« Avec Aïda Mbodj, on peut espérer une opposition de combat à l’Assemblée »

« Modou Diagne Fada aurait du être le dernier à porter un coup de Jarnac contre Me Wade qui lui tout donné. Le combat pour une Assemblée nationale républicaine et respectueuse des lois qu elle-même vote, n est pas une lutte exclusivement portée par le Pds. C est une affaire de tous ceux qui s opposent aux politiques rétrogrades, liberticides, désastreuses et antinationales en cours au Sénégal. Macky Sall et Moustapha Niasse seront les seuls responsables de ce qui pourrait advenir de cette situation car l opposition ne cédera aucune once de ses droits ». Voilà en substance les vérités crues de Babacar Gaye qui n’a pas porté de gans dans cette interview exclusive accordée à Seneweb.com. Entretien.

Seneweb.com : Comment analysez-vous la situation dans laquelle le Parti démocratique sénégalais est plongé depuis maintenant plusieurs semaines ?
Babacar Gaye : La situation que traverse le Pds ne surprend aucun observateur de la scène politique. Car, c est l aboutissement d un long processus qui s est installé depuis la défaite du 25 mars 2012. Et même au-delà. En effet, tous ceux qui sentaient la fin se profiler à l horizon s étaient préparés à rompre les amarres. Les uns, plus courageux, ont amorcé la rupture en toute responsabilité en traçant leur voie dans la transparence. Les autres, de manière sournoise et insidieuse, restent dans le parti comme ils le déclarent à tout bout de champ et tentent de le noyauter avec le soutien de nos adversaires. C est le cas de ces frondeurs qui prennent comme prétexte la nécessité de réformer et de renouveler le parti. Macky Sall, principal bénéficiaire de cette offensive des insurgés, qu il entretient personnellement et indirectement à travers les institutions de la République, guette le bon moment pour se découvrir et dérouler son plan diabolique de démantèlement de l opposition. Pour cela, il a introduit un Cheval de Troie au sein du Pds, de Rewmi et du Ps dans le but de créer une instabilité factice dans ces partis qui ont de sérieux candidats pour 2017. Naturellement, le Pds qui a très tôt décelé le complot, s organise pour faire face et extirper de ses rangs tous ceux qui œuvrent à l encontre d une opposition crédible et forte pour le départ de Macky Sall.

Comment qualifierez-vous l’attitude de Modou Diagne Fada ?
Il n est pas de mes habitudes de qualifier les attitudes des autres et les débat de personnes ne sont pas ma tasse de thé. Mais, je ne suis pas surpris de son attitude pour avoir averti le parti depuis plus de 2 ans. En effet, plusieurs sources ont attiré notre attention sur les relations que le pouvoir entretenait avec “les bastions démocratiques du Pds”. C est l appellation que les responsables de l’Apr donnent à ceux qui ont accepté de collaborer pour casser le Pds. Les confidences de Mahmoud Saleh, de Cissé Lo et de certains responsables du département de Kébémer avaient fini de nous convaincre que nous n étions pas à l abri d une trahison. Modou Diagne Fada aurait du être le dernier à porter un coup de Jarnac contre Me Wade qui lui tout donné. Je comprends mieux pourquoi ceux qui ont déposé les armes chez l adversaire parlent aujourd hui suicide collectif. Franchement, la politique à son côté abject et le Parti socialiste était plus subtil dans sa manière de faire pour neutraliser son opposition.
Aïda Mbodji est-elle le meilleur choix pour diriger votre groupe parlementaire ?
Peu importe celle ou celui qui est choisi. L essentiel pour moi est de respecter les décisions du parti et de faire bloc face au régime. Mme Aida Mbodji est élue sur la même liste nationale que Modou Diagne Fada. Elle a été présidente de Commission, vice présidente de l Assemblée nationale et ministre plusieurs fois. Elle a largement les compétences pour diriger un groupe parlementaire. Qui plus est, elle a la légitimité politique pour prétendre à la fonction. Si le Secrétaire général national du Pds porte son choix sur elle, c est pour réaffirmer son attachement à la parité et récompenser une femme de défis. Je rappelle que depuis 1978, le choix du Président du Groupe est laissé à l appréciation de Me Wade. Le Président sortant à été désigné dans les mêmes conditions alors qu il n était pas le mieux élu du groupe. Cependant son leadership n’a pas été a la hauteur des militants qui se plaignaient du manque de combativité du groupe parlementaire alors que le pouvoir montre tous les signes de son essoufflement. L opposition ne parvenait pas à s organiser pour apporter la réplique qu il fallait. Au contraire, on a constaté une passivité sans précédent du groupe parlementaire des Libéraux et des Démocrates au moment où la démocratie est agressée, les libertés bâillonnées, l’État de droit en nette régression. Avec Aida Mbodji comme Président de groupe et l apport des autres forces démocratiques, on peut espérer avoir une opposition de combat à l assemblée nationale.

Comment le Pds pourrait se relever de cette crise que vous imputez au Président Macky Sall ?
Macky Sall et son régime sont au cœur de ce complot car ils en sont les seuls bénéficiaires. Les frondeurs n ont ni les moyens humains, ni les moyens institutionnels et financiers pour oser s attaquer à Me Wade et au Pds. Or, qui paye commande. En tant que clé de voûte des institutions et garant de leur bon fonctionnement, le Président de la République aurait dû empêcher ces forfaitures à l Assemblée nationale s il n y trouvait pas un compte politique. Cela ne le grandit pas et jure d avec son discours sur la République, la bonne gouvernance démocratique et l éthique politique. Mais comme un sphinx, le PDS se relèvera de cette énième tentative de sabordage. Senghor, Diouf, Collin et Tanor s y sont essayés sans succès. Ce n est pas Macky et ses bras armés encagoulés qui vont ébranler notre grand parti. D ailleurs à quelque chose malheur est bon, le Pds se trouve ragaillardi et retrouve l opposition démocratique dans une vaste dynamique de rassemblement pour faire face à cette tyrannie rampante et créer les conditions du départ de Macky Sall.
Le Pds ira-t-il jusqu’au bout dans sa menace de bloquer l’Assemblée nationale ?
Absolument. Le combat pour une Assemblée nationale républicaine et respectueuse des lois qu elle-même vote, n est pas une lutte exclusivement portée par le Pds. C est une affaire de tous ceux qui s opposent aux politiques rétrogrades, liberticides, désastreuses et antinationales en cours au Sénégal. L Assemblée nationale ne doit pas servir de moyen pour démanteler l opposition et régler des comptes personnels. La journée quasi insurrectionnelle du 23 juin ne devrait pas être vaine. Et ceux qui se sont soulevés ce jour là n ont pas le droit de fermer les yeux sur les dérives de Macky Sall comme s ils ne se battaient pas pour des principes. Face à l absence suffisante de la mobilisation des citoyens contre les manipulations de la deuxième institution, les députés de l opposition sont obligés d assumer leurs responsabilités en usant de tous les moyens pour se faire entendre afin que la légalité soit rétablie. Macky Sall et Moustapha Niasse seront les seuls responsables de ce qui pourrait advenir de cette situation car l opposition ne cédera aucune once de ses droits.

Auteur : Propos recueillis par Abdou Diawara - Seneweb.com




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