Me El Hadj Diouf, Député à l’Assemblée Nationale et leader du PTP : « Les 15 points de la réforme sont bidons et ne veulent rien dire »

On l’aime ou on le l’aime pas. Mais Me El hadji Moustapha Diouf fait partie de cette catégorie de personnes qui disent tout haut ce qu’elles pensent. Son appartenance à la coaltion Benno Bokk Yakar et son amitié avec le Président de la République, Macky Sall, ne l’empêchent de faire des critiques acerbes contre les tenants du pouvoir actuel.
Au Président de la République, il dira que ses 15 points portant sur la réforme constitutionnelle sont "bidons" et "ne veulent rien dire". Au Président de l’Assemblée Nationale il déclare au cours de cet entretien accordé à Dakaractu, que "les gens pensent que Niasse est incapable de commettre des forfaitures". Or, regrette-t-il, ce dernier ne fait que violer la loi depuis qu’il est Président de l’Assemblée Nationale. Celui qui est qualifié de député du peuple et qui ambitionne de présider aux destinées de la République du Sénégal ne décolère toujours pas de " la forfaiture opérée par la majorité en empêchant à l’opposition d’avoir son groupe parlementaire. "Une injustice et un recul démocratique", dénonce Me El Hadji Diouf. Entretien...
Honorable député, vous avez demandé dernièrement la libération de Karim Wade. Une demande qui a été mal accueillie du fait que vous étiez l’avocat de l’État dans cette affaire.

Oui. Vous savez les gens ne comprennent pas grand-chose. L’Etat n’est point l’ennemi de Karim et vice versa. L’Etat a poursuivi Karim Wade et gagné son procès contre lui. Maintenant, il a été condamné après avoir introduit son pourvoi en cassation devant la Cour Suprême qui a confirmé la décision de la CREI. Le procès terminé, Karim Wade doit payer pour 200 et quelques milliards. Qu’est ce qui reste maintenant ? Je dirai qu’il ne reste que le côté « pardon », humain ou humanitaire. Parce que seul le Président de la République a le pouvoir de grâce. Le fait même de parler de grâce, est une confirmation de la culpabilité de Monsieur Wade. On ne peut pas gracier quelqu’un qui n’est pas condamné. Les gens qui n’ont rien compris ou qui sont de mauvaise foi disent que Karim Wade est défendu par Me el Hadj Diouf. Maintenant les centaines de sénégalais qui bénéficient de grâce, ils sont plus sénégalais que Karim Wade ? Autant des sénégalais bénéficient de cette mesure, autant Karim Wade doit pouvoir en bénéficier ! Cela ne veut dire nulle part que je plaide encore un dossier clos. Les gens malhonnêtes sautent sur l’occasion pour dire « oh on ne comprend pas El Hadj Diouf ». Mais est-ce que l’on vise la mort de Karim Wade en prison ? Dès lors qu’il est condamné et qu’il a purgé la moitié de sa peine, il peut bénéficier d’une mesure de grâce. La grâce maintient la culpabilité, les condamnations pécuniaires, il doit payer jusqu’au dernier centime. Elle vous permet de ne pas rester durant toute la durée de la peine en prison. Je suis un leader politique, je pense qu’il faut reconnaître à un homme politique si on reconnait sa culpabilité, et le condamne, qu’il a purgé la moitié de sa peine, on peut tout de même lui permettre de bénéficier dune grâce.

Justement il a dit qu’il ne va jamais demander la grâce.

Il peut ne pas la demander. Le Président gracie des centaines de sénégalais sans pour autant leur demander leur avis. On fait une étude et on se lève un jour pour dire voilà vous êtes gracié.

Karim Wade est donc obligé d’accepter cette grâce…

Si on le gracie ? Mais oui. C’est un pouvoir. Le Président dit celui qui s’appelle Karim, Modou et Ibra je leur permets de ne plus rester en prison. Mais celui-là il va sortir. Il ne peut plus rester en prison. Maintenant il y a le surpeuplement des prisons. L’année dernière on a libéré des centaines de prisonniers. On va désengorger les prisons. On a libéré 400 ou 300 personnes d’un seul coup pour désengorger les prisons. Je pense que Karim Wade comme tous les autres sénégalais doit bénéficier d’une mesure de grâce de son frère Macky Sall. Ils ont dirigé ensemble le pays, ils ont le même papa. Et c’est un sénégalais et il a un droit comme tous les sénégalais. Je n’ai jamais dit qu’il n’est pas coupable.

