MONDE- Economie : pourquoi la Chine achète l’Europe ?

Le président chinois Xi Jinping entame ce mardi 20 octobre 2015 une visite d’Etat au Royaume-Uni. La signature de plusieurs accords économiques est attendue, notamment dans les secteurs pétroliers et nucléaires. L’occasion de faire le point sur les investissements chinois en Europe, et plus particulièrement en Grande-Bretagne.

Si les Chinois viennent aujourd’hui en Europe, c’est parce qu’ils ont de l’argent à investir. La Chine exporte des capitaux depuis une dizaine d’années, mais depuis trois, quatre ans, ce phénomène s’est fortement accéléré. On estime à environ 100 milliards d’euros le flux annuel d’investissements chinois à l’étranger, dont un quart viendrait en Europe, la principale destination. Qui investit ? Aussi bien les fonds souverains que les groupes d’Etat ou les entreprises privées. Les secteurs visés sont, notamment, l’industrie, les services et les infrastructures.

La sécurité et l’euro attirent les Chinois en Europe

La sécurité est le premier argument invoqué lorsqu’on demande aux Chinois pourquoi l’Europe les attire. « L’environnement légal européen est stable. Venir en Europe rassure, même si ça n’est pas forcément facile. Et puis, un élément très important dans le raisonnement chinois, c’est la monnaie unique. La Chine est très dépendante dans ses réserves en devises vis-à-vis du dollar. L’euro lui permet de diversifier ses devises », souligne Jean-François Di Meglio, président de l’institut de recherche Asia Centre.

Dans les palmarès des pays européens les plus attractifs aux yeux des investisseurs chinois, le Royaume-Uni occupe la première place. « Cela a commencé très tôt en Angleterre, rappelle Jean-François Di Meglio, en particulier avec des infrastructures de distribution d’eau, Thames Water. » Vient ensuite le Portugal, avec le secteur financier, où le groupe Fosun a acheté des compagnies d’assurance. En troisième position, l’Allemagne est le théâtre d’investissements industriels importants, surtout dans l’industrie de pointe très spécifique, mais aussi dans des industries très significatives.

Et la France dans tout cela ? « Elle vient probablement en quatrième position, avec des investissements comme le co-investissement qui a été fait avec GDF-Suez, Engie aujourd’hui. Il y a aussi le Club Med et des investissements dans le secteur hôtelier avec le groupe Louvre Hotels. On a eu des petits investissements dans la mécanique, comme Moteurs Baudouin [fabricant des moteurs diesel marins et des solutions de propulsion complètes, rachetées en 2009 par le groupe chinois Weichai, NDLR]. Et puis, le gros investissement d’un milliard d’euros dans le groupe automobile PSA Peugeot Citroën par le groupe chinois Dongfeng. La France existe sur cette carte, mais elle est très sectorisée », conclut le président de l’institut de recherche Asia Centre.

Le charme discret de la City de Londres séduit

C’est donc la Grande-Bretagne qui gagne. Quel est son secret ? Sa réputation libérale et sa place financière de premier plan font la différence. Pékin veut accélérer la convertibilité de sa monnaie nationale, le yuan, appelé également le renminbi (RMB). Et sur ce domaine, la City a une longueur d’avance sur d’autres places financières d’envergure, comme Frankfort, Paris ou même Wall Street.

Comme le rappelle Philippe Le Corre, chercheur à la Brookings Institution à Washington, auteur de L’offensive chinoise en Europe, paru chez Fayard, « au cours des cinq dernières années, la Grande-Bretagne a donné son autorisation d’ouverture à un certain nombre de banques chinoises comme la Banque de construction, la Banque industrielle et commerciale, la Banque de Chine, mais également à des fonds. Ces banques ont ouvert des succursales, c’est-à-dire qu’elles ont droit de traiter des devises et de se servir de Londres comme d’une plateforme financière. Ce qui permet à la monnaie chinoise d’être convertie en livre sterling, en euro et même en dollar. Tout le monde reproche à la monnaie chinoise d’être sous-évaluée. Le fait qu’on puisse faire des transactions en renminbi à Londres, c’est un premier pas vers son internationalisation, même si les montants restent pour le moment assez modestes. »

La Grande-Bretagne a besoin de l’argent et de la technologie chinois

Le gouvernement Cameron fait les yeux doux à la Chine et espère une moisson de contrats. L’énergie nucléaire, le train à grande vitesse, des prises de participations dans les structures portuaires et aéroportuaires : les investissements affluent. L’exemple de la centrale de Hinkley Point C - qui est en fait un partenariat à trois avec EDF et deux groupes chinois, China General Nuclear Power Corporation (CGN) et China National Nuclear Corporation (CNNC) -, montre que « la Grande-Bretagne a besoin, non seulement de l’argent, mais aussi de la technologie chinoise, alors que l’Angleterre autrefois a été capable de construire ses propres centrales nucléaires dérivées du modèle américain », rappelle Jean-François Di Meglio. Du coup, la Chine apparaît maintenant, en conjonction avec la France, comme un pays innovant.

Mais cette entente plus que cordiale n’est pas sans inquiéter les alliés du Royaume-Uni. « Si vous avez une alliance entre la Grande-Bretagne et la Chine qui donne une grande influence à la Chine sur l’économie britannique, forcément ça pose des problèmes à l’Alliance atlantique et à l’Union européenne », estime Philippe Le Corre. Il déplore que l’Europe n’ait pas trouvé une démarche économique collective par rapport à la Chine. Même si les Britanniques font un peu « bande à part ». « Les Etats-Unis sont aussi inquiets de voir leur allié principal, la Grande-Bretagne, s’allier à la Chine de cette façon, alors qu’il y a énormément d’accords stratégiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis », conclut-il.

L’expansion à l’international, priorité de la Chine

Est-ce que le ralentissement de la Chine pourrait mettre un frein aux investissements chinois en Europe ? Probablement pas. L’expansion à l’international reste l’une des priorités de la Chine. Pékin dispose de quelque 3 500 milliards de dollars de réserves de change. Une partie de cet argent doit aller à l’étranger pour aider la Chine à opérer le changement de son modèle économique.RFI




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