L’Afrique, un géant de demain ?


Chers e.lecteurs,
En acceptant la proposition de l’équipe de « Mediafrik » de produire une chronique hebdomadaire, je suis conscient de la subjectivité de mon regard sur des sujets qui interpellent notre région, l’Afrique subsaharienne voire notre continent, l’Afrique tout court. Qu’il vous plaise alors de me lire avec vos propres lentilles, avec certainement des feedbacks pour l’intérêt de tous.

Cette première chronique s’interroge sur les perspectives d’avenir du continent dans un contexte mondial marqué par le rythme précipité et la profondeur des mutations de tous ordres mais aussi le choc des civilisations et des idéologies.
Après avoir longtemps qualifié l’Afrique de continent sans espoir, la communauté internationale semble retourner sa veste et nous positionne comme la locomotive de l’économie mondiale, le grenier du monde contrairement au diagnostic pessimiste de Jacques ATTALI, dans « Une brève histoire de l’avenir » (Fayard, 2006).

La plupart des données socioéconomiques actuelles présente l’Afrique comme l’un des pôles importants de la mondialisation de notre siècle. En effet, le rapport 2014 de « Perspectives économiques pour l’Afrique » présente un continent résilient face aux turbulences régionales et internationales avec un taux de croissance en moyenne de 4% contre 3% au niveau mondial, l’Afrique subsaharienne se retrouvant avec 5,8 %.
D’autres rapports ou documents informent que même si elle ne représente encore que 2 % du commerce mondial, l’Afrique a connu la plus forte croissance dans les échanges internationaux entre 2000 et 2011, avec une croissance des importations au Sud du Sahara de 16 % par an en moyenne ; elle est le continent qui épargne le plus après l’Asie ; les réserves de change y sont estimées à 500 milliards de dollars américains.

Malgré le tarissement des ressources naturelles au niveau mondial, l’Afrique regorge d’énormes ressources hydriques, énergétiques, minières et agricoles. Notre sous-sol contient 89% du platine, 40% des diamants, 81% du chrome, 60 % du cobalt, plus du 1/5 de l’or et de l’uranium, plus d’une trentaine de pays africains sont producteurs d’hydrocarbures (gaz, pétrole), 60 % des terres arables non cultivées du monde ; nos forêts regorgent de ressources et de richesses touristiques non encore exploitées. Sur le plan démographique, la population africaine doublera d’ici 2050 pour atteindre presque les 2 milliards d’individus. Ce qui en fera l’un des plus grands marchés du monde.

Par ailleurs, l’indice du développement humain s’est amélioré de 15,6 % entre 2000 et 2010 pour la seule Afrique au Sud du Sahara et sa part dans les conflits violents dans le monde est passée de 55 % à 24 % entre 2002 et 2011. Par ailleurs, dans le secteur des télécommunications, plus de 80 % de la population sont connectés à un réseau de téléphonie mobile.

Cette situation assez reluisante a, dans un premier, motivé les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) à nouer et renforcer un partenariat avec l’Afrique avant l’Europe et aujourd’hui les Etats Unis d’Amérique qui semblent prendre acte de la montée en puissance du continent par le soutien aux investissements et au commerce dans une logique de conquête de notre marché par l’accompagnement de leur secteur privé. Dans le cadre du Fonds Européen de Développement (FED), il est prévu des investissements en Afrique de l’ordre de 20 milliards d’Euros pour la période 2014- 2020.

Du coup, l’Afrique n’est plus cette terre maudite, sauvage, victime de la post- colonie mais devient un espace d’investissements-surtout privés- que les puissances économiques du monde (puissances classiques et pays émergents avec en tête la Chine et l’Inde) devront désormais se disputer. Ainsi, les PPP (Partenariats Publics Privés) semblent prendre le dessus sur l’aide au développement, avec un risque de conflits d’intérêts entre ces différentes puissances.

Cependant, cet afro optimisme ne doit point nous faire oublier que l’Afrique demeure toujours ce continent victime de stéréotypes et de crispations socio- politiques et culturels qui constituent de véritables goulots d’étranglement pour son développement durable. Elle est encore le continent des maladies, d’un taux assez élevés d’analphabètes, de l’exclusion sociale, de l’inégalité des revenus, de la vulnérabilité face aux risques et des chocs économiques, sociaux et environnementaux, de la mal gouvernance, de la violation des droits humains, entre autres.

Oui l’Afrique est le continent que des jeunes désespérés fuient en masse au péril de leur vie ; le continent où les femmes et les enfants sont victimes de violences et de mauvais traitements ; le continent qui manque d’infrastructures routières, ferroviaires, maritimes, énergétiques minant les efforts de son développement économique et social durable ; le continent grippé par des guerres et catastrophes, le continent nouveau foyer du terrorisme, le continent de l’assistance internationale et de l’aide humanitaire. C’est aussi le continent d’expérimentation de nouvelles théories.
Dès lors, il urge pour l’Afrique de comprendre qu’elle est devenue un enjeu mondial et doit être apte à se faire une place de choix dans un monde qui la lui avait jusqu’ici refuser. Une Afrique qui doit inventer sa propre personnalité et ne plus subir celle des autres nations ou puissances. Pour ce faire, il nous faut comprendre que la croissance économique ne peut combattre la pauvreté que si elle est inclusive ; comprendre que le secteur agricole est source de croissance économique particulièrement importante pour les pauvres et que son développement est 2 à 4 fois plus efficace que celui des autres secteurs pour relever les revenus des populations les plus démunies. Il nous faut comprendre aussi, comme l’a souligné Jacques ATTALI, que « l’avenir ne s’écrit pas dans les richesses du sous-sol, mais dans les têtes ». Il faudra alors une gestion transparente et équitable de nos ressources, plus de démocratie, une « décomplexification » dans nos relations avec les autres- surtout l’Europe et les Etats Unis,- des dirigeants plus prospectifs, plus courageux voire plus belliqueux et plus ambitieux.
Bassirou KEBE Expert Consultant




AFRIQUE-MONDE

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