Est-ce à dire que vous considérez que la traque des biens mal acquis est ciblée ?

Je ne comprends pas votre question. Qu’est-ce que vous entendez comme ciblé ?

Des personnes poursuivies dans le cadre de la traque des biens mal acquis sont libres en ce moment sauf Karim Wade (il coupe)

Bon écoutez ! C’est moi qui ai annoncé cela. Je vais y revenir entre autres arguments pour le faire libérer. J’ai dit qu’il est le seul homme politique actuellement en prison pour la traque des biens mal acquis. C’est le seul. Et parce qu’il est seul et qu’il a purgé la moitié de sa peine, il doit payer jusqu’au dernier centime, on peut lui accorder le bénéfice de la grâce. J’ai dit ici même a l’assemblée que l’on ne doit pas se limiter à Karim Wade. Que la traque des biens mal acquis doit continuer, que l’on doit remonter jusqu’à l’époque Senghorienne. Que tous ceux qui ont eu des milliards de Senghor à Macky Sall s’expliquent devant la justice. On ne doit pas s’arrêter au cas Karim Wade. Cela risque de faire désordre. Les fonctionnaires milliardaires doivent s’expliquer.

Oui, mais vous pensez à qui ?

Je ne pense à personne, juste aux milliardaires qui pourraient être identifiés par une enquête exhaustive. On n’arrête pas les milliardaires, on les entend, les auditent puis plus rien. Ils n’ont qu’à s’expliquer. Le procureur spécial donne 30 jours à la personne pour justifier l’origine licite des biens et avoirs trouvés sur elle.

Mais de 1960 à maintenant cela fait plus de 50 ans. Est-il facile de …(il coupe)

C’est facile en ce sens que nous avons une gendarmerie. Si une personne est incapable de justifier l’origine licite de ses biens, elle tombe sous le coup de la loi pour enrichissement illicite si elle a occupé des fonctions publiques. Donc une personne qui se trouve à la tête d’un empire et qui a eu à financer l’Etat du Sénégal doit même être entendu par des enquêteurs sénégalais. Une fois qu’elle donne des arguments convaincants, mais on classe son dossier.

Vous en compagnie des députés du Pds et du Rewmi avez mis l’Assemblée Nationale en sens dessus dessous lors du passage du gouvernement dans le cadre de la rubrique « Questions d’actualités. Ne pensez-vous pas qu’il y a une meilleure méthode pour réclamer la démocratie dans cette auguste Assemblée ?

Est-ce que vous avez une idée pour nous proposer un autre comportement ?

Nous on pose les questions pour avoir des réponses.

