03 ANS DE MACKY : Malgouvernance, népotisme, corruption, incompétence et mensonge

« Le mensonge est la seule et facile ressource de la faiblesse. »

Stendhal

Marc Levy avait raison de constater que « ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer ».
Depuis plusieurs mois, le gouvernement propagandiste du Président Macky Sall, pour masquer une incompétence notoire et une absence criarde de vision, a surfé sur une vague médiatique de faux succès économiques et diplomatiques : bond au classement « Doing business » 2014, reconnaissance de la FAO, satisfécit du FMI comme l’un des meilleurs réformateurs en Afrique, audience et félicitations du Président Obama…tout y est passé.
Depuis plusieurs mois, notre formation politique, PASTEF-LES-PATRIOTES, a tiré sur la sonnette d’alarme pour dire qu’il n’en était rien et que le Sénégal, sous le régime de Macky Sall, était mal embarqué. Le couperet vient de tomber sur notre tête : le Sénégal, selon le classement de ce même FMI, qui pourtant l’a tantôt plébiscité, ouvre la marche des 25 pays les plus pauvres et les moins créateurs de richesse au monde ; avec un PIB en 2015, par habitant, de 934,6 dollars (comparez avec les 37 728,4 dollars par habitant pour la France). Et l’on nous gave de slogans sur l’émergence !
Le gouvernement a de quoi pavoiser plus sérieusement cette fois ci. Rappelons qu’en 2014, beaucoup de tintamarre avait suivi la parodie de bond qualitatif au classement du « Doing business ». Mais à l’examen, la moyenne générale obtenue était un arbre qui cachait une forêt d’échecs : sur des déterminants aussi importants à l’investissement que « l’octroi de permis de construire », « le raccordement à l’électricité « l’obtention de prêt » « le paiement des taxes et impôts » et « le règlement de l’insolvabilité », le Sénégal avait perdu respectivement 2, 3, 6, 2 et 3 points.
La vérité, c’est que ce pays n’avance pas, il recule dangereusement. Macky Sall ne crée ni richesse ni emploi et, encore moins, les conditions de la transformation structurelle de l’économie si chère à « son » PSE.
Chers compatriotes, le moment est grave et interpelle tous les patriotes, où qu’ils se situent dans la chaine sociale ou professionnelle. PASTEF lance un appel solennel ; car au même moment, une certaine élite politique et administrative continue à ignorer et même mépriser la souffrance du peuple, par la perpétuation de pratiques malsaines. Les ressources naturelles, singulièrement minérales, sont mal gérées, les entreprises sont sur les rotules si elles ne ferment tout simplement pas, et le gouvernement complexé de Macky Sall continue d’accorder sa préférence aux entreprises étrangères avec son lot d’évasion fiscale, de trafic de devises, de transfert de mains d’œuvre….

I – LES MAUVAISES PRATIQUES ADMINISTRATIVES
Malgré les effets d’annonces et les procès en fiction de la CREI, malgré la mise en place d’institutions pléthoriques supposées lutter contre la corruption et les délits voisins, malgré la mise en place d’organe de contrôle, d’audit et d’inspection dans tous les départements étatiques, le constat demeure affligeant : les mauvaises pratiques sont plus que jamais présentes dans notre Etat et dans notre administration.
Elles prennent sources dans des dispositions légales permissive, subrepticement introduites par des autorités mues par des intérêts inavoués et votées par une assemblée nationale incompétente et ignorante de son rôle : c’est le cas de la mesure fiscale, votée en 2015 sans encadrement aucun, et permettant aux autorités du ministère des finances de pouvoir d’accorder une remise gracieuse à des entreprises fraudeuses. Cette disposition, dangereuse, à la pratique, est le lit de dangereux abus, notamment l’absolution du gros capital épinglé pour fraude fiscale, sans que leur insolvabilité ne soit établie ; alors que le petit citoyen lui est pressé comme un citron. Elle constitue par ailleurs une violation des dispositions constitutionnelles qui font du parlement l’autorité de validation budgétaire,des dispositions de l’Acte Uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif qui confère à la seule justice le pouvoir de décider du niveau de difficulté de l’entreprise.
Il en est de même de l’usage abusif et détournée de la procédure des arbitrages. Sans oublié les nombreuses pressions que subissent les agents dans leur poste de travail.
Ces mauvaises pratiques prennent également source dans la gestion des marchés publics par le Trésor, principalement au niveau des postes comptables avec, notamment :
- la pratique de rétention durable des mandats afin d’amener les fournisseurs à verser de l’argent pour un traitement diligent ;
- les faveurs de fournisseur amenant le comptable à ignorer les règles et payer le mandat en faveur du fournisseur sans trop s’occuper du respect de la réglementation qu’exige le paiement d’un mandat ;
- Les dessous de table à l’occasion de négociations directes entre Etat et banques pour l’obtention de prêt.

