Darfour : un rapport d’Amnesty dénonce l’utilisation d’armes chimiques contre des civils

Dans un rapport rendu public jeudi, Amnesty International accuse le gouvernement soudanais d’avoir utilisé des armes chimiques présumées contre la population de la région du Jebel Marra au Darfour au cours des huit derniers mois. "Le rapport d’Amnesty est incorrect", s’est contenté de répondre le régime.

L’ONG estime qu’entre 200 et 250 personnes, des enfants pour la plupart, pourraient avoir succombé après avoir été exposées à des substances chimiques, au cours d’au moins 30 attaques depuis janvier 2016. A cette époque, les forces gouvernementales soudanaises ont lancé une vaste campagne militaire dans le Jebel Marra, une région du Darfour, pour reprendre le contrôle de certaines positions tenues par l’Armée de Libération du Soudan, et mettre fin à la rébellion dans cette zone.

Le président soudanais Omar el-Béchir a pourtant annoncé au début du mois le retour de la paix au Darfour, malgré l’impasse quant au cessez-le-feu voulu par un accord de paix signé en juillet 2011 à Doha entre le régime soudanais et une alliance de mouvements rebelles. Un accord qui visait à mettre fin au conflit opposant depuis 2003 les forces de M. Béchir à des insurgés appartenant à des minorités ethniques, qui a fait 300 000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés.

« Fumée empoisonnée »

Étant donné la situation sécuritaire sur place, les chercheurs d’Amnesty ont travaillé à distance, à partir d’interviews téléphoniques, de photographies et d’images satellites. Plusieurs témoignages attestent de l’utilisation d’une « fumée empoisonnée » durant des bombardements dans le Jebel Marra, causant immédiatement après des effets néfastes sur la peau, le système respiratoire et digestif. Une jeune femme de vingt ans citée dans le rapport raconte :

« Ma peau n’est pas normale. J’ai toujours des maux de tête, même après avoir pris des médicaments. Le bébé ne se remet pas, il a la peau enflée, il a des cloques et des lésions. Ils ont dit que son état s’arrangerait mais ça ne marche pas. »

Les photographies, elles, sont terrifiantes. On y voit des femmes et des enfants à la peau lésée, brûlés, aux membres atrophiés.

« On peut difficilement exagérer la cruauté des effets de ces substances chimiques lorsqu’elles entrent en contact avec la peau, explique Tirana Hassan, directrice du Programme de recherche sur les crises à Amnesty International. Les armes chimiques sont interdites depuis des décennies, car il est établi que le degré de souffrance qu’elles causent est injustifiable, quelles que soient les circonstances. »

Impossible cependant de déterminer la nature exacte de ces agents chimiques. Pour cela, il faudrait avoir la possibilité de conduire des tests sur place. Mais selon des experts interrogés par Amnesty sur les effets de ces substances, il pourrait s’agir de gaz moutarde, ou de composants de l’arsenic.

À LIRE AUSSI :Soudan : des dizaines de milliers de civils dans une situation désespérée, selon l’ONU
Attaques contre les civils

Le rapport accuse d’autre part directement les forces gouvernementales soudanaises d’avoir sciemment attaqué et bombardé ces civils, au mépris de toutes les lois internationales. Des faits qui s’apparentent, pour Amnesty, à des crimes de guerre. Selon les chercheurs, les forces loyales au président Omar El-Béchir auraient ainsi détruit des villages entiers et tué au moins 367 civils depuis le début de l’année.

