Deux Présidents sortants sont tombés en compagnie de Djibo Ka : Le troisième sera Macky Sall

Djibo Ka, ce superman de la transhumance a finalement retrouvé sa vieille habitude : toujours suivre le courant des eaux lugubres de la politique conjoncturelle qui fait de l’intérêt égoïste le seul repère. Comme une garniture politique des différents régimes qui se sont succédé, l’homme symbolise l’inconstance décomplexée en incarnant la figure de l’homme politique qui « vit de la politique ». La vérité est que Djibo n’est pas du genre à s’opposer : cet homme n’est pas fait pour affronter les aléas de l’opposition avec son lot de privations et de risques. La question est dès lors de savoir si on peut logiquement lui en tenir rigueur ?

Au-delà de l’argument canonique de la liberté de chacun de choisir son camp, il y a le fait que les Sénégalais ne connaissent l’homme que sous une seule et même condition (sa seule constance !) : un politicien. A part être ministre ou un cadre de l’administration l’homme ne s’est jamais vraiment illustré dans une profession. Quand on n’est ce qu’on est que par la politique et, plus particulièrement, par les largesses du pouvoir, il est normal que l’ADN des ses chromosomes politiques soit strictement fait d’opportunisme et de reniement. Mais, les Sénégalais ne devraient pas en vouloir à Djibo Ka, car c’est le receleur qui fructifie et sécurise les gains du voleur. Djibo aurait beau vouloir transhumer, il se morfondrait dans l’attente infinie d’un strapontin si celui qui nomme ne lui facilitait pas la tâche. Or c’est Macky Sall qui est devenu le chantre, l’intendant général et le légitimiste en chef de la gestion de la transhumance.

Les symboles sont d’une inconcevable efficacité sur les représentations des peuples : en enrégimentant des gens comme Djibo, Ka, Ousmane Ngom, Awa Ndiaye, Innocence Ndiaye et les autres politiciens insignifiants, Macky Sall défie le bon sens politique des ses concitoyens. Qu’un employeur aussi estimable et digne de déférence que le peuple vous commande de combattre la transhumance et qu’au lieu de la combattre vous en deveniez l’avocat et l’apôtre attitré : c’est de la défiance arrogante ! En pratiquant la transhumance de façon aussi industrielle Macky Sall défie les Sénégalais en bafouant leur volonté. Car celui dont l’action consiste à absoudre les ennemis du peuple ne peut plus incarner le rôle de serviteur ou d’employer de ce même peuple.

Ces transhumants qui symbolisent le dégoût que le Sénégalais a de la politique sont invités au banquet du gâteau de la république des strapontins. Le contrat de confiance ne peut pas être rompu de façon si brutale et unilatérale par l’employer sans que l’employeur ne sévisse : laisser Macky continuer son œuvre de sanctification de la transhumance c’est la meilleure façon de condamner à mort les valeurs cardinales de notre peuple que sont le Ngor et le Jom. Un peuple dont les dirigeants foulent aux pieds les valeurs de dignité, de fidélité, de constance et de loyauté est un peuple poussé dans les précipices de la décadence par ses propres leaders. Ne pas dénoncer et combattre cela est, pour tout citoyen, un acte d’une extrême lâcheté.

Au Sénégal la pauvreté et le sous-développement ont un avenir, car les questions essentielles sont toujours noyées par des débats puérils entretenus par des élites pour davantage abrutir le peuple. On ne peut qu’être révolté et dégouté par les « préciosités pédantesques » d’un membre de la société civile à propos de la double nationalité. Ce Monsieur qui semble jouer le rôle de paravent politique du régime fait pourtant le mort face au péril arrogant de la transhumance ; il ne condamne jamais les interdictions de manifestation politique de l’opposition et ne trouve rien à dire sur le scandale de la route Kaolack-Fatick. En prenant les grands airs d’un rigoriste moral qui incarne le rôle éminent de gardien du temple de la bonne gouvernance, on fait passer de bas instincts pour une préoccupation populaire. Le Sénégal est libre de criminaliser la double nationalité, mais que cela soit le cheval de bataille de gens qui vivent des rentes du « non-gouvernementalisme » essentiellement fiancé par les pays occidentaux c’est assurément une fierté très mal placée si ce n’est de la mauvaise foi.

Comment un pays qui finance à coup de milliards le symbole de la mal gouvernance et de notre inféodation absolue à la France qu’est le centre international de conférence Adou Diouf pour abriter la FRANCOPHONIE peut-il légitiment criminaliser la double nationalité ? Ce Monsieur qui n’a jamais inscrit dans son agenda de requête populaire la nécessité de débaptiser certaines avenues et certains symboles de la république pour leur faire porter des noms qui symbolisent notre passé glorieux et notre avenir confiant a décidément une morale borgne. Parmi tous les procédés sophistiques, la rhétorique morale est la pire, car elle se fonde sur le brouillage des valeurs morales pour leur facile conversion. C’est ainsi qu’on a réussi à déplacer l’attention des Sénégalais pour leur faire oublier les scandales qui ont présentement cours à l’Assemblée nationale et un peu partout dans le pays.

Pour en revenir au péril de la transhumance, il est à remarquer que jamais les poids lourds de la politique ne transhument ! Il y a des plantes parasites qui ne vivent qu’aux dépens des grands arbres : elles sont morphologiquement insignifiantes mais leur capacité de nuisance est telle qu’elles peuvent étouffer la plante hôte et la tuer. Le comble de cette perfide ruse de la nature est que ces plantes parasites survivent à leur hôte pendant longtemps, tellement elles ont squatté la vie de celle-ci. La vie de transhumant est un texte apocryphe sous forme de palimpseste : la superposition et la duplication des lettres rendent la lecture aléatoire, jamais précise. Lorsqu’ils font le procès du régime c’est en réalité un signal codé pour être invité à la gestion immodérée et dépravée du pouvoir. Que reste-t-il de la promesse de rupture ? Qu’est ce que ces parasites politiques ont de plus que les membres de BENNO ? Macky Sall n’a pas la réponse à ces questions ; c’est à se demander s’il est même en mesure de les entendre, car le pouvoir corrompt la clairvoyance. Mais quand le glaive du mécontentement populaire s’abattra sur son régime et que la face hideuse de sa gouvernance sera enfin révélée au grand jour, il n’y aura plus de sécurité pour les parasites et ils chercheront d’autres cibles.

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès




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