Couverture maladie universelle en Afrique : la Banque mondiale et le Fonds mondial engagent 24 milliards de dollars

Des chefs d’État africains et des partenaires se mobilisent autour de plans visant à assurer une couverture maladie universelle dans l’optique d’atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030

NAIROBI, Kenya, 26 août 2016 — Des chefs d’État africains et des partenaires ont promis ce jour, à l’occasion de la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD VI), d’accélérer les progrès vers la couverture maladie universelle (CMU) en Afrique. Pour aider les pays à réformer leurs systèmes de santé, la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial) se sont engagés à investir 24 milliards de dollars en Afrique au cours des trois prochaines années.

L’annonce a été faite en prélude à la TICAD, le programme phare du Japon pour le développement de l’Afrique. L’élargissement de la CMU en Afrique est l’un des centres d’intérêt de la conférence de cette année qui se déroulera sur deux jours.

« Les pays africains peuvent devenir plus compétitifs dans l’économie mondiale en réalisant plusieurs investissements stratégiques, à commencer par l’investissement dans le capital humain, leur ressource la plus précieuse », déclare Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. « L’un des volets essentiels de cet engagement est l’accélération des progrès vers la couverture maladie universelle — pour s’assurer que chaque être humain, où qu’il soit, ait la possibilité de mener une vie saine et productive. »

La Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé, en collaboration avec le gouvernement du Japon, l’Agence japonaise de coopération internationale, le Fonds mondial et la Banque africaine de développement ont également procédé au lancement du cadre d’action pour la promotion de la CMU en Afrique, intitulé UHC in Africa : A Framework for Action, qui donne une vue d’ensemble de la CMU dans la région et recense les éléments à réunir nécessairement pour obtenir de meilleurs résultats de santé. Il s’agit notamment des financements, de la prestation de services, du ciblage des couches vulnérables, de la mobilisation des secteurs cruciaux et du rôle prépondérant des dirigeants politiques.

« Lors du sommet du G7 tenu à Ise-Shima en mai, gardant à l’esprit cette TICAD, j’ai pris l’initiative de mener le débat sur le renforcement de l’architecture de la santé mondiale, qui permettra de rendre plus efficaces les ripostes aux urgences de santé publique, et sur la promotion de la CMU, qui contribuera également à la préparation aux crises », rappelle Shinzo Abe, premier ministre du Japon. « Le cadre d’action pour la promotion de la CMU en Afrique présentera des lignes directrices et une base concrète servant de repères pour la réalisation de la CMU, à l’initiative des pays concernés et grâce à la coopération au sein de la communauté internationale. »

Les annonces de financement de la Banque mondiale et du Fonds mondial constituent l’une des diverses mesures à prendre dans les années à venir en vue de promouvoir la CMU en Afrique. À cette fin, le gouvernement japonais prêtera son soutien à l’élaboration du rapport annuel de la Banque mondiale et de l’OMS sur le suivi des progrès accomplis vers la CMU en Afrique. La Banque mondiale et l’OMS ont décidé d’organiser à Tokyo en 2017 la première réunion annuelle de haut niveau sur le suivi des progrès vers la CMU en Afrique.

Au cours des cinq prochaines années, le Groupe de la Banque mondiale devrait contribuer 15 milliards de dollars à travers ses guichets de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de l’Association internationale de développement au titre du financement d’investissements indispensables à la CMU, réalisés notamment par le biais du Mécanisme mondial de financement et du partenariat The Power of Nutrition, dans des domaines tels que le développement de la petite enfance, la préparation aux pandémies, le ciblage des couches pauvres, la préparation et les ripostes aux crises, et la mobilisation du secteur privé. Cet engagement mise sur une reconstitution satisfaisante des ressources d’IDA-18.

L’engagement du Fonds mondial, qui se chiffre à 9 milliards de dollars pour la période 2017-2019, sera réparti comme suit : 6 milliards de dollars d’investissements dans des programmes de traitement et de prévention du VIH-SIDA, de la tuberculose et du paludisme et 3 milliards de dollars d’investissements dans les systèmes de santé, notamment dans le renforcement des systèmes de passation des marchés et les chaînes d’approvisionnement, l’amélioration de la qualité des données et des systèmes de gestion des données, et le renforcement des ressources humaines dédiées à la santé. Cet engagement se fonde sur une enveloppe hypothétique de 13 milliards de dollars à l’issue de la reconstitution des ressources du Fonds mondial, qui sera lancée en septembre 2016.

« Il est indispensable de combattre et prévenir le VIH, la tuberculose et le paludisme pour alléger le fardeau qu’ils font peser sur les systèmes de santé, mais pour accélérer la réalisation de la couverture maladie universelle et des ODD liés à la santé, nous investissons également dans la mise en place de systèmes de santé résilients et viables », indique Mark Dybul, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.

Bien que des données factuelles montrent clairement que l’investissement dans la santé est une démarche payante pour les pays, le financement et la prestation de soins de santé demeurent un défi.

« En 2014, les pays africains ont consacré à la santé environ 126 millions de dollars de ressources intérieures, et selon les estimations de l’OMS, il est possible de mobiliser un surcroît de 65 à 115 milliards de dollars de ces ressources sur les dix prochaines années », révèle Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé. « L’OMS travaille avec les pays en Afrique pour dégager ces fonds et les aider à formuler des politiques qui permettront de les utiliser à bon escient. »

Le Groupe de la Banque mondiale, le gouvernement japonais et des partenaires du secteur privé ont lancé récemment le Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie, un dispositif mondial innovant de financement à décaissement rapide destiné à protéger la planète contre les pandémies mortelles. Il permettra de créer le tout premier marché de l’assurance contre les risques de pandémie. Le Mécanisme favorisera par ailleurs l’accroissement des investissements mondiaux et nationaux dans la préparation d’épidémies futures et dans le renforcement des systèmes de santé nationaux.



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