévision pour s’arroger le sinistre rôle de témoin ou d’arbitre d’une parodie politico-judiciaire indigne d’une démocratie. La décence républicaine (puisqu’on ne peut plus espérer le minimum de vertu morale de la part de ces personnes) devrait suffire pour empêcher une personne normale de s’amuser avec le destin des Sénégalais de la sorte. Pourquoi devrions-nous continuer à tolérer des personnages comme le colonel El Malick Cissé, Me Ousmane Seye, Nafissatou Cissé, etc. ?

La dignité endeuillée :

L’arrogance avec laquelle ces personnes se moquent de l’intelligence des Sénégalais est absolument insupportable. Car comment peut-on prétendre avoir participé à des complots contre la démocratie et la bonne gouvernance et venir à la télévision s’exhiber de façon si ostentatoire comme principal homme de l’ombre de combines si basses ? Une république normale ne saurait souffrir de courtiers : ce terme est antinomique à la notion même de république. Or l’enjeu de cette mascarade et de se faire passer pour des personnes incontournables ! C’est du trafic d’influence aux dépens de la république et de la démocratie, et c’est un crime abject. Ces personnes ont perdu toute qualité d’agir ou de parler au nom de la république : ce sera une œuvre de salubrité publique que de les dégager pour au moins arrêter la nausée politique qui s’est emparée des Sénégalais. Réduire le débat politique à des histoires de protocole n’est pas seulement puéril, c’est une grande machination qui cherche à occulter les crimes commis au quotidien par le régime de Macky Sall.

Pour moi le seul protocole qui existe entre ces gens est le protocole d’abrutissement de la conscience politique des Sénégalais : toutes ces affabulations et combines mesquines ne visent qu’à nous aveugler davantage. Ils cherchent à nous maintenir dans le statu quo : un peuple qui cherche un messie politique parmi des poètes de la roublardise. Il faut refuser de se laisser embrigader par ce discours immonde de tricheurs de profession qui s’accusent de crimes qu’ils ont tous commis ensemble. Il faut commencer par enterrer leur vocabulaire si nous voulons nous débarrasser de cette clique. Leur discours est un jeu de miroir, c’est-à-dire un effet de symétrie qui a pour objet de brouiller les repères : l’objectif est une crétinisation de la conscience politique du Sénégalais. Nous sommes là à parler de protocole au moment où les Ivoiriens parlent de la croissance à deux chiffres et que les Béninois évaluent l’impact politique de la cour constitutionnelle. Macky Sall et ses courtisans ont réussi la prouesse machiavélique de condamner tout un peuple à n’être que des consommateurs de ragot. Comment peut-on faire croire aux Sénégalais que Wade et Idrissa Seck ont fait un deal sans que celui qui était premier ministre à l’époque n’ait joué aucun rôle dans ce deal ? Qui avait convoqué la presse et la représentation diplomatique étrangère à une conférence de presse où il était question d’accuser Idrissa Seck des mêmes crimes ? Pourquoi Macky Sall n’a rien fait pour tirer cette affaire au clair depuis son accession au pouvoir ?

Karim et l’histoire du jet privé : la ruse du destin

Macky Sall n’a jamais été intéressé par la reddition des comptes : il a crée ce monstre institutionnel appelé CREI, sous le coup de l’émotion (marque indélébile de sa gouvernance) et a libéré Karim Wade dans des circonstances mystérieuses et indignes d’une république : ce n’était que de la politique-spectacle. Il a englouti des milliards dans cette aventure qui s’est révélée être juste un serpent de mer : c’est-à-dire un « sujet à sensation, faux ou invérifiable, utilisé régulièrement à défaut d’une matière plus sérieuse ». Par serpent de mer la mythologie faisait référence à animal marin gigantesque et fabuleux aux caractéristiques imprécises et qui détruisit, selon les légendes, de nombreux navires. Cette histoire de traque des biens mal acquis a été, pour nous Sénégalais, notre véritable serpent de mer. Pour ceux qui observent la scène politique sénégalaise, il y a sur ce point une véritable ruse du destin : tout a commencé par l’histoire d’un jet privé et tout a fini dans un jet privé. Ceux qui accusaient Karim d’avoir un jet privé personnel sont précisément ceux qui l’ont extirpé de la prison pour le mettre dans un jet privé !

Jury d’honneur ou jury à honnir ?