Moi je suis déçu par certaines analyses hypocrites et méchantes pour ne pas dire nulles. Je voudrais avoir un peuple mûr, mature mais pas fourbe, manipulateur et malhonnête. Aujourd’hui on demande d’accepter une forfaiture. Mais non, la résistance à l’oppression est un droit universellement reconnu. Je n’appartiens pas à l’opposition, je suis de la majorité présidentielle. Je suis un député non inscrit. Le groupe de l’opposition d’Aïda Mbodj ne m’intéresse pas. Je n’ai aucune faveur dans ce groupe. Je ne peux être ni président ni vice-président, je ne veux même pas bénéficier de groupe. Je suis même plus proche de Macky Sall puisque je suis membre de la conférence des leaders de Benno Bokk Yakaar. Et mon parti siège au secrétariat exécutif de BBY. Mais ici, je ne suis pas là pour mon parti. Je suis là pour le peuple qui m’a élu. Je suis député du peuple. A l’assemblée je constate que l’on viole les droits de l’opposition. Et pour une démocratie, il faut une opposition forte, pour un débat franc et non pour de la fumisterie parlementaire. On choisit sa propre opposition à l’Assemblée. Qu’est-ce que cela veut dire ? Fada qui a été exclu du PDS remplacé par Aida Mbodj, on dit qu’il est propriétaire du groupe. Si aujourd’hui on dit que le Président de l’Assemble nationale est propriétaire de l’assemblée, cela n’est pas vrai. Il a été élu pour un an renouvelable. Le Président Modou Diagne Fada a été désigné par le PDS en 2012. Devant Oumar Sarr, Souleymane Ndéné Ndiaye et qui était plus gradé que lui dans le Gouvernement. Lui était ministre de la santé. Ousmane N’gom était ministre d’état, ministre de l’intérieur, Jules Ndéné Premier ministre. Il a été choisi par Abdoulaye Wade et personne n’a bronché. Entre temps il a eu des comportements qui ont valu son exclusion du PDS. Wade choisit Aida Mbodj, et Fada fait de la résistance comme s’il s’était auto-élu. Comme si ce n’était pas son parti qui l’a mis à la tête du groupe parlementaire et comme si il devait être élu pour toute la durée de la législature comme Président de groupe. C’est faux ! A la fin de chaque session on doit renouveler le bureau de l’assemblée, les commissions et les Présidents de groupe parlementaire. Alors lui il n’a que Fatou Thiam et Mamadou Cissé comme député au sien du PDS. Maintenant on parle d’Awa Diop et lui cela fait quatre. Et il a recruté Diop Sy et Khadim Thioune de Fakhass. Cela lui fait six députés il n’en a pas encore dix. Pour le PDS il faut dix pour avoir un groupe parlementaire. Et pour le même PDS Aida Mbodj a 16 députés. Rien que pour le PDS elle a 7 députés. Si Fada en avait plus on aurait pu dire que le PDS sa majorité est derrière Fada. Mais ce n’est pas le cas. En dehors des 7 du Pds Aida Mbodj a les 8 députés de Rewmi. Plus Mamadou Diop Decroix, plus Baldé et Diedhiou les centristes. Donc une vingtaine pour Aida Mbodj, elle a donc plus qu’un groupe parlementaire. Avec la dernière réforme de la loi organique seul le PDS a le droit d’avoir 10 députés, quiconque veut créer un groupe doit avoir 15 députés. Fada n’a même pas les 10 requis. Maintenant Moustapha Niasse viole la loi, l’article 14 du règlement intérieur dit ceci. « Les vice-présidents, les secrétaires et les questeurs sont élus au scrutin de liste, pour chaque fonction. Chaque groupe de l’Assemblée peut présenter une liste par fonction. Tous ces scrutins sont secrets et ont lieu à la représentation proportionnelle selon la méthode du quotient électoral, calculé sur la base du nombre des députés inscrits dans chaque groupe, avec répartition des restes selon le système de la plus forte moyenne. Les postes de vice-présidents et de questeurs sont attribués dans l’ordre fixé à l’article 13 ci-dessus, en donnant la priorité au groupe ayant obtenu le plus de voix » Cela veut dire quoi ? Que moi El Hadj Diouf ni aucun autre député ne peut se lever à l’Assemblée pour dire qu’il est candidat au poste de Premier, de deuxième vice-président etc. Il faut une liste