Elles prennent également source, à la douane dans les manipulations du système informatique soit par les habilitations, ou alors par le paramétrage des paiements au comptant
Elles peuvent enfin prendre la forme des dessous de tables à l’occasion de l’attribution des marchés publics aussi bien au niveau de l’Etat central que des Collectivités locales.C’est d’ailleurs de notoriété publique que des marchés ne sont plus lancés quand ils doivent l’être.
En violation du Code des marchés publics, et sous le couvert de l’urgence, ils sont lancés mais fractionnées en fin d’année, aux mois d’octobre, novembre et décembre par la voie de plusieurs demandes de renseignements de prix (DRP). Ces DRP voient le fournisseur ou le prestataire préalablement choisi amener les offres de ses concurrents ou leur demande de présenter des offres concurrentes dont on ne tiendra 4 pas compte car les prix soumis sont convenus et plus élevés contre rémunération parfois avec le fournisseur ou le prestataire déjà choisi
Chers compatriotes, ces pratiques, qui ne sont qu’un échantillon d’une gamme plus vaste, sont nuisibles à l’économie et à la société. Elles nous interpellent tous et ne peuvent être tolérées, pendant que le peuple souffre. C’est pourquoi PASTEF, fidèle à son identité patriotique, tire la sonnette d’alarme et prend l’opinion à témoin.
1– Aux promoteurs et complices de ces forfaitaires, nous demandons l’arrêt immédiat et définitif de ces pratiques. Si elles persistaient, rien, aucune obligation de réserve ou de loyauté, ne saurait nous empêcher de les livrer au grand public, avec des informations précises sur les dossiers, les montants en jeux, les actes posés et les responsable ; avec effet rétroactif ;
2- Aux agents de l’Etat de toute catégorie, grade et fonction, que nous savons pour la grande majorité intègres et travailleurs, nous rappelons que vous avez prêté serment de servir l’Etat, donc le peuple Sénégalais selon des règles constitutionnelles, légales et réglementaires définies. Nous vous exhortons, non seulement à refuser d’obtempérer aux ordres manifestement illégaux, mais aussi à ne pas participer ou couvrir de telles forfaitures qui ne profitent qu’à une poignée de personnes au détriment du brave peuple. Lancez les alertes et la patrie vous en sera reconnaissante ;
3- Aux organisations syndicales professionnelles, soyez les garants de la sécurité et de la stabilité du système vertueux que nous appelons. Qu’aucun agent ne puisse subir l’arbitraire au seul crime d’avoir servi conformément au droit et aux bonnes pratiques.
C’est le lieu d’appeler de tous nos vœux la naissance de syndicats professionnels forts et patriotiques dans tous les segments, seuls à même de constituer des gardes fous. Nous témoignons tout notre soutien à l’administration des douanes à laquelle on refuse ce droit sans aucune base légale.
4- Aux parlementaires, les sénégalais méritent mieux que vos combines politiciennes et votre incapacité à lire, analyser et mesurer les impacts d’un projet de loi. D’autant que vous êtes vous-même en marge de la loi fiscale, en refusant de payer l’impôt sur vos émoluments. C’est vous qui, payer par les impôts des sénégalais, votez le budget que l’impôt de tous les sénégalaisconcourent à réunir mais, comble de l’ironie, vous ne participez à lamobilisation de ce même budget : un budget mobilisé pour le peuple etpour ses représentants mais seulement par le peuple et sans sesreprésentants

II - LA GESTION DES RESSOURCES
Au mois d’avril 2015, nous adressions une lettre ouverte par laquelle nous lui demandions de réclamer nos impôts à Aliou Sall, frère du Président de la République, conséquences fiscales logiques des opérations de cessions de participation de PETROTIM à TIMIS sur l’exploitation du Pétrole.Nous terminions cette interpellation en annonçant que : « Au demeurant, cette affaire n’est qu’anecdotique de toute la magouille qui se fait dans le commerce des titres miniers au détriment du peuple et que « votre réforme » du code général n’a pas osé attaquer (art 464 – 13é), sous la pression des multinationales et de leurs bras administratifs nationaux. »
Il y’eut d’ailleurs, avant, les cas Arcelor MittalAfricaEnergy.
Le Président Macky lui-même reconnaissait deux mois plus tard, impuissant, que notre pays ne gagnait que 3% de l’or qui était exploité chez nous. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le code des mines qui permet tout ce gâchis porte son empreinte car il a été préparé, discuté et validé par ses services pendant qu’il était ministre des mines de Abdoulaye Wade en 2003, avant d’être entériné par la chambre d’enregistrement automatique qu’était et qu’est toujours l’Assemblée nationale.
Au-delà des aspects fiscaux, c’est surtout les conditions d’attribution et de commerce des titres d’exploitation minérale qui choquent. En effet, ces titres sont concédés dans des conditions d’opacité totale à des multinationales nébuleuses, souvent domiciliées dans des paradis fiscaux, qui, régulièrement s’empressent de les monnayer sur les marchés de Toronto, Londres ou que sais-je encore, à des prix colossaux, sans qu’aucune conséquence n’en soit tirée pour le bénéfice du Sénégal, d’autant que l’écrasante majorité n’inscrive même pas leurs titres fonciers miniers au livre foncier des conservations compétentes. Le manque à gagner est terrible pour le Sénégal.
Le Président Macky a attribué, pour le pétrole, des concessions dans des conditions nébuleuses des entreprises non transparentes. Ainsi en est-il du cas de PETROTIM sus évoqué. Il en est de même du cas de Ovidiu Tender, l’homme d’affaire auquel l’Etat a cédé les deux dernierspuits de pétrole Saloum Onshore et Sud Sénégal Offshore dans des conditions nébuleuses, condamné chez lui, en Roumanie, à 12 ans 7 mois de prison pour fraudes, corruption et blanchiment d’argent.
La même mal gouvernance est notée dans le secteur si stratégique de la pêche pour l’économie nationale (4,3% du PIB), la création d’emplois directs indirects plus de (600 000) et la sécurité alimentaire des populations sénégalaises en général et celles des plus démunies, en particulier. Les formes de mauvaises pratiques ont ici pour nom : fraudes au tonnage par des navires industriels opérant au Sénégal et sous pavillon sénégalais, l’absence d’observateurs assermentés sur les navires opérant dans les eaux sous juridiction sénégalaise, les captures sauvages compromettant la biomasse des stocks de poisson et l’attribution irrégulière de licences de pêche à des navires coupable de fraude au tonnage ;

