BURKINA : Yayi Bony s’était démarqué de Macky pour éviter l’humiliation (RFI)

Le rejet, par les Burkinabè, du premier projet d’accord proposé par la Cédéao est-il un affront pour le président Macky Sall ? Les Burkinabè n’ont pas à s’en excuser, car lorsque le destin de la patrie est en cause, il n’y a pas de déférence qui vaille.

Anthony Lattier : La Cédéao a réinstallé Michel Kafando dans son fauteuil. Les éléments du RSP, la garde prétorienne de Blaise Compaoré, ont regagné leurs casernes et le pays peut, à nouveau, se tourner vers l’avenir. Dans l’immédiat, ce sont les élections, avec, probablement, des candidats du parti du président déchu. C’était une des revendications des putschistes. Peut-on conclure que la Cédéao a réussi sa médiation, sans que, finalement, son président ne perde trop la face ?

Jean-Baptiste Placca : L’objectif des Burkinabè n’était certainement pas de faire perdre la face à qui que ce soit. Ce peuple, pour reconquérir sa liberté, a payé le prix fort : le prix du sang. Il refuse tout autant la loi de la jungle du général Diendéré, que le diktat d’une organisation sous-régionale à la crédibilité chancelante. Pour le reste, les Burkinabè prendront le temps d’oublier ce qui a pu leur paraître, à un moment donné, sinon comme une connivence des médiateurs avec les putschistes, en tout cas comme une tentative de légitimation du putsch et du RSP.

Il y a bien eu un peu d’embarras, y compris chez les chefs d’Etat de la sous-région, lorsque a été affiché comme projet d’accord, un document dont le contenu n’avait manifestement été négocié ni avec le Président Kafando, ni avec les partis politiques, encore moins avec les organisations de la société civile burkinabè. D’où sortait donc un tel projet, qui aurait pu être conçu par le seul général Diendéré ? Débarquer dans un pays qui s’est tant battu pour sa liberté et qui voit sa transition démocratique contrariée par un coup d’Etat. Aller recueillir les revendications des seuls putschistes comme base d’un projet d’accord est un tout petit peu affligeant. La lutte de ce peuple méritait sans doute un peu plus de respect.

La suite a d’ailleurs prouvé à quel point une telle démarche est une grave erreur d’appréciation sur la détermination du peuple burkinabè. Le rejet du projet d’accord a été tellement violent que beaucoup y ont vu un désaveu personnel, forcément humiliant pour le chef de l’Etat sénégalais. On observera que le Béninois Boni Yayi s’était subrepticement éclipsé pour regagner Cotonou, ce que certains ont analysé comme sa façon de prendre ses distances avec l’approche de Macky Sall. Enfin, même les mouvements citoyens, au Sénégal, ont estimé que la démarche de leur président était comme une mauvaise manière faite au peuple burkinabè.

La médiation partait pourtant d’une intention louable. Ne trouvez-vous pas que Macky Sall est plutôt mal payé, en retour ?

Le tout petit effort que l’on demande aux chefs d’Etat africains, lorsqu’ils s’en vont soumettre de telles offres aux populations de pays autres que le leur, c’est de se demander si, en tant que simple citoyen, ils accepteraient cela pour eux, pour leur propre pays et pour leur peuple. Si le Sénégal s’était trouvé face à un dilemme similaire à celui auquel était confronté le Burkina, au lendemain du putsch, le citoyen Macky Sall concevrait-il que des médiateurs guinéens ou mauritaniens, viennent brandir devant le peuple sénégalais un projet d’accord tel que celui que lui, Macky Sall, a présenté aux Burkinabè comme base pour une sortie de crise ?

Les problèmes sont vite et mieux résolus, lorsque les acteurs prennent en compte l’amour-propre et la dignité des peuples au chevet desquels ils accourent. Tous les peuples aspirent à plus de justice, tous sont affectés par l’iniquité. Mais il arrive si souvent que les solutions que proposent certaines organisations internationales frisent le mépris, sans compter la suffisance de nombreux représentants de ce que l’on appelle la communauté internationale.

Les médiateurs qui représentent ces institutions sont aussi des êtres humains capables de se tromper, et même, de se tromper lourdement.

Justement ! A force de parler de ces institutions et de la communauté internationale comme détentrices de solutions à tout, l’on finit par croire que toutes sont constituées de surhommes ou de quelque improbable divinité, au-dessus de tout. Ce sont des hommes et même souvent, des hommes qui sont loin d’être des génies ou des intelligences supérieures. D’où la nécessité, le devoir, pour les leaders de ces peuples, de lire et de raturer autant que nécessaire les projets d’accord qui leur sont tendus et qui sont censés déterminer l’avenir de leur nation.

Et si c’est cela que l’on reproche aux Burkinabè, alors oui, ils ont pu manquer de déférence, vis-à-vis de Macky Sall. Mais ils n’ont pas à le regretter car lorsque l’avenir de votre patrie est en jeu, il n’y a pas de révérence qui vaille. Les courbettes et autres obséquiosités n’ont plus cours, quand on est face, au destin de son peuple, c’est-à-dire à l’essentiel.



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