L’ONG exhorte donc le Conseil de Sécurité des Nations unies à ouvrir une enquête pour vérifier ces allégations. Le président soudanais, Omar el-Béchir, est quant à lui sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

Le régime de Khartoum a néanmoins répliqué à la publication de ce rapport. Une réponse minimaliste : « le rapport d’Amnesty est incorrect », a simplement commenté Ahmed Khalifa al-Shami, le porte-parole de l’armée soudanaise. Selon lui, « la situation sur le terrain ne nécessite pas de bombardements intensifs dans la mesure où il n’y a plus de réelle présence des rebelles ». Ce qui explique, toujours selon Ahmed Khalifa al-Shami, que l’état-major aurait donné pour consigne de ne pas viser les rebelles quand ils se trouvent dans les villages, parmi les civils, a-t-il complété. JEUNE AFRIQUE




AFRIQUE-MONDE

logo article

À compter du 19 janvier, Yahya Jammeh ne sera plus reconnu par l’UA comme président légitime de la Gambie

13/01/2017 par :

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a indiqué vendredi qu’à partir du 19 janvier (...)

logo article

Côte d’Ivoire : après le mouvement d’humeur des militaires, des têtes tombent au sein des forces de défense

09/01/2017 par :

Trois jours après le mouvement de contestation au sein de l’armée, le chef d’état-major de l’armée, (...)

logo article

Côte d’Ivoire : Daniel Kablan Duncan a remis la démission de son gouvernement à Alassane Ouattara

09/01/2017 par :

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a présenté la démission de son gouvernement au président (...)

logo article

Côte d’Ivoire : mouvement d’humeur d’hommes en armes à Bouaké, Daloa et Korhogo

06/01/2017 par :

Des tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bouaké. Ce vendredi, des hommes en (...)

logo article

Bien mal acquis : le procès de Teodorín Obiang est reporté

04/01/2017 par :

Le procès du fils du président de Guinée équatoriale, soupçonné de s’être frauduleusement bâti un (...)

logo article

RD Congo : l’accord politique global et inclusif enfin adopté et signé à Kinshasa

01/01/2017 par :

Sous l’égide des évêques catholiques, les pourparlers directs entre les signataires de l’accord du (...)

logo article

OPINION : L’AFFAIRE DJIBRILL BASSOLE, UN CAS D’ACHARNEMENT JUDICIAIRE

01/01/2017 par :

Il est devenu difficile pour tout esprit bien pensant de rester insensible au traitement (...)

logo article

Cemac : les chefs d’État ouvrent la porte à des prêts du FMI mais écartent une dévaluation

23/12/2016 par :

Pris dans une croissance atone, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire des États (...)

logo article

Yves Aubin de La Messuzière : « Le malheur arabe se nourrit de conflits qui n’en finissent pas »

18/12/2016 par :

Observateur avisé du Maghreb et du Moyen-Orient depuis quarante ans, l’ex-ambassadeur français (...)

logo article

Du Nigeria à l’Espagne en passant par le Maroc, un projet de gazoduc offshore pharaonique

18/12/2016 par :

Rabat et Abuja vont construire un gazoduc géant qui longera toute la côte ouest-africaine. Un (...)

logo article

Présidentielle au Ghana : Nana Akufo-Addo proclamé vainqueur face au sortant John Mahama

09/12/2016 par :

Le chef de l’opposition ghanéenne Nana Akufo-Addo a remporté l’élection présidentielle avec plus de (...)

DEPECHES

9 janvier 2017

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro largement réélu président de l’Assemblée nationale

9 janvier 2017

Gambie : Yahya Jammeh limoge 12 ambassadeurs ayant réclamé son départ

1er janvier 2017

Turquie : au moins 35 morts dans "l’attaque terroriste" contre la discothèque d’Istanbul

20 décembre 2016

TURQUIE : Le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, au nom du gouvernement du Sénégal, condamne avec force le lâche assassinat de l’ambassadeur de la Russie à Ankara, Monsieur Andreï Karlov, ce lundi 19 décembre 2016. Il s’agit là d’un acte terroriste. Le gouvernement du Sénégal présente ses condoléances et sa sympathie au gouvernement russe et réaffirme son engagement à renforcer la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent sous toutes leurs formes et manifestations.

9 décembre 2016

Ghana : le président Mahama reconnaît sa défaite auprès du chef de l’opposition Akufo-Addo

DOSSIERS

KIOSQUE

BIENTÔT DISPONIBLE

+ POPULAIRES