déposée par un groupe parlementaire. Et on vous dit « à la représentation proportionnelle selon la méthode du quotient électoral, calculé sur la base du nombre des députés inscrits dans chaque groupe pour être vice-président ». C’est-à-dire vous avez tant de députés vous avez droit à deux vice-présidents. Ce sont ces listes que l’on dépose la plénière. Et on élit les vices présidents. Vous savez ce que Niasse a fait. C’est extrêmement grave. Il fait élire le bureau, sans installer les groupes parlementaires. La charrue bien avant les bœufs. Alors que ce sont les groupes qui doivent compétir pour occuper le bureau. Le Président de l’assemblée lui vient et cite des noms comme Vice-Présidents de l’Assemblée nationale. Il en fait de même pour les questeurs et les secrétaires élus. A la fin il indique avoir reçu deux listes pour les groupes parlementaires mais j’ai réclamé l’article 11 qui dit ceci. « Aucun débat ne peut avoir lieu avant l’installation du Bureau définitif, sauf s’il porte sur des questions de procédure relatives à l’élection en cours ». On était dans une élection en cours. Et dès qu’on a cru terminer, il dit maintenant il y a deux listes. J’ai dit non président, il faut d’abord valider les listes avant de passer à l’élection. Il faut savoir les listes, le nombre de députés qu’il y a sur ces listes et ensuite permettre à ces listes de compétir pour avoir deux ou trois vices présidents. Au lieu de faire cela, le Président avait violé la procédure, d’ailleurs il y avait une jurisprudence. Quand le Rewmi a voulu créer un groupe parlementaire il y a une dame qui a dit j’ai signé sans savoir, et immédiatement le groupe de Rewmi a été déclaré irrecevable en pleine plénière. Omar Sarr a déposé aussi bien en 2012 qu’en 2015. Et il a dit que le groupe va être dirigé par Aida Mbodj. Fada lui pense que le groupe lui appartient. Et que les gens doivent venir le voir s’ils doivent modifier ou changer. Comme s’il est élu pour cinq ans. Maintenant on nous demande d’accepter la forfaiture de Niasse. Les commissions ont les a bloqués, on nous a traité d’irresponsables. Mais cette installation obéit à des règles. Dans l’article 36 on dit « Après leur constitution, les commissions sont convoquées par le Président de l’Assemblée nationale pour élire, sous la présidence du plus âgé des membres présents de chaque commission ». L’article 35 dit avant « Une heure au moins avant l’heure prévue pour l’ouverture de la séance consacrée à la désignation des commissions » mais il n’y a jamais eu de séance plénière consacrée à la désignation des commissions. « Les présidents des groupes et les non-inscrits remettent, au Président de l’Assemblée nationale, les noms des candidats pressentis pour constituer les commissions permanentes. Les listes des candidats présentés sont ratifiées, en séance plénière (il insiste sur le mot). Par l’Assemblée et publiées par le Président. Le Président de l’Assemblée nationale ne peut faire partie des commissions » On vient maintenant en commission sans que l’on ne passe par la plénière et on donne des postes. Qui a ratifié cela. Par quelle plénière ? C’est pour cela que l’on s’était bagarré pour dire que cette commission ne peut pas fonctionner. Et eux disent que c’est une assemblée irresponsable. Nous, on va en commission pour réclamer le respect de la loi. Que l’on aille en plénière pour savoir qui est candidat pour les commissions ? Eux font un communiqué pour dire telle commission est dirigée par telle personne. Et c’est dans la presse que j’ai appris que c’est Samba Diouldé Thiam qui dirige la commission des lois à laquelle j’appartiens. Maintenant la plénière c’est Rfm, Zik Fm etc. Le président n’a jamais voulu aller en plénière parce qu’il savait qu’il n’y avait pas de bureau. Les bureaux sont élus par les groupes. Il y en a un qui n’a pas été retenu et on a voulu installer un groupe qui n’existe pas, qui n’a même pas le nombre requis. Celui de Fada. C’est du n’importe quoi.

