Attentats de Paris : premiers coups de canif portés à l’unité nationale

Derrière les velléités de rassemblement affichées par les principaux chefs de partis dimanche, les premières critiques contre la politique de François Hollande ont sérieusement mis à mal l’unité nationale. Tour d’horizon des réactions politiques.

Tweets assassins, conseils déguisés, déclarations empreintes de critiques... François Hollande aura bien du mal à recréer l’unité politique nationale de l’après-Charlie. Dix mois après la première vague d’attentats de janvier, le président espère tout de même rassembler les chefs des principaux partis derrière lui en les recevant tour à tour à l’Élysée dimanche 15 novembre. Mais déjà les flèches décochées par l’opposition contre sa politique sécuritaire et étrangère ont fusé de toute part.

Après plus d’une heure d’entretien avec François Hollande dimanche 15 novembre dans la matinée, le patron du parti Les Républicains Nicolas Sarkozy a réitéré ses appels au président pour une nouvelle politique, sans même évoquer l’idée d’un quelconque rassemblement. "J’ai dit au président Hollande que nous devions construire des réponses adaptées, ce qui veut dire une inflexion de notre politique étrangère, des décisions au plan européen et des modifications drastiques de notre politique de sécurité dans le respect des convictions qui sont les nôtres", a-t-il fait savoir à l’issue de sa rencontre avec le chef de l’État. "Sur le plan international, il me semble que nous devons tirer les conséquences de la situation en Syrie, nous avons besoin de tout le monde pour exterminer Daech et notamment des Russes, il ne peut pas y avoir deux coalitions en Syrie."

Une "évolution" de la politique présidentielle

La veille, François Fillon et Alain Juppé ont tous les deux plaidé pour une unité nationale sans oublier toutefois de formuler quelques critiques à l’égard de l’exécutif. "L’unité nationale doit se construire autour d’un consensus entre la majorité et l’opposition, autour de deux questions fondamentales : est-ce qu’on a une politique étrangère adaptée à la situation [...], deuxièmement est-ce qu’on a fait tout ce qu’il fallait pour assurer la sécurité intérieure ? À ces deux questions, ma réponse est non", a critiqué François Fillon sur TF1, demandant une "évolution" de la politique étrangère et une "opération militaire d’envergure" contre l’organisation État islamique (EI).


Quant à Alain Juppé, il a appelé l’exécutif à abandonner sa ligne "ni Daech, ni Bachar [al-Assad]" qu’il partageait jusqu’à présent. "Il y a des hiérarchies, il y a des priorités, il faut écraser Daech", a-t-il souligné sur France 2.

"Irresponsable"

Plus à droite, Marine Le Pen, qui a d’abord exprimé sa compassion et interrompu sa campagne pour les élections régionales comme tous les autres partis, est rapidement passée à l’offensive. "La France et les Français ne sont plus en sécurité, mon devoir est de vous le dire. Et des mesures d’urgence s’imposent". Et de poursuivre : "il est indispensable que la France retrouve la maîtrise de ses frontières nationales définitivement". Louis Alliot, son compagnon et vice-président du FN, s’est montré plus virulent sur Twitter. "Monsieur Valls, vous voyez où est le danger ? Le vrai ! Irresponsable !"

Mais chez d’autres proches du FN, les attaques ont été plus virulentes encore. Entre autres saillies, le député du Gard Gilbert Collard, allié au parti frontiste, a demandé samedi dans un communiqué la "démission" pure et simple du président François Hollande et de son gouvernement, qualifié de "traîtres à notre Nation, à nos vies", et "guignols".

Philippe de Villiers, ancien président de la région vendéenne, a pour sa part dénoncé sur Twitter "le laxisme et la mosqueïsation de la France".

Même au centre, les appels à l’union nationale du président peinent à convaincre. Jean-Christophe Lagarde (UDI) a lui exprimé des réserves, en appelant François Hollande à "faire réellement la guerre" contre les "barbares de Daech", et "pas seulement avec des moyens secondaires".

"Un effet de retour […] très douloureux"

C’est à l’extrême gauche que l’union nationale a trouvé un écho plus favorable. Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, a notamment appelé à "refuser la division" afin de "faire échec aux objectifs des meurtriers".

Le politologue Jérôme Sainte-Marie (PollingVox) n’est pas surpris de cette discorde. Après un "réflexe immédiat de solidarité de l’opinion", le président risque "un effet de retour peut-être très douloureux".

"Autant dans l’épisode de janvier, cela pouvait être très favorable au chef de l’État, autant là, peut-être que la répétition des choses peut provoquer une réflexion politique sur les choix élyséens, des critiques. D’une part sur l’efficacité de la prévention, l’aspect sécuritaire, mais également l’aspect diplomatique, ‘est-ce que les choix français en matière diplomatique sont les bons’ ?", conclut-il.

Avec AFP




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