III- LES ENTREPRISES EN DIFFICULTE
C’est un euphémisme de dire que les entreprises nationales, privées comme publiques, traversent des moments très difficiles. La faute, entre autres, à des privatisations chaotiques, sous le regard passifs ou la complicité bienveillante de l’Etat, d’une part, et la préférence accordée aux multinationales étrangères dans l’attribution des marchés publics de l’autre.
Dans beaucoup de domaines d’activités, des fleurons sont ainsi en train d’agoniser. TRANSRAIl, SUNEOR, SODEFITEX, KING FAHD souffrent du banditisme économique du repreneur sous le silence complice de l’Etat.
La SAR, la SDE et les entreprises du secteur de la pêche ne se portent guère mieux sans que des solutions ne soient envisagées par ce même Etat.
L’autre fléau du milieu entrepreneurial est la préférence accordée aux étrangères, avec la prime aux entreprises françaises, au détriment des nationales.
NECOTRANS au port, les entreprises françaises, marocaines, chinoises, turcs dans les travaux publiques, hydrocarbures, l’aéroportuaires…, avec son lot d’exonérations fiscales et de transfert de main d’œuvre.
Il est temps de faire face à ce « dumping » de notre économie nationale qui n’épargne aucun segment, même le secteur bancaire a connu la convoitise des prédateurs avec la récente affaire BNDE. Saluons à ce propos l’excellente initiative du M23, sous la baguette de Mamadou Mbodj, pour une série d’activités et d’actions autour de la notion de patriotisme économique. Mais les premières mesures de sauvegarde sont attendues des acteurs, d’abord de l’Etat, qui doit comprendre qu’aucun modèle viable n’a été construit dans le monde sans un minimum de protection économique et l’éclosion d’une bourgeoisie industrielle nationale pour un développement endogène. Rappelons que Macky Sall a signé les APE et que notre chambre d’enregistrement risque de le voté sans examen, nous plongeant d’avantage dans la vassalité.
D’autre part, les organisations syndicales doivent intervenir en amont au lieu de jouer les médecins après la mort. N’étaient-elles pas là quand ces privatisations se faisaient ? Ont-elles simplement demandé et obtenu d’examiner le cahier des charges ? Ne se sont-elles même pas quelquefois rendues coupables de collusion avec le capital ?
En conclusion, PASTEF lance un appel à tous les sénégalais. Face à l’irresponsabilité des dirigeants politiques, la complicité d’une certaine élite administrative, la cupidité d’affairistes de tout genre et l’insatiabilité du capital étranger, seul un sursaut national peut sauver ce pays.
Ce sursaut doit prendre la forme d’une introspection et d’un engagement :
- Introspection de chaque sénégalais et chaque sénégalaise sur son rapport à la patrie, au travail et à l’éthique, une bonne partie de la population n’est pas exempte de reproches elle qui, par ses rapports pécuniaires et mercantiles avec une classe politique corrompue, favorise et légitime toutes ces mauvaises pratiques qui, en définitive, n’ont pour objet que la constitution de trésor de guerre politique et, accessoirement, l’enrichissement personnel ;

- Engagement de chaque sénégalais et chaque sénégalaise, aux côtés de ceux qui, au péril de leur aisance personnelle, de leur réussite professionnelle et de bien d’autres dangers, mènent ce combat avec, comme seule motivation, l’amour de la patrie. L’indifférence citoyenne tue ce pays !

Fait à Dakar, ce 29 octobre 2015




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