CRISE AU BURKINA : L’analyste politique Babacar Justin Ndiaye corrige la démarche de Macky

Invité dans l’émission "Remue ménage" de Alassane Samba Diop, le politologue et analyste Babacar Justin Ndiaye est revenu sur la situation de crise qui secoue le Burkina Faso.

A la question de savoir si cette situation était prévisible, Babacar Justin Ndiaye répond en ces termes : "Vous savez, dès que le loup militaire s’introduit dans la bergerie politique, il est devenu extrêmement difficile de l’en exclure. Le problème qu’on a au Burkina est le même qu’on a eu et qu’on continue d’avoir au Togo. C’est à dire la garde prétorienne de la présidence et plus précisément, du président de la République. Ces gardes sont habituellement hors état-major et hors intendance. Ce sont des gardes qui sont autonomes à tout point de vue avec leurs poudrières et leurs minutions et qui sont attachés exclusivement à une personne plutôt que les instances de décision de l’Etat.
Alors quand il y a des cas comme ça, il est difficile de les corriger ou de les changer en un temps record. Au Togo comme au Burkina, la garde, elle est trentenaire ; c’est à dire 25 ou 30 d’existence. Alors ça devient difficile de renverser la vapeur, d’abord sur le plan psychologique, chez les éléments de la garde et sur le plan politique, la garde reste un écueil capable de briser toutes les transformations et les révolutions et c’est qu’on a vu au Burkina. Alors c’était prévisible !"
Avant d’ajouter que "ce qui a été fait après le départ de Blaise Campaoré à la tête du pays était du bricolage. Le RSP a parachevé le travail et cela a amorti le choc de la révolution".

Néanmoins, le politologue reconnait que les acteurs politiques et militaires, mais aussi la population, ont manqué de fitness politique dans ce cas".
Sur les chances de la médiation des médiateurs de la CEDEAO, Babacar Justin Ndiaye se veut clair : "je ne le cache pas, je suis pessimiste. J’ai le sentiment que le président Macky Sall a été piégé par Diendéré. Je suis frappé par le degré zéro du savoir-faire. Nous avons des diplomates chevronnés, on a un conseiller diplomatique à la présidence, on a un ministère des Affaires Etrangères truffé de diplomates valeureux, on a un protocole très ancien et très rodé incarné par son patron Bruno Diatta, ça c’est connu de tous. Alors, un coup d’Etat intervient au Burkina, la légitimité est engloutie par le putsch à l’exception du CNT qui est l’équivalent du parlement de transition présidé par Chérif Sy, alors le CNT est dans la clandestinité, son président est introuvable car il veut pas être arrêté et tué par les militaires.

La transition avait une once de légitimité et de l’autre côté Diendéré qui opère un coup de force, qui lui aussi n’a pas de légitimité. Si j’étais conseiller du président Macky Sall, je lui dirais, Monsieur le président, donnez des instructions à votre Ambassadeur établi à Ouagadougou, exigez un minimum protocolaire, c’est à dire que je devrais être accueilli à l’aéroport par le Préfet de Ouagadougou, par le directeur de protocole et par le Secrétaire général de la présidence du Burkina Faso. Et c’est d’autant plus nécessaire et judicieux que c’est Diendéré lui-même qui a dit que le gouvernement est dissous, les ministres sont congédiés, les secrétaires généraux des ministères sont chargés de l’exécution des affaires courantes. Alors à partir de ce moment, moi, je vais au Burkina avec un Diendéré qui n’est pas légitime, le CNT dans la clandestinité, le gouvernement dissous, en gros un pays en désert de légitimité.

Du point de vue protocolaire quand j’y arrive, je dois travailler avec les hauts fonctionnaires qui s’occupent des affaires courantes et incarnent l’Etat permanent. Mais le piège de Diendéré qui s’est refermé sur la médiation sénégalaise, est que le président Macky Sall débarque à l’aéroport, Diendéré qui n’est pas président de la République car il est simplement Commandant du RSP, il ne commande même pas toute l’armée Burkinabé parce que le RSP c’est 1300 hommes et l’armée burkinabé c’est 13 000 hommes, et le président Macky Sall qui est un chef d’Etat bien informé ne peut pas perdre de vue que les régions bougent. Et que la police, le reste de l’armée et la gendarmerie sont discrètes et ne gênent pas les manifestants. Arrivé dans ces conditions, le président Macky Sall, médiateur, ne devrait donner aucune forme de bénédiction à Diendéré. Mais qu’est ce qui s’est passé ? Il débarque à l’aéroport de Ouagadougou et c’est Diendéré qui l’a accueilli et Macky Sall lui donne l’accolade. Comment on peut donner l’accolade à une putschiste ? Ensemble, ils passent en revue la troupe.
C’est là que Diendéré a obtenu gain de cause ! La caution est là. Et Macky Sall semble perdre de vue qu’en donnant cette caution à Diendéré, ce n’est pas seulement le Sénégal qui la lui donne, mais 15 états africains regroupés dans la CEDEAO. Diendéré, tout ce qu’il a à faire, c’est se frotter les mains, il est content parce qu’il a obtenu ce qu’il voulait. Il a gagné la première manche. C’est la raison pour laquelle je me dis qu’on va vers l’impasse. La médiation, elle est maladroite, quelque part elle est même molle parce que le mot qui sort le plus souvent est l’équilibre entre des pustchistes et des démocrates. Cet équilibre là est maléfique... DAKARACTU




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