Quant à cette énième farce d’Idrissa Seck consistant à nous sortir comme par prestidigitation un Jury d’honneur, il faut remarquer que ça ne l’honore pas : le plus simple était prendre le saint Coran entre ses mains et de jurer qu’il n’a détourné aucun sous (ni fonds politiques, ni par surfacturation). Les versets du Coran ne peuvent pas être un gisement que l’on exploite pour simplement atteindre ses adversaires : il faut se les appliquer soi-même. Nos maigres ressources ne seront pas une fois de plus mobilisées pour alimenter la foire aux politiciens véreux. Nous avons trop investi pour entretenir les caprices de politiciens en mal d’inspiration. Ce grand cirque pourrait d’ailleurs se retourner contre les clowns qui en sont les acteurs : quand le peuple sera exaspéré par ce cynisme à ciel ouvert, la seule voie de salut qui s’offrira à lui sera la révolte.

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès




AFRIQUE-MONDE

logo article

Gambie : les forces ouest-africaines suspendent leur intervention militaire pour une dernière tentative de médiation

20/01/2017 par :

Le président de la commission de la Cédéao Marcel Alain de Souza a déclaré lors d’une conférence de (...)

logo article

Mali : Al-Mourabitoune dévoile l’auteur de l’attaque de Gao

19/01/2017 par :

ALAKHBAR (Nouakchott)- Abdel Hadi Al-Foulani de la Katiba Al-Mourabitoune relevant d’Al-Qaïda au (...)

logo article

AFRIQUE : La Gambie suspendue à l’investiture d’Adama Barrow

19/01/2017 par :

La Gambie est suspendue à la cérémonie d’investiture du président élu, Adama Barrow, prévue ce jeudi (...)

logo article

AFRIQUE : Des troupes sénégalaises "prêtes à intervenir" à la frontière gambienne

18/01/2017 par :

Des troupes sénégalaises sont positionnées à la frontière gambienne et se disent prêtes à intervenir (...)

logo article

Gambie : Yahya Jammeh décrète l’état d’urgence à deux jours de l’investiture d’Adama Barrow

17/01/2017 par :

À deux jours de l’investiture du nouveau président Adama Barrow, Yahya Jammeh a déclaré l’état (...)

logo article

À compter du 19 janvier, Yahya Jammeh ne sera plus reconnu par l’UA comme président légitime de la Gambie

13/01/2017 par :

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a indiqué vendredi qu’à partir du 19 janvier (...)

logo article

Côte d’Ivoire : après le mouvement d’humeur des militaires, des têtes tombent au sein des forces de défense

09/01/2017 par :

Trois jours après le mouvement de contestation au sein de l’armée, le chef d’état-major de l’armée, (...)

logo article

Côte d’Ivoire : Daniel Kablan Duncan a remis la démission de son gouvernement à Alassane Ouattara

09/01/2017 par :

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a présenté la démission de son gouvernement au président (...)

logo article

Côte d’Ivoire : mouvement d’humeur d’hommes en armes à Bouaké, Daloa et Korhogo

06/01/2017 par :

Des tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bouaké. Ce vendredi, des hommes en (...)

logo article

Bien mal acquis : le procès de Teodorín Obiang est reporté

04/01/2017 par :

Le procès du fils du président de Guinée équatoriale, soupçonné de s’être frauduleusement bâti un (...)

logo article

RD Congo : l’accord politique global et inclusif enfin adopté et signé à Kinshasa

01/01/2017 par :

Sous l’égide des évêques catholiques, les pourparlers directs entre les signataires de l’accord du (...)

DEPECHES

20 janvier 2017

DEPECHE : Le président de la commission de la Cédéao Marcel Alain de Souza a déclaré lors d’une conférence de presse à Dakar qu’une dernière tentative de médiation avec Yahya Jammeh allait être menée ce vendredi 20 janvier par le président guinéen Alpha Condé. Le président a jusqu’à demain midi pour accepter de quitter le pouvoir, sans quoi les militaires ouest-africains feront usage de la force, a précisé Marcel Alain de Souza. En attendant, l’intervention militaire ouest-africaine est suspendue.

19 janvier 2017

AFRIQUE : La cérémonie d’investiture du président gambien, élu à l’issue du scrutin présidentiel du 1er décembre, Adama Barrow, aura lieu jeudi 19 janvier, à 16h GMT, selon les déclarations du porte-parole du président élu recueillies par l’AFP.

9 janvier 2017

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro largement réélu président de l’Assemblée nationale

9 janvier 2017

Gambie : Yahya Jammeh limoge 12 ambassadeurs ayant réclamé son départ

1er janvier 2017

Turquie : au moins 35 morts dans "l’attaque terroriste" contre la discothèque d’Istanbul

DOSSIERS

KIOSQUE

BIENTÔT DISPONIBLE

+ POPULAIRES