OPINION : La Découverte de l’or noir au Sénégal si on arrêtait les suspicions ?

A chaque fois qu’on évoque le pétrole, les suspicions vont bon train. A justice titre ou non la découverte de l’or noir est souvent évoquée comme source de déstabilisation de la vie sociale, politique et économique. Certains parlent de cette ressource comme une malédiction .
Le Sénégal n’a pas fait exception à cette règle, la découverte du pétrole au large de ses côtes a soulevé de nombreuses appréhensions. La presse sénégalaise et même internationale a déversé beaucoup d’encre sur cette découverte.
L’ensemble des discours des journaux sénégalais liés à la découverte de cette substance est rythmé par des commentaires très inquiétants voir alarmants. Les journaux comme Direct Info, le journal Enquête et Le Soleil tout en saluant cette "bonne nouvelle" nous mettent en garde contre la malédiction de l’or noir.
Le Pr Philippe Chalmin, Economiste - Dr d’État ès lettres et sciences humaines de l’Université Paris Sorbonne est allé dans le même sens en déclarant dans son interview avec un journaliste sénégalais « Je suis heureux de savoir qu’il y a du pétrole offshore au Sénégal. Mais j’aurais préféré que vous n’en ayez pas (…). La tentation des matières premières est une tentation dramatique. Et je préférerais encore que vous n’en ayez pas. Je pense que vous devriez continuer à raisonner comme si vous n’en aviez pas »
Ainsi à chaque fois qu’un gisement est découvert dans un pays c’est des inquiétudes qui s’en suivent. Ces dernières peuvent paraitre légitimes parfois non fondées, le plus souvent c’est des mises en garde, des alertes, d’autre part c’est plus des suspicions voir des spéculations.
En ce qui concerne la découverte de l’or noir au Sénégal il faut savoir raison gardé.
En premier lieu, le Sénégal n’est pas encore un pays producteur, mais juste un pays qui présente comme certains pays africains un potentiel non négligeable qui pourrait le faire entrer dans le cercle des pays producteur.
En deuxième lieu, le pétrole peut être très bénéfique, car il ne faut surtout pas oublier que la gestion pétrolière peut bien diffère d’un pays à un autre.
Aujourd’hui plusieurs raisons nous poussent à rester optimistes et de démontrer ainsi que la découverte du pétrole au Sénégal peut être une chance pour le pays, elle peut être un point de départ de l’émergence économique si les autorités adoptent certains méthodes par exemple éviter le piège de l’endettement, le préfinancement pétrolier, le revers du boom pétrolier (limiter les dégâts environnementaux), les conflits liés à la réparation (en affectant les revenus pétroliers aux secteurs sociaux prioritaires et plus spécifiquement à l’éducation, à la santé en mettant place un fond spéciale pour gérer les revenues pétrolières et mettre à coté un autre fond qui sera uniquement dédié à la génération future comme l’a fait le Danemark).
Ainsi dans l’avenir si ces gisements pétroliers découverts se révélèrent être commercialement exploitables, l’Etat sénégalais pourrait en tirer des bénéfices non négligeables.
D’abord le pays pourrait réduire la facture énergétique qui est un véritable souci pour le gouvernement. En effet selon les sources la facture pétrolière du Sénégal tourne autour de 10% PIB.
Ensuite en entrant dans le cercle restreint des pays producteurs de l’or noir en Afrique, le pays pourrait améliorer l’accès à l’énergie à toute la population qui reste très inégalitaire. L’accès à l’électricité reste encore un problème au Sénégal selon une enquête menée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) , seuls 3 ménages sur 5 ont accès à l’électricité au Séné¬gal.
Pour finir on note que même si certaines de ces appréhensions se justifient, le mieux c’est de laisser aux autorités sénégalaises le temps d’adopter une politique pétrolière qui lui semble adéquate en se basant sur les échecs et les réussites de certains.
Pour l’instant on est encore loin de tous ces scénarios alarmants, le pays n’est qu’aux premières découvertes, même s’il présente toutes les potentialités il n’est pas encore producteur. Et si à l’avenir le Sénégal a la chance de rentrer dans le cercle restreint des pays producteur, il pourrait mener à bien ses ressources pétrolières, il peut y avoir une gestion responsable.
Le Sénégal membre d’ITIE (L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) ne doit pas avoir de difficulté, par rapport à ses engagements à rendre publique les sommes générées par l’exploitation pétrolière et à bien gérer cette ressource.
Il semble ainsi plus opportun d’installer un climat de confiance, d’espoir, c’est la gouvernance pétrolière adoptée par le pays qui déterminera le plus si la découverte sera ou pas une aubaine pour la population locale.
On peut rester optimiste sur l’engagement, le degré de maturité de nos dirigeants à faire taire tous les sceptiques. L’Etat sénégalais peut réussir là où les autres ont échoué car parfois les échecs des uns peuvent être des exemples de réussite pour les autres.

Kardiatou Ka Doctorante Droit Public (Droit pétrolier, droit minier)
Cotutelle Universités Bourgogne (Dijon) /Université Cheikh Anta Diop Dakar
kardiatouka@hotmail.com kardiatouka@gmail.com




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