DIFFICULTES STRUCTURELLES ET DEFICIT DE TRESORERIE : Quand Senelec se cache derrière « ses dettes sociales »

La Senelec est dans tous ses états. Elle accuse ses abonnés mauvais payeurs d’être la source de tous ses maux et leur coupe le jus, quelle que soit la condition sociale. Senelec est même allée jusqu’à menacer des structures hospitalières. Mais les dettes sociales peuvent-elles réellement faire couler la boîte ? Que cache cette nouvelle politique de recouvrement « sauvage » et d’agression médiatique ? La société d’électricité ne peut-elle plus faire face à ses charges de production ? Senelec n’est-elle pas rattrapée par ses difficultés conjoncturelles et structurelles ?

La société nationale de production et de distribution de l’électricité est dans une « bien » mauvaise passe. Senelec a en effet entrepris une vaste campagne de recouvrement de ses créances sur fond de communication agressive. Cette nouvelle orientation, selon les autorités de la boîte et les syndicalistes qui voguent sur les mêmes vagues que la tutelle, vise à faire face au déficit de trésorerie afin de pouvoir continuer à assurer correctement la distribution du courant.
Le Secrétaire général adjoint du Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec), Habib Aïdara, a dit dans les médias ces jours derniers « qu’un retour des délestages n’est pas exclu car, Senelec n’a qu’une seule source de revenus, en l’occurrence la vente de l’énergie. Maintenant, si elle produit et qu’elle n’est pas payée, elle n’arrivera pas à payer le fuel. Dans ce cas, les machines ne marcheront pas et les délestages reviendront de plus belle ». Mais la réalité est tout autre et une analyse fouillée de la situation de l’entreprise montre que la société d’électricité n’a pas les moyens de sa politique. Mouhamadou Makhtar Cissé, Directeur général de Senelec, lors de sa passation de service le 26 juin passé, arguait que l’accès à l’électricité devrait être un droit au même titre que l’éducation. Or, c’est un secret de Polichinelle que Senelec, au-delà de ces difficultés con­jonc­­turelles, a des problèmes structurels très pointus qui demandent des mesures fortes. Le Directeur de l’Energie, M. Ibrahima Niane, déclarait vers la fin du mois de novembre dernier, qu’au niveau de la Senelec, en termes de restructuration, des mesures opérationnelles et financières ont été identifiées. Dans la restructuration opérationnelle, il est prévu de faire en sorte que les sources d’énergie les moins chères puissent être au cœur du système de production. D’après lui, pour que les coûts de production puissent baisser et pour qu’on puisse protéger la production d’électricité, il est prévu de faire recours à des sources de production, comme le charbon minéral, le gaz naturel, les énergies renouvelables. Passer donc au Mix énergétique qui semble être un vœu pieux. Car sur ce point précis, la diversification des sources d’énergie tarde à devenir une réalité

Subvention tacite pour les hôpitaux

Dans sa volonté de se décharger sur les clients, Senelec a menacé de couper le jus aux structures hospitalières et est passée à l’action pour certaines. Faisant fi de la subvention tacite entre l’Etat et les hôpitaux. Ce qui a fait réagir Mballo Dia Thiam, Secrétaire général du Sutsas : « si on coupe le courant à l’hôpital Le Dantec, avec ses innombrables services, si on coupe aussi à Fann qui regroupe en son sein plusieurs unités, parce que l’hôpital Albert Royer pour enfants est là-bas, sa clinique de chirurgie cardiaque, vous voyez ce que ça fait comme dégâts. Ce serait vraiment la catastrophe. Les hôpitaux ont toujours considéré que la question de l’électricité était plus ou moins une subvention tacite de l’Etat. Parce que ces hôpitaux ne peuvent pas payer cette électricité ».

Quand Senelec se défausse sur les populations

Senelec tape aussi sur les populations qu’elle accuse de fraude massive et de mauvais payeurs car étant toujours dans une logique de trouver des faux-fuyants pour ne faire face à ses propres problèmes.
C’est dans ce registre qu’il faut mettre la « grave crise de Grand Médine » de l’année dernière et les récentes accusations de mauvais payeurs à l’endroit de Touba Mosquée. Des accusations vite démontées par le représentant du Khalife des mourides à Dakar, Mbakiyou Faye. « Le khalife qui avait assisté l’État à hauteur d’un milliard FCfa, quand il était en difficulté (lors des inondations en 2012), ne va pas se permettre de traîner une telle dette envers la Senelec. Serigne Sidy Makhtar Mbacké a d’ailleurs payé sa dernière facture. Et aucune des structures qui sont sous son autorité ne doit de l’argent à la Senelec. Il ne faut pas confondre Commune de Touba et Touba mosquée qui concerne seulement la Grande mosquée, la Bibliothèque, la résidence Khadim Rassoul, et l’Université Cheikh Ahmadou Bamba. Ces infrastructures sont gérées par Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké lui-même. Et à ce jour, il ne doit aucun centime à la Senelec. Il a même payé sa dernière facture qui est de 9,128 millions FCfa », a martelé M. Faye.

Senelec doit dégraisser le mammouth
A l’heure de l’orthodoxie dans la gestion financière, les autorités de Senelec doivent aussi penser à balayer devant leur porte en s’attaquant aux nombreux privilèges dont jouissent tous les travailleurs de la boîte notamment au niveau de la gratuité de l’électricité. Des cadres grassement payés par la société et qui ne paient pas en retour le courant. Rien que ces gratuités que rien n’explique pouvaient compenser les factures des structures hospitalières. Mouhamadou Makhtar Cissé devrait aujourd’hui penser à dégraisser le mammouth comme le préconisait Claude Allègre ministre français de l’Éducation nationale en 1997
Senelec un mauvais payeur aussi
Il faut aussi relever que dans le contexte actuel des cris d’orfraie de Senelec, il y a un air de voleur qui crie au voleur. Car si la société d’électricité avant qu’elle n’est pas correctement payée par ses usagers, les collectivités territoriales décentralisées lui court derrière pour des dettes estimées à des centaines de millions de Francs Cfa. Si la Senelec est en droit d’exiger aux collectivités le paiement des factures pour l’éclairage public, ces dernières lui demandent aussi de payer des taxes relatives à la redevance sur l’électricité. Et à ce titre, la société d’électricité doit aujourd’hui des dizaines de milliards aux municipalités. Un système de croisement des dettes et ou un arbitrage sérieux de l’Etat s’impose.

Aliou MBAYE DIRECT INFO




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