On a l’impression que vous êtes plutôt opposé à la personne du Président de l’Assemblée Nationale ?

Est-ce que c’est votre avis ? Avec tout ce que j’ai montré comme article violé ? Ce sont deS gens de mauvaise foi…mais je n’ai rien contre Moustapha Niasse. C’est mon grand frère du Saloum, mais j’ai constaté quà l’assemblée il passe tout son temps à violer la loi. Et moi qui viole la loi, me trouvera sur son chemin. Je vous ai montré comment il viole la loi. Et moi je vais le respecter en tant que juriste. C’est ça mon problème ! On passe tout son temps ici à violer la loi et moi je suis un homme de droit, je ne peux pas laisser faire, mais on me considére même comme un opposant et Dieu sait que je suis avec Macky Sall. Mais de façon récurrente, permanente, on viole la loi et on me dit que j’ai un problème avec cette personne-là. Mais si cette personne respectait la loi, on serait en excellents termes. Comme c’est une figure du passé, le gens pensent que Niasse est incapable de commettre des forfaitures et moi je passe tout mon temps malheureusement à rectifier un vieillard.

Il vous a traité de sycophante zélé la dernière fois.

Oui, mais il passe son temps à m’insulter. C’est des insultes, des injures à l’image de l’autre là, dont je ne veux même pas citer le nom. Il n’est même pas député, il m’a insulté de mère. Mais ils passent tout leur temps à m’insulter mais cela ne me décourage pas. Pourtant je suis avec Moustapha Niasse dans Benno. Dans la conférence des leaders nous sommes tout le temps autour de Macky Sall. Mais ici à l’Assemblée je ne suis pour personne. Mais pour le peuple qui m’a élu. Je me suis battu, j’ai payé une caution de 20 millions, après avoir élu Macky Sall au deuxième tour, je me suis retiré pour les législatives, pour me peser. J’ai battu campagne et j’ai eu ce poste de député-là. Je ne vais me mettre derrière qui que ce soit...

Me El Hadj Diouf député du peuple éternellement (il coupe encore)

Non je ne veux pas rester député du peuple éternellement. Je veux devenir Chef de l’Etat de ce pays-là. Je ne veux pas rester député. Qui n’avance pas recule. Je suis Chef de parti, on ne crée pas un parti pour être seulement député. Je veux aux prochaines législatives devenir le parti majoritaire à l’assemblée. Avec des députés comme moi que je vais investir pour défendre le peuple. Et la prochaine étape ? c’est El Hadj Diouf à la tête de l’Etat.

L’actualité est dominée par cette histoire de sac et d’homosexualité.....

Je suis choqué par le comportement de mon ami, le ministre avocat Sidiki Kaba, qui est l’avocat des Goordjiguènes. Mais aussi le ministre des Goordjiguènes. Un ministre qui a choisi de défendre vaille que vaille l’homosexualité. En France il l’a déjà fait. A l’époque patron de la FIDH, les droits de l’hommiste là qui se prennent pour des toubabs. Nous ne sommes pas des toubabs, nous avons notre « Kultur » pour parler comme les allemands. On ne connait pas l’homosexualité. Elle est réprimée, condamnée, rejetée et inacceptable. Alors les droits de l’hommiste pensent que l’homme peut tout se permettre. Et lui en France se permet de dire que le Sénégal est un pays en retard qui aurait dû depuis longtemps légaliser l’homosexualité. Un tel ministre, patron de tous les procureurs ne va jamais encourager des poursuites contre des homosexuels. Et on les encense, les encourage. Dès qu’ils sont arrêtés, ils sont libérés. Les homos ont donc leurs vrais avocats avec le ministre. Il ne rate aucune occasion pour montrer cela à ses maîtres. « Et il dit qu’au Sénégal ce sont les actes contre nature qui sont punis ». J’ai dit homosexualité c’est l’acte contre nature par excellence. Quand deux hommes se mettent ensemble, d’eux femmes…c’est un acte contre nature. Quand il dit que ce n’est pas punissable au Sénégal c’est grave. Les gens qui n’ont rien compris se sont trompés et disent il faut que les députés votent une loi. C’est déjà fait depuis mathusalem. Depuis que le code pénal existe. Voter quoi ??? L’homosexualité est comprise dans les actes contre nature.

Votre avis sur les réformes entamées par le Chef de l’Etat dans le projet de constitution et la réduction de son mandat.

