AFFAIRE AIDA MBODJI : L’Etat de droit s’effondre au Sénégal

Je suis Aissatou Mbodj. Cette dame a du courage et elle est battante et surtout gagnante. C’est l’unique raison pour laquelle Macky et son Etat-parti la persécutent. Qui n’a pas entendu parler de l’acte 3 de la décentralisation dans ce pays ? Alors comment nous parler de la loi de 96-06 portant code des collectivités locales. Alors que faire de la loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant code général des collectivités locales donc abrogeant et remplaçant les lois 96-06 et 96-07 de mars 1996 portant code des collectivités locales et transfert des compétences. D’ailleurs, aucune de ces lois ne concernait le département qui n’est créé comme collectivité locale qu’avec le pompeux Acte 3 de 2013 et n’existe donc qu’avec les dernières locales de 2014.
Et même la loi de 1996 ne prévoit l’exclusion d’un élu sans notification préable des manquements à lui reprochés et analyse de ses réponses... En plus la Présidente Aîda Mbodj a déja demissionné du conseil municipal bien avant notification de sa destitution donc il n’y a plus cumul de ces fonctions au moment où l’acte politicien (indigne du qualificatif "administratif") est signé. Et si l’argument des 30 jours était sérieux pourquoi n’a-t-elle pas été demise depuis 2014 ? Esperait-on la corrompre pour transhumer ? Alors qu’est-ce qui a changé entre temps si ce n’est la brillante victoire du Non au référendum dans son fief, la pétition internationale pour la libération du prisonnier politique Karim Meissa Wade et surtout la perspectives des prochaines législatives.
Les moins inspirés me diront que c’est de bonne guerre car on est en politique. Or même en guerre il y’a des règles à respecter. A plus forte raison dans le jeu politique démocratique. Donc la politique politicienne ne peut pas tout justifier car c’est celà même la différence entre la dictature et la démocratie.
Hélas le Président Macky Sall élu démocratiquement dans un Etat, naguère modèle de démocratie, a manifestement choisi d’exercer le pouvoir en dictateur. Triste pour lui et pour notre patrie dont l’interet général vient loin après celui du parti.
Mais ce qui me surprend le plus c’est le silence coupable de nos intellectuels et de la société civile sénégalaise. Cette affaire est trop sérieuse pour être celle d’une personne, d’un parti ou d’une partie quelconque. C’est une manifestation de plus de la mort programmée de l’Etat de droit après l’emprisonnement arbitraitre et illégal de Karim Wade.
Avec cette gouvernance dite "sobre et vertueuse" alors qu’elle est "arrogante et mensongère" il nous faut le courage de lutter pour le Sénégal.

Djibrirou Daouda Ba.
Professeur d’Enseignement Secondaire au lycée Charles de Gaulle, doctorant en géographie à l’UGB, conseiller municipal et initiateur de la Convention libérale pour l’Ethique et l’Emergence (CLEE).




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