Budget au point mort et crise monétaire au Nigeria : Buhari critiqué pour son immobilisme

Le président nigérian Muhammadu Buhari est de nouveau critiqué pour son immobilisme face à une grave crise économique et monétaire qui frappe le pays et menace de faire fuir les investisseurs.

Celui qui a mis presque six mois à nommer un gouvernement, après son élection l’an dernier à la tête de la première puissance économique africaine, n’est pas prêt de se défaire du surnom de « Baba Go Slow » – « le vieux qui prend son temps » – dont l’ont affublé les médias nigérians.

Les cours mondiaux du pétrole ont chuté de 70% depuis 2014, privant le Nigeria, premier producteur de brut du continent, de sa principale source de revenus et faisant dégringoler à la fois la croissance et la monnaie locale, le naira.

Malgré ce contexte morose, M. Buhari a annoncé en décembre un budget record de 6.080 milliards de nairas (environ 27 milliards d’euros) pour 2016, soit une augmentation des dépenses publiques de 20%, financé en partie par des emprunts. Ceci afin d’investir dans de coûteuses infrastructures dont le pays a cruellement besoin, pour stimuler les investissements et la croissance.

Mais de grossières erreurs ont été décelées dans le projet de budget, retardant son adoption par le Parlement.

Les mêmes dépenses de véhicules, ordinateurs et meubles apparaissent à 24 reprises, pour un montant total de 46,5 milliards de nairas, une porte ouverte à la corruption, dénonce Oluseun Onigbinde, co-fondateur de BudgIT, une organisation nigériane qui oeuvre pour plus de transparence dans l’action publique.

Période de crise

« Les Nigérians traversent une période de crise, avec le prix du pétrole qui a plongé en-dessous de 30 dollars, donc le budget devrait être plus en phase avec l’humeur du moment », estime M. Onigbinde.

M. Buhari a renvoyé cette semaine le directeur général chargé du budget et a nommé à sa place un banquier, Tijjani Abdullahi.

Le projet de budget doit maintenant faire l’objet de révisions importantes avant qu’il puisse à nouveau être validé par le président et voté par le Parlement, un processus qui pourrait prendre des mois.

Paralysie

La controverse sur le budget n’est pas pour rassurer les investisseurs, déjà refroidis par la crise monétaire en cours. Le Nigeria, dont une grande partie des réserves en devises provenaient du pétrole, voit le naira s’écrouler au marché noir.

Vendredi, il s’échangeait à plus de 360 pour un dollar — contre 250 il y a quelques semaines.

Au lieu de dévaluer, comme le recommande le Fonds monétaire international, le gouvernement a décidé de maintenir le même taux officiel (entre 197 et 199 nairas pour un dollar) mais d’interdire l’importation de certains produits et de protéger les réserves en devises restantes.

Faut-il « tuer le naira » ?

« Les investisseurs ne sont pas en confiance parce qu’on n’a pas l’impression d’aller de l’avant », estime Nema Ramkhelawan-Bhana, analyste pour Rand Merchant Bank Africa. Et « le pire scénario possible est la paralysie, comme ce qu’on a vu pour la Banque centrale et la politique de change ».

M. Buhari dit ne pas vouloir « tuer le naira » pour protéger les plus pauvres, qui risquent d’être touchés de plein fouet par la hausse des prix, dans un pays où la plupart des produits de base sont importés.

Mais dans les rues de Lagos, la capitale économique, les prix ont déjà augmenté.

« Une assiette de riz, qui coûtait 200 nairas en décembre, en coûte maintenant 350. Les clients se plaignent parce que les portions ne sont pas les mêmes qu’auparavant », explique Mary Idowu, qui vend ses plats préparés aux passants.

Le sac de 50 kg de riz est passé de 9.000 nairas à 13.000, et le sac de haricots de 12 à 15.000 nairas, détaille-t-elle.

Le taux d’inflation annuel est passé à 9,6% en janvier, au-dessus de l’objectif de la Banque centrale.

Pat Utomi, professeur d’économie politique à la Lagos Business School, dénonce la lenteur des autorités « à résoudre des problèmes aussi importants ».

« Le gouvernement doit réaliser qu’il ne peut pas continuer à protéger le naira, parce qu’il n’a pas les réserves pour le faire. Et au final, le naira finira par trouver sa juste valeur, qu’on dévalue ou pas ». JEUNE AFRIQUE



AFRIQUE-MONDE

logo article

"Malta files" : la famille Erdogan, propriétaire d’un pétrolier, selon des médias

29/05/2017 par :

L’enquête lancée par 13 médias européens sur les activités de paradis fiscal de Malte met cette fois (...)

logo article

La malédiction du pétrole : démonstration

29/05/2017 par :

L’odeur du pétrole attire les grandes puissances et enflamme les pays producteurs. La preuve par (...)

logo article

Pour protéger votre cœur, mangez du chocolat noir !

29/05/2017 par :

En France, la fibrillation atriale touche environ 750 000 personnes. Une maladie cardiaque qui, (...)

logo article

Arthrose du genou : un régime alimentaire riche en fibres diminue la douleur

29/05/2017 par :

Si, comme 10 millions de Français, vous souffrez de gonarthrose, misez sur un régime alimentaire (...)

logo article

Greffe de pénis : 3e opération réussie

29/05/2017 par :

Les chirurgiens du Cap, en Afrique-du-Sud, viennent de réaliser avec succès la troisième greffe (...)

logo article

Quand Melania refuse de prendre la main de Donald Trump

23/05/2017 par :

Melania Trump est une épouse discrète, mais dont les réactions non verbales sont parfois plus (...)

logo article

Les services de sécurité pensent avoir identifié l’auteur de l’attaque

23/05/2017 par :

Les services de sécurité pensent avoir identifié l’auteur de l’attentat perpétré lundi soir lors du (...)

logo article

Trump promet de faire "tout son possible" pour un accord de paix au Proche-Orient

23/05/2017 par :

Le président des Etats-Unis Donald Trump s’est engagé mardi à Bethléem en Cisjordanie occupée à (...)

logo article

Des pirates liés à la Corée du Nord très probablement derrière WannaCry

23/05/2017 par :

Le groupe de pirates informatiques Lazarus, soupçonné d’avoir partie liée avec la Corée du Nord, (...)

logo article

Attentat de Manchester : Au moins 22 morts

23/05/2017 par :

Un attentat suicide a fait au moins 22 morts, dont des enfants, et 59 blessés à l’issue d’un (...)

logo article

L’Iran dénonce le "show" de Ryad et rejette les accusations de Trump

23/05/2017 par :

Le président iranien Hassan Rohani a répondu lundi aux attaques des Etats-Unis et de l’Arabie (...)

DEPECHES

19 mai 2017

VIOLENT ACCIDENT SUR L’AUTOROUTE : PAS DE MORT ; QUE DES DÉGÂTS MATÉRIELS IMPORTANTS

3 mai 2017

Sénégal : Khalifa Sall et ses co-détenus restent en prison

12 avril 2017

Un élève de Limamoulaye kidnappé et tué

10 avril 2017

RDC : les manifestations de l’opposition prévues ce lundi interdites par la police

10 avril 2017

Égypte : le président al-Sissi déclare l’état d’urgence pour trois mois après les attentats de l’EI contre des Coptes

DOSSIERS

KIOSQUE

BIENTÔT DISPONIBLE

+ POPULAIRES