C’est 15 points bidon qui ne veulent rien dire. On nous dit « la reconnaissance d’un nouveau droit au citoyen »…ça existe déjà. « Le renforcement de la citoyenneté par la consécration du devoir du citoyen »… qu’est-ce que cela veut dire ça ? Mais ce n’est pas sérieux. « La représentation des sénégalais de l’extérieur a un député dédié », comment vous faites ça ? Vous laissez les partis politiques choisir parmi leurs militants à l’étranger ? Mais on ne va pas dire aux sénégalais du Zimbabwe, du Kenya, de choisir leur député. Ça, ce n’est pas possible. Ce sont les partis qui concourent à l’expression du suffrage universel. On ne peut pas les forcer aussi. Mais c’est du populisme. Mais plus grave. « L’élargissement du pouvoir de l’assemblée en matière de contrôle de l’action Gouvernementale… » Ça existe déjà. Qu’est ce qu’on va élargir ? On peut convoquer n’importe quel ministre. Même le premier ministre pour contrôler l’action gouvernementale, c’est le rôle de l’Assemblée. Son rôle constitutionnel. C’est la majorité de Benno qui refuse de contrôler le Gouvernement, on n’y peut rien. Il y a une complicité entre le Gouvernement et sa majorité, au lieu de voter une résolution pour condamner l’arrestation arbitraire d’Oumar Sarr qui est député, sa libération ? on vote une résolution pour soutenir Serigne Mbaye Thiam qui viole une décision définitive de la justice. Un arrêt de la Cour Suprême qui lui fait injonction de reprendre les maîtres et les élèves maîtres. Et c’est le Président qui le soutient…c’est l’exécutif ce n’est pas notre « thiébou dieune » (riz aux poissons) d’ailleurs. Mais des députés indépendants théoriquement et qui doivent contrôler le Gouvernement se permettent de défier la justice, d’entrer en rébellion contre l’arrêt de la Cour suprême revêtu de la chose jugée. Mais dans quel pays de droit sommes-nous ? Un état de droit doit se plier à la décision de sa justice. Quelques éléments : « la désignation par le président de l’Assemblée de deux des 7 membres du Conseil ». Mais quand on sait que le Président de l’Assemblée est choisi par le Chef de l’Etat, c’est lui qui a la majorité à l’Assemblée. Il choisit cinq membres du Conseil Constitutionnel et celui qu’il a choisi va choisir deux membres. « Kula Abal beutt foumu Nekhl guay khôl ». Les sénégalais votent mal parce que depuis Senghor les sénégalais votent mal pour choisir leurs députés. Ils donnent toujours au président une majorité écrasante. Avec un Président de l’Assemblée choisi par le Chef de l’Etat. Après avoir choisi, le Président aurait du laisser les corps judiciaires proposer un avocat, un huissier un notaire pour compléter les magistrats et les universitaires. Mais cela aurait donné plus de crédibilité et de confiance. C’est cela que l’on appelle une réforme consolidante pour parler comme l’autre ? Soit disant constitutionaliste qui ne comprend rien du tout et qui fait prendre des décisions graves et dangereuses au Président.

En tant que membre de la coalition est-ce que…. (Il coupe encore)

Il ne m’écoute pas. Et plus grave la restauration du quinquennat. Ecoutez le Président ne peut pas faire cinq ans. L’article 37 de la constitution c’est le serment du Président. « Le Président de la République est installé dans ses fonctions après avoir prêté serment devant le Conseil constitutionnel en séance publique. Le serment est prêté dans les termes suivants : Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de Président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine. » Fin de citation. C’est cela que le Président prête devant le conseil constitutionnel. Il doit respecter donc scrupuleusement les dispositions de la constitution et des lois. Donc il prête serment devant une constitution de 7 ans qu’il doit respecter. Maintenant si on doit modifier cette constitution entre temps, s’il revient pour prêter serment une deuxième fois ce sera devant une nouvelle constitution qu’il devra respecter. En 2000 Wade avait réduit le mandat de 7 à 5 ans mais quand il est venu en 2000 il a trouvé le 19 Mars une constitution de 7 ans. Il vient un an après, et il dit je change la constitution je vais faire 5 ans. Mais il ne s’est pas arrêté en 2005. En 2000, lorsqu’il prêtait serment, c’était devant une constitution de 7 ans, et il a changé de constitution 1 an après la prise du pouvoir, mais il ne pouvait pas s’arrêter en 2005 il est allé jusqu’en2007. Il a fait les 7 ans obligatoirement...

Sauf que Wade n’avait pas promis de réduire son mandat

La promesse ici n’est pas possible. Si je vous promets de faire de vous un prophète, alors que ce n’est pas possible, est-ce que je dois la tenir ? Macky Sall a fait une promesse intenable. Mais les gens ou ils sont nuls ou de mauvaise foi. Mais quand vous dites à une femme de 70 ans, qui ne peut avoir d’enfants qu’elle aura 5 gosses…soit le charlatan vous a escroqué, soit il s’amusait. Macky Sall n’est pas un juriste, il ne peut pas violer la constitution.

Il peut démissionner aussi

Non ça c’est faux, ceux qui le disent, n’ont pas compris. Mais je vais y revenir. Comme Wade est un grand juriste il a fait ses 7 ans. En 2007 il a prêté serment devant une nouvelle constitution adoptée en 2001 qui donne 5 ans au Président. Wade va faire 5 ans, en 2008 il change la constitution, il dit mes chantiers ne sont pas terminés il faut que je revienne aux 7 ans. En 2008 il adopte une nouvelle constitution de 7 ans. Macky Sall qui a la chance de trouver la modification qui donne 7 ans prête serment devant les 7 ans comme Wade en 2000. Mais s’il change la constitution le prochain président va faire 5 ans comme Wade pour son deuxième mandat. Comme Chirac l’a fait. C’est deux jurisprudences. Personne n’a le droit de revenir sur le mandat obtenu sur la base d’élection. C’est pourquoi vous parlez de démission, là on ne peut que démissionner. Est-ce que vous croyez que c’est juste qu’un homme choisi par tout un peuple se lève pour dire je démissionne ? C’est un manque de respect à ce peuple. Est-ce que vous allez prendre au sérieux un président élu pour 7 ans et qui démissionne pour demander un autre mandat. Si l’on veut démissionner, c’est parce que l’on ne peut plus continuer. C’est surréaliste cette question de la démission. Quel est ce peuple qui va reconduire sa confiance en direction de cet homme qui ne lui donne aucun respect ? Vous démissionnez, vous avez trahi votre serment et le peuple qui vous a élu pour 7 ans. C’est pour cela les « y en maristes » qui disent qu’ils vont descendre dans la rue s’il ne fait pas cinq ans, s’ils descendent dans la rue on les fout en prison. Un professeur d’Université dit qu’il veut un débat avec El Hadj Diouf, selon lui ce que j’ai dit ce sont des contrevérités. Mais moi ce que je dis c’est le droit. J’ai bien aimé les commentaires de sénégalais qui lui ont dit El Hadj Diouf « daflay thiop doussa morom ». El Hadj Diouf lui a des convictions fortes, vous vous êtes des opportunistes. La science est objective, même le droit peut l’être parce que ce sont des articles de droit. Ce n’est pas seulement de la spéculation. La science sociale obéit aux dogmes scientifiques, c’est-à-dire les articles de loi que je ne crée pas. Il faut retenir que c’est que je dis c’est cela la vérité. Macky Sall n’est pas au-dessus de la constitution, donc il ne peut pas faire ce qu’il veut par rapport à ce qu’il a dit.




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URGENT : Un avion qui transportait une équipe de football brésilienne s’est écrasé près de la ville colombienne de Medellin. La police colombiennes annonce 76 morts

29 novembre 2016

HAITI : Jovenel Moïse a été déclaré vainqueur de la présidentielle haïtienne dès le premier tour, selon les résultats préliminaires annoncés ce mardi 29 novembre par le Conseil électoral provisoire (CEP). Le nouveau président a appelé les Haïtiens à s’unir pour relever le pays.

11 novembre 2016

DEPECHE/USA : Des milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, ont à nouveau défilé dans la nuit de jeudi à vendredi dans les grandes villes américaines aux cris de « Pas mon président ! ». Des rassemblements parfois émaillés de violences comme à Portland. Trump accuse les média

7 novembre 2016

DEPECHE : Monsieur Macky SALL, Président de la République, et Sa Majesté Mohammed VI Roi du Maroc présideront la signature d’un Protocole d’accord pour la création d’un Centre de Formation dédié à l’Entreprenariat, ce mardi 08 novembre 2016 à 13 heures au Palais de la République. Après cette cérémonie, les deux Chefs d’Etat sont attendus à l’Hôpital Principal de Dakar pour procéder à la remise solennelle de médicaments offerts par la Fondation Mohammed V pour la Solidarité au Ministère de la Santé. Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc visitera, à cette occasion, le Pavillon Boufflers (Maladies infectieuses) ainsi que la Maternité de l’Hôpital. Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République souhaite la bienvenue et un agréable séjour au Sénégal à son illustre hôte.

29 octobre 2016

ACTUALITE : Monsieur Gorgui Ndong, Spécialiste en Gestion des Ressources humaines, précédemment membre du Collège du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT), est nommé Ministre délégué auprès du Ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, chargé de la Restructuration et de la Requalification des banlieues, en remplacement de Madame Fatou